Gustave Planche. Peintres et sculpteurs. Tome I, p
LA PEINTURE MONUMENTALE
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venait de lui être attribuée, c'est en Belgique et en Hollande qu’il allait retremper son imagination et c’est Rubens d’abord qu’il interrogeait.
Les artistes français qui vécurent à Rome y rencontrèrent le groupe allemand des Nazaréens l. Ils visitèrent la Casa Bartholdy décorée selon les principes de ces réformateurs ; ils eurent avec le chef de l’Ecole, Overbeck, des relations courtoises ou cordiales. Les idées nazaréennes, si elles emportèrent rarement leur adhésion, les obligèrent du moins à réfléchir. Overbeck proclamait la suprématie de l’art chrétien, le but moral et religieux de la peinture, la prééminence de l’art monumental, la supériorité de la pensée sur la forme ; la nécessité enfin de prendre des leçons de sincérité et de technique auprès des prédécesseurs de Raphaël. Orsel fut séduit par ces idées ; il conservait précieusement le souvenir d’une visite qu’Overbeck lui avait faite, en 1827, visite au cours de laquelle le maître allemand avait exalté l’émotion chrétienne 2. Flandrin, reçu chez Overbeck, en i833, était charmé de l’esprit religieux qui régnait dans son œuvre, mais faisait des réserves graves sur l’exécution 3. L’ascendant des Nazaréens s’exercait hors de l’Italie même. Stendhal, le premier, avait proclamé leur originalité4. De nombreux articles de revues, sous la monarchie de Juillet, popularisèrent, en France, leurs doctrines.
Les paysagistes néo-classiques, dont nous venons, au chapitre précédent, d’étudier les efforts, par leur souci des lignes rythmiques et des nobles équilibres, étaient amenés à démêler dans les aspects naturels, des ensembles décoratifs. Par leurs doctrines et par leurs exemples les maîtres