Delaborde. Ingres, p. 3* a, n
LA. PEINTURE MONUMENTALE
faveur de l’art monumental, tirade où se reflète la pensée dominante de tout un groupe1.
Orsel, dans une dissertation retrouvée parmi ses papiers2, abonde dans le même sens. « A l’exposition », écrit-il, « on cherche le bien relatif ; sur le mur, le bien absolu. » Il demande à l’administration de n’encourager que l’art monumental et énumère les innombrables surfaces à couvrir : casernes, écoles, séminaires, etc...
Delacroix, de son côté, reconnaît, dans la peinture monumentale, le véritable emploi de son génie et voici quelques lignes caractéristiques relevées dans une lettre écrite à un confident. « Je suis sur la piste de deux ou trois intrigues... dans le but d’avoir à peindre quelques pieds de muraille qui ne me rapporteraient sans doute pas plus de profits que ce que j’ai déjà fait, mais qui satisferaient le besoin de faire grand qui devient excessif quand une fois on en a goûté3. »
Decamps, lorsqu’il expose les Cimbres et Y Histoire de Samson , espère obtenir de l’Etat la commande de compositions décoratives. Trompé dans cette attente, il ne s’en consolera pas4.
Les élèves de l’Ecole de Rome choisissent souvent, pour leurs copies, des fragments monumentaux5.
Les témoignages d’une prédilection semblable abondent chez les critiques. Gustave Planche est intarissable sur ce thème. « La peinture murale donne à celui qui la pratique une
1. Amaury Duval. L' atelier d'Ingres, p. 196. — - Delacroix exprime une idée analogue dans son article sur Raphaël (i83o). (Piron. E. Delacroix, sa vie et ses œuvres, p. i44-)
2. Faut-il supprimer les Expositions . ( Œuvres diverses. Tome II, p. 62.)
3. Lettre à Ch. Rivet, i5 février i838. Lettres, 2e édition, p. 222.