‹ Du romantisme au réalismeChapitre 189 sur 268 · Gazette des Beaux-Arts. 1898, tome I, p · texte numérisé non relu

Gazette des Beaux-Arts. 1898, tome I, p

LA. PEINTURE MONUMENTALE

la décoration de la Cour des Comptes, y découvrirait partout l’expression simple et épique de sentiments et de gestes humains.

VII. — Maître de sa pensée, comment l’artiste la fixera-t-il sur la muraille? L’opinion presque unanime réprouve l'usage de la peinture à l’huile telle qu’on la pratique dans les ateliers. « Les transparences et les reflets miroitants qui affectent désagréablement l’œil » et obligent à choisir son jour, ces inconvénients que n’ont pas évités les davidiens, paraissent insupportables. Il n’est pas de procédé qui soit plus exempt de ces reproches que la fresque et tout le monde s’accorde à en célébrer la supériorité. A entendre Théophile Gautier, Gustave Planche, tous les écrivains qui se piquent d’érudition et d’amour de l’Italie, elle est le procédé par excellence. « C’est tout dire, elle est monumentale, » s’écrie Ingres1, et Delacroix2, par deux fois, à Valmont, essaye de se l’assimiler. Abel de Pujol, d’ailleurs, en a dès 1822, tenté l’application dans la chapelle Saint-Roch, à Saint-Sulpice.

Mais la fresque exige de l’artiste un apprentissage laborieux; elle demande le concours de praticiens experts, surtout eiie exige une sûreté et une rapidité extrêmes. Delacroix y renonce pour cette période ; Ingres, qui se réjouissait de l’appliquer à Dampierre, abandonne, au dernier moment, une méthode qui le contraindrait à des idées arrêtées et à des décisions irrévocables.

Victor Mottez, au contraire, conduit toute la décoration du porche de Saint-Germain-l’Auxerrois selon les traditions italiennes. Toute la presse applaudit à sa persévérance et à son succès. Parmi les éloges qu’on lui décerne, on ne cesse d’affirmer la durée, la solidité exceptionnelles de la fresque,

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