Delaborde. Ingres, p. i
2. Lettres, 20 édition, p. 2o3 et 2o5. Lettres à Villot, i834-
Prévisions bientôt démenties ; dès 1 855, Mottez était obligé de procéder à une restauration totale de son œuvre ; aujourd’hui les peintures du porche sont absolument disparues1. Le temps a donc condamné l’emploi de la fresque sous notre climat pour les surfaces qui doivent demeurer à l’air libre2. Au contraire, les peintures tracées par Mottez lui-même dans le pourtour du chœur de la même église, les fresques d’Abel de Pujol, montrent la résistance relative du procédé à l’intérieur d’un monument.
Sous la Restauration, le préfet de la Seine, M. de Chabrol de Volvic, avait voulu doter l’art monumental d’un procédé inaltérable en préconisant la peinture sur lave émaillée. Il favorisait ainsi, à la fois, la cause des arts et l’industrie de son pays d’origine. Après des essais exécutés par Luton en 1827 etpar Legros d’Anizy, Abel de Pujol, aidéparMortelecque, peignit, sur pierre de volvic, des figures allégoriques à Sainte-Elisabeth 3 4. Cet exemple fut peu suivi et, malgré l’avis d’Hittorlf et Lepère1 qui indiquaient le parti à tirer pour la décoration extérieure d’un procédé capable de résister aux intempéries, la peinture sur lave émaillée ne joua qu’un rôle secondaire et épisodique.
Ingres, en 1812, avait peint à la détrempe Romulus vam 4 queur cl'Acron ; il la proclamait alors « l’égal ou tout au
1. Des circonstances étrangères malheureuses concoururent à la dégradation des fresques de Mottez. Cf. Bulletin de la Société de l’Art français , 1913, Ier fascicule p. 20.
2. M. Baudoüin a, de nos jours, restauré l’art de la fresque ; il en a perfectionné la technique et croit être en possession d’un procédé capable de braver les intempéries. Il faut espérer que les décorations qu’il a exécutées au Petit-Palais conlirmeront ses espérances par leur durée.
3. Journal des Artistes, 26 janvier i834- — Rouget. Notice sur Abel de Pujol. Valenciennes 1861, p. 19. — J. A. Grégoire. Relevé général des objets d’art commandés, depuis 1816 jusqu en i83o par V administration de la ville de Paris, 1 83 3 , p. 16, n° 1.
4. La façade de Saint-Vincent-de-Paul était primitivement couverte de peintures sur lave. Jollivet y avait exécuté une Trinité et des scènes de la Passion. En 1861, ces peintures furent déposées.