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HIPPOLYTE FLANDRIN. ENTREE DU CHRIST A JERUSALEM

LA PEINTURE MONUMENTALE

moins ie digne remplaçant de la fresque1 2 » et se promettait d'exécuter ainsi, à l’avenir, tous ses grands travaux. Il ne tint pas sa promesse et je ne crois pas qu’aucun artiste ait, pendant la période que j’examine, repris ce procédé.

La grande conquête technique de ce temps a été la peinture à la cire. Elle a été l’instrument de prédilection d’Hippolyte Flandrin, elle a servi à Eugène Delacroix pour la coupole du Luxembourg. Elle paraissait répondre aux préoccupations essentielles du moment : « ça a mille difficultés et longueurs », écrivait Flandrin3 « mais ça ne brille pas, c’est là sa plus éminente qualité », et Thoré lui reconnaissait l’avantage « d’éviter à la fois les reflets vifs et les ombres opaques 3 ». Le temps écoulé nous permet d’ajouter à ces mérites, celui de conserver aux tons toute leur fraîcheur.

Enfin, malgré les défauts qui lui étaient, à bon droit, imputés, c’est, tout de même, l’huile qui a été le plus souvent employée. Elle n’a pas été seulement utilisée par ceux qui abordaient, en aveugles, la peinture monumentale ; elle a été maniée par les artistes les plus scrupuleux. C’était leur langage familier et elle est d’une incomparable souplesse. Ils ont su éviter des écueils dont ils étaient avertis. Gautier félicitait Delacroix d’avoir « donné à sa couleur, si vivace et si chaude, ce ton mat et clair de la fresque qui s’harmonise si bien avec l’opacité de la pierre et la terne blancheur du marbre neuf » et il rappelait que Louis Boulanger, dans son Triomphe de Pétrarque, avait montré une intelligence semblable. L’huile aurait servi Ingres à Dampierre et elle ne trahit pas les intentions de ses disciples. Il faut souvent

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