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Gleyre avait procédé de même, à Dampierre

LA PEINTURE MONUMENTALE

dans leur exécution pâlie une réelle spiritualité. Rentrés en France, ils prirent leur poste de combat contre les Romantiques et, en haine des virtuoses de la couleur, ils baissèrent leur palette de plusieurs tons. Les paysagistes néoclassiques qui apportaient dans leurs œuvres monumentales, leurs partis pris coutumiers, se trouvèrent d’accord avec eux. Ils furent encouragés, d'ailleurs, par l’opinion publique presque tout entière.

Ainsi put être formulée une doctrine qui réclamait de la peinture monumentale, avant toute autre qualité, «le calme et la sérénité1 ». Pour Théophile Gautier : « Les lignes sévères de l’architecture, les tons sobres des murailles vous enseignent l’équilibre de la composition et la tranquillité de la couleur ... La peinture murale, pour ne pas déranger l’harmonie du monument qu’elle décore, doit tenir le milieu entre un bas-relief colorié et une tapisserie passée de ton; sévérité de style, placidité d’effet, coloris blond et clair, voilà les qualités qu’elle réclame impérieusement2. » Paul Mantz, de son côté, proclame que « subordonnée aux exigences de l’architecture dont elle devient alors la sœur et la rivale, la peinture doit, comme elle, s’en tenir aux grandes lignes, à l’harmonieux développement des courbes et, dans sa composition comme dans sa couleur, il lui est avant tout besoin d’être sévère0 ».

En vertu de cette doctrine, l’on évite les scènes violentes ou, du moins, si on les aborde, c’est en les ramenant à des lignes calmes et en donnant aux gestes un caractère arrêté : ainsi Hippolyte Flandrin quand il représente le supplice de saint Jean l’Evangéliste. La composition se masse, le nombre de personnages se réduit et, si une foule est nécessaire, elle se compose en groupes subordonnés à des lignes maîtresses.

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