Hoffman, Jean-Louis Ilamon
3o DU ROMANTISME AU REALISME
la fin des séances, il recueillait les croûtes de pain laissées par les dessinateurs pour faire le soir « une bonne petite soupe 1 2 ».
Heureux ceux qui pouvaient s'asseoir à côté de Gérôme, de Gustave Boulanger et de Picou à la table du Père Laffitte o ù le plat coûtait a5 centimes et le légume 3 sous*.
Ces épreuves pouvaient se prolonger; des peintres végétaient plusieurs années sans que leur obstination fût vaincue3 * 5. L’adversité développait des vertus rares : Gleyre refusait d’accepter la moindre rétribution de ses élèves* ; Dupré louait un atelier pour Théodore Rousseau 3 ; Trimolet, Steinheil, Meissonier, Daubigny et Geoffroy Dechauines formaient une association singulière : chacun d’entre eux devait, à son tour, travailler pendant un an librement pour son art aux frais de ses associés qui accepteraient, pour vivre, des besognes 6.
A ce moment, sous l'influence de Fourier et de ses disciples, une idée plus large de la solidarité se répandit parmi les artistes. Dès i83o, la Pétition nationale de Jeanron demandait « qu’une retenue île ?. p. ioo, faite sur la totalité des sommes dépensées annuellement pour l'encouragement des Beaux-Arts, servit à fonder des secours pour les artistes âgés, reconnus incapables de pourvoir à leurs besoins ainsi que pour leurs veuves, » et que le produit de la vente des livrets des Salons appartint aux artistes.
1. Moreau-Vauthier, Gérôme. p. 29: — voir encore Claretie. Peintres et sculpteurs. Ha mon.