‹ Du romantisme au réalismeChapitre 206 sur 268 · G R AN ET. UNE SALLE D ASILE · texte numérisé non relu

G R AN ET. UNE SALLE D ASILE

VERS LE REALISME

description des paysages et des milieux, une admirable précision. Par ailleurs, l’ampleur épique de son œuvre, la prétention évidente de lui donner autant d’importance qu’à n’importe quelle tragédie ou épopée, sont, contre la hiérarchie des genres, une protestation capable d’encourager les artistes révolutionnaires.

Chez George Sand aussi il y a plus de réalité effective dans les descriptions que dans l’analyse des situations et des caractères. Chez elle, comme chez Barbier, apparaît intense la préoccupation des problèmes sociaux et cette passion d’agir qui s’ajoute fréquemment au réalisme.

Dans un ordre inférieur, mais non pas avec un moindre retentissement, Eugène Sue, parmi ses divagations et ses imaginations mélodramatiques, veut donner l’illusion de l’observation scrupuleuse et il doit une partie de sa popularité aux dissertations sociales qu’il mêle à ses récits.

Cependant Stendhal analysait avec une perspicacité implacable les ressorts intimes de l’âme humaine et portait la même exactitude pénétrante à la description des milieux et des circonstances h

Cet esprit d’exactitude, Mérimée le portait dans l’étude des mœurs de la Corse ou de l’Espagne 2. Chez Henri Monnier, il se faisait minutieux et caricatural. Avec Champfleury se marquait une étape nouvelle, et le souci de la documentation, la prétention à la vérité arrivaient à dominer le soin proprement dit de l’art. A ce moment, en i845, un jeune homme, Gustave Flaubert, dans un roman qu’il ne devait jamais publier, la première Éducation sentimentale, proposait, avec une lucidité extraordinaire, comme idéal à l’écrivain l’objectivité parfaite et le respect absolu de la vérité J.

x. Le Rouge et le Noir est de i83x, la Chartreuse de Parme de 1 83g .

Page 1