Cours de philosophie positive, t. VI, p
nature, les merveilles de la sociabilité que le vrai génie esthétique trouvera surtout désormais sous l’active impulsion de l’esprit positif, une source féconde d’inspirations neuves et puissantes, susceptibles d’une popularité qui n’eut jamais d’équivalent1. » Enfin, dans la Phalange , journal louriériste, D. Laverdant, en 1 843, définissait la mission de l’art destiné à « chanter et glorifier la vie humaine, et offrir à notre imitation les images du beau et du bien2 ».
Cependant, Michelet, épanchant, dans le Peuple, son amour ardent pour les enfants et pour les faibles, soulignait les rapports de l’art et de la production industrielle et réclamait, comme un bienfait, la diffusion générale de la beauté et de l’art3.
Les tendances sociales et surtout les tendances utilitaires prêtaient aisément matière à raillerie. Laurent Jan se moquait avec esprit de ceux qui voudraient « améliorer les masses par la peinture et corriger les moeurs avec des basreliefs. On deviendrait zélé chasseur en s'inspirant d’une revue de la garde nationale ; de faibles femmes raffermiraient leur vertu chancelante en contemplant une Lucrèce de marbre’ ». Pourtant, et les protestations comme les railleries en sont un indirect témoignage, ces idées trouvaient peu à peu du crédit. Après 1840, elles commencèrent vraiment à se répandre; elles gagnent en force à mesure qu’on s’approche de 1848. Vers 1 844 •. le père de Jalabert, négociant à Nîmes, écrivait à son fils à Rome, pour le détourner
1. Ibid., p. 88a. Comte déclare que c l’art moderne, loin d'avoir déjà vieilli n'est pas au fond suffisamment formé puisqu il n’a pas su se dégager assez du type antique », p. 878. Il affirme a l'inaltérable conservation spontanée des facultés esthétiques de l'humanité »... La régénération systématique de toutes les conceptions hnmaines fournira certainement de nouveaux moyens philosophiques à l’essor esthétique, ainsi déjà assuré d'un but éminent et d’une stimulation continue » p. 878 et 879.