‹ Du romantisme au réalismeChapitre 22 sur 268 · Jules Breton, Nos peintres du siècle, p · texte numérisé non relu

Jules Breton, Nos peintres du siècle, p

6. Henriet, Daubigny , p. 16 sqq. — Gréard, Meissonier, p. 29.

LES CONDITIONS SOCIALES

En i83i, un certain Fradelle exposait, à la Société libre des Beaux-Arts, un projet d’association de secours mutuels entre artistes. Ce projet remarquable en plusieurs points, ne put avoir de suites parce que son auteur, inexpérimenté dans les questions d’assurances, proposait des cotisations annuelles énormes.

Dans les années qui suivirent, on parut moins préoccupé de venir en aide aux artistes malheureux que de resserrer les liens entre les artistes en pleine activité. En 1 834, on discutait la formation d’un club; on espérait même que le roi fournirait un local et l’on escomptait la jouissance du Palais-Royal. Louis-Philippe ne répondit pas à cet espoir1. L’idée fut abandonnée, puis reprise en 1 83 5 , à la nouvelle de la fondation à Nantes d’un cercle d’artistes2. Nous savons que ce fut souvent un sujet de conversation pour Ary Scheffer, Decamps, Delacroix, Barye, Chenavard et Rousseau réunis autour de la table frugale de Dupré3 4. Ainsi préparé, le cercle des Arts se constitua en i836 \ Son existence fut brillante mais éphémère.

Enfin, le 7 décembre 1 844 7 se fondait sous l’initiative du baron Taylor, selon un plan modeste et durable, l’association des artistes peintres, sculpteurs, architectes, graveurs et dessinateurs. Elle eut un succès vif et immédiat 5.

Tous les artistes, sous la monarchie de Juillet, furent-ils, comme ceux dont j’ai évoqué la physionomie, les militants laborieux, héroïques, et généreux d’un idéal? Non assurément. Il y eut des égoïstes, des intrigants, des gens mesquins et jaloux. Leurs vilenies nous sont dénoncées , nous

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