‹ Du romantisme au réalismeChapitre 221 sur 268 · Moreau Vauthier. Gérôme, p · texte numérisé non relu

Moreau Vauthier. Gérôme, p

VERS LE REALISME

tifique,une incroyable sûreté de main au service d’une acuité visuelle hypertrophiée, tels sont les éléments de l’art de Meissonier, et cet art, selon la remarque de M. André Michel1, fut complet dès son premier tableau. Presque dès le début également, il connut les plus éclatants succès. Les éloges prennent rapidement un ton hyperbolique et montent à un diapason tel qu’il ne sera plus possible, par la suite, de le dépasser. « Nous aurions dû déjà », écrivait Louis Peisse en 1844, « nous arrêter devant la Partie cl’ Échecs et dire sans hésiter que ce tableau microscopique est le morceau capital du Salon. En effet c’est une œuvre complète et achevée en son genre, elle atteint ce degré de perfection relative qui, sans être le dernier, en tient lieu. Rien de plus rare, dans notre temps, qu’un ouvrage d’art bien fait, dans le sens rigoureux du mot... Le tableau de M. Meissonier est, comme son liseur de l'an passé, un petit phénomène exceptionnel sous ce rapport... Il n’y manque, peut-être, pour être un Steen ou un Ostade qu’une légère couche de poussière apportée par le temps 2. » Cette tirade n’a rien d’insolite ; elle est un exemple pris parmi d’autres : ailleurs les noms de Gérard Dov et Terburg remplacent ceux de Steen et i d’Ostade.

Tous les grands Hollandais sont évoqués tour à tour. Par 1 contre, ces « chefs-d’œuvre, dignement, appréciés par le j public 3 », rencontrent aussi des détracteurs, et les sarcasmes i ne leur sont pas épargnés qui seront répétés désormais à chaque occasion. Pour Baudelaire, Meissonier « est un Flamand, moins la fantaisie, le charme, la couleur et la naïveté — et la pipe4 ». D’autres l’accusent d’enluminer les daguer-

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