Au musée de Lyon
de ce temps-ci », dit Musset, « claire, hardie et originale. II me semble voir une page d’un poème épique écrit par Béranger1 ». « La vérité », selon Y Artiste, « nous est étalée dans toute sa crudité, avec toutes ses horreurs ». Il faut que Charlet soitbien sympathique pour que cette vérité ne choque pas. Mais, ainsi que ses prédécesseurs, ce nouveau champion se dérobe à son tour2 3 4 5.
A ce même Salon, un élève de Charlet, Canon, expose un Mendiant qui, d’après la lithographie insérée dans Y Artiste*, ne manquait ni d'intérêt ni de puissance, et qui passa, d’ailleurs, presque inaperçu. La grande manifestation de cette année, c’était La Charité du peuple ou les forgerons de la Corrèze de Jeanron. Esprit tourmenté par des idées démocratiques et humanitaires, Jeanron avait déjà mis au service de ses passions un talent vigoureux, moins personnel dans l’exécution que dans la pensée et qui demandait au Romantisme des formules techniques. Il avait exposé une épisode de Juillet i83ov, une Scène de Paris d’intention révolutionnaire en 1 833 K, des Paysans limousins en 1 834 6-
Lcs forgerons de la Corrèze constituaient une tentative plus sobre dans l'expression des idées, plus importante comme morceau de peinture. « On se rappelle », écrivait
i . Salon de 1 83 G .
а. Le Passage du Rhin que Charlet a exposé eu 1841 , Le Ravin, exposé en 1843 et que conserve le musée de Valenciennes, ont une portée beaucoup plus restreinte. Voir, encore, Merlin de Thionville (1 843) dans la collection Moreau-Nélaton.