L'Artiste, 12 mai i844> IVe série, t. I, p
VERS LE REALISME
devaient, par la suite, traduire pleinement ses pensées et, dès ce moment, sous la recherche de la grâce, son métier avait une puissance involontaire, des empâtements par lesquels, aux yeux de Thoré l, il rappelait Decamps, tandis que Paul Mantz l’accusait, au lieu de peindre, de bâtir2 3.
Point de rupture réelle, pour la technique, entre cette époque d’élaboration et la période de maturité et, de même, parmi ces thèmes frivoles, auxquels il se complaisait, Daphnis et Chloé, Les Dénicheurs de nids, La jeune fille portant un agneau , ne répondaient- ils pas à un sens idyllique qui ne devait pas s’émousser et à un instinct du thème général propice au geste simple, qui allait s’épanouir?
A coup sûr, il ne maîtrisait pas encore les forces qui bouillonnaient mystérieusement en lui et son effort le plus considérable, à cette période, l'Œdipe de 1847, °ù ^es critiques discernaient amalgamées des réminiscences multiples et contraires8, n’était, comme il l’a reconnu lui-même, qu’un prétexte « pour s’exercer dans le nu et le modelé lumineux, un morceau comme en faisaient les compagnons du Devoir pour aborder la maîtrise 4 », l’œuvre d’un artiste prêt pour servir un idéal qu’il n’a pas encore conçu 5 * *.
Gomment Millet s’est-il dégagé? Il était malade en février 1848 ; on rappelle son éloignement pour les socialistes et sa conduite en juin où il fît le coup de feu dans la garde nationale contre les insurgés. Un incident fortuit l’aurait définitivement orienté et, pour avoir entendu un inconnu le