‹ Du romantisme au réalismeChapitre 236 sur 268 · Sensier, op . cit., p · texte numérisé non relu

Sensier, op . cit., p

5. Voir les portraits de Tavarin à l’Hôtel de Ville de Cherbourg, d’un

officier de marine au Musée de Rouen, de Wanner au Musée de Berne, de

Jxcourtois au Musée du Louvre, Moïse tenant les tables de la loi au Musée

des médailles de Cherbourg, L'offrande à Pan au Musée de Montpellier, des Baigneuses au Musée du Louvre.

désigner comme un peintre de femmes nues, il aurait brusquement changé de sujets et de manière.

Qui ne sent combien ces explications sont faibles et artificielles? La maladie, en février 1848, ne l’a pas empêché de subir une émotion universelle. L’animosité contre les socialistes n’a pu détruire en lui le sentiment humanitaire. Un travait latent s’était opéré i. Harcelé lui-même par le besoin, « la triste condition du pauvre l’apitoyait2 » ; en 1847, il avait tenté quelques compositions d’un caractère social, parmi lesquelles un Lundi de l'ouvrier. Si le Vanneur 3 par lequel il affirmait son orientation définitive, fut exposé en 1848, et si c’est à partir de cette date que, selon le mot de Burty ', il « s’appartint enfin », ce n’est pas là hasard et coïncidences pures.

Supposons, enfin, que mon analyse soit inexacte, que les événements de 1848 n’aient pas exercé une action essentielle sur l’évolution de Courbet et de Millet : ces événements, tout au moins, ont suscité le public capable de communier avec leur génie. Les préoccupations sociales et humaines qui s’étaient exaspérées, l'atmosphère qui s’était formée, ont doté d’une signification pleine des œuvres qui, à d’autres époques, n'auraient intéressé que la curiosité. Courbet exposait depuis 1 84 * , et pourtant Prosper Haussait G et Champfleury ne le découvrirent qu’en 1848. C’est qu’apparemment, à cette date, une lumière nouvelle éclairait les esprits 6.

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