Nos peintres du siècle, p
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plus tard, se revendront très cher, et ne fait pas de la constitution d’une galerie un placement de père de famille.
D’autres raisons isolent l’artiste du bourgeois. Stendhal annonçait que les deux chambres amèneraient dans les salons « une foule de gens fort estimables, fort honorables, fort riches, mais privés par leur éducation de ce tact fin nécessaire pour les Beaux-Arts1 ». Il semble, en effet, que les bourgeois de ce temps aient eu une culture artistique rudimentaire. On ne leur fait pas seulement les reproches que l’on n’a cessé de leur adresser depuis lors : d’avoir des goûts mesquins, d’encourager l’art médiocre, d’ignorer le génie ; 1’ « épicier » de Balzac ne se contente pas d’admirer Dubufe, Vigneron, le musée de Versailles et Jane Grey 2; il ne suffit pas à Monsieur Prud'homme de sacrifier Eugène Delacroix à Duval le Camus père ou à Pingret3 4, on leur prête encore des quiproquos, des admirations stupides, des étonnements naïfs. La bourgeoise qu’Henri Monnier met en scène avec le peintre qui fait son portrait * ressemble plus, par son ignorance, sa sottise, son manque d’usage, à son ancêtre Mme Jourdain qu’à son arrière petite-fille notre contemporaine. Toute part faite aux déformations comiques et aux exagérations voulues, on devine à travers ces témoignages, un type social qui a, depuis lors, singulièrement évolué.
L’éducation artistique de la bourgeoisie commence, à vrai dire, pendant la période que nous étudions. Sensibles d’abord aux « lithographies coloriées représentant des baigneuses, des batailles de M. Horace Vernet, aux nudités en plâtre copiées sur les drôlesses de la rue Bréda et faites
1. Promenades dans Rome, t. I, p. i45 (édition Calmann Lévy).
2. Balzac, L’épicier [Les Français peints par eux-mêmes , t. I).
3. Champfleury, Monsieur Prudhomme au Salon de 1846 [Corsaire Satan, 26 mars 1846).