Scènes populaires (1839). Le peintre et le bourgeois
pour elles 1 * », les bourgeois achèteront bientôt les taillesdouces de Goupil. Les Salons annuels, les journaux concourront à les initier. Pour le présent, le nombre des bourgeois qui se plaisent au commerce des artistes est fort restreint.
Delacroix inscrivait un soir sur son Journal : « Dîné chez M Thiers. Je ne sais que dire aux gens que je rencontre chez lui et ils ne savent que me dire3 * 5. » Aujourd'hui, dans des milieux plus modestes, il trouverait des gens instruits et curieux d’art et des jeunes tilles qui lui donneraient des leçons d’esthétique.
Le bourgeois et l’artiste ne se fréquentent donc pas. Le bourgeois redoute l’artiste pour son esprit, pour ses mœurs. Quelques écrivain-- semblent justifier ses défiances : ni les llulot3, ni les Guillaume ‘ ne se félicitent d’avoir accueilli dans leurs familles le comte Steinbock ou Théodore de Sommervieux. Jérôme Palurot est la victime du peintre Oscar \
Les artistes méprisent b* bourgeois ; ils vivent entre eux par groupes fermés et reconstituent, sous mille formes, des cénacles.
L’art et le public perdent également a ce divorce Le public est privé d’un ferment qui mirait élevé ses idées et développé son goût Les artistes ne trouvent pas dans les bourses bien garnies le concours qui leur serait nécessaire. Ils en arrivent à considérer la faveur publique comme un signe de médiocrité, à la mépriser et à s'exalter dans leurs conceptions personnelles sans tenir compte des sentiments de leurs contemporains. Joseph Bridau « était cher au cénacle
i. Hippolyte Castille. Les hommes et les mœurs sous Louis-Philippe (i853), p. 336.
a. Journal. 26 janvier 1847. *• b P- *46-