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Gosse. Diogène au Salon de 1846, p

LES CONDITIONS SOCIALES

disaient-ils, poussés à l’improvisation; ils forçaient leurs effets pour attirer l’attention dans le milieu factice où ils étaient jugés tout d’abord II y avait une part de vérité manifeste dans ces deux allégations. La fréquence des expositions encourageait une production hâtive. Les artistes les plus probes se préoccupaient de briller dans les Salons : « Ne pas oublier », écrivait Chassériau dans ses notes en mars 184 1 \ « qu’il faut qu’un tableau qu’on expose se détache des autres par l’originalité de son aspect. » Fromentin expliquait à sa mère1 2 que c’était « sa faute et bien sa faute si sa peinture ne se soutenait pas mieux au grand jour du Salon » et prenait la résolution de modifier sa manière.

Mais d’autres critiques soutenaient, comme W. Tenint3 4 5 ou Baudelaire *, la nécessité de contacts fréquents entre les artistes et le public. Au reste, les critiques étaient à peu près seuls à se plaindre, seuls ils étaient fatigués de ce retour rapide des Salons qui mettait leur verve en défaut et les obligeait parfois à se répéter6. Le public, en tout cas, ne se lassait pas. Les témoignages sont unanimes : le public a suivi avec empressement tous les Salons de la monarchie de Juillet ; seules des catastrophes publiques ont pu momentanément l’en écarter6. Le jour de l’ouverture — il n’était pas alors question de vernissage — on nous dépeint une « foule

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