Curiosités esthétiques, p 87, sqq
5. Baudelaire, Salon de 1845 ( Curiosités esthétiques, p. 2, uote 1).
LES CONDITIONS SOCIALES
il a tort de rendre des arrêts et des oracles et de parler de sa « mission ». Mais il a raison de réfléchir sur son rôle 1 et de l’estimer important. Gomme le dit Thoré 2, il tient « la partie dogmatique dans la religion de l’art ». C’est à lui qu’il appartient d’exposer et de défendre les idées.
Il s’en acquitte avec passion, avec courage. Delécluze, obstiné dans ses principes, force le respect de ses adversaires mêmes 3 4 5. D’autres, au risque de se discréditer, soutiennent les novateurs, contre l’Institut, contre l’opinion. Qui aurait défendu, aux heures de découragement, Delacroix ou Rousseau, si Alexandre Decamps, Prosper Haussard % Thoré, n’avaient pris leur cause ? Nous devons leur en savoir un gré infini.
Par la presse enfin, l’écho des luttes artistiques s’étend au loin et Jules Breton, enfant, dans son village, apprend, en lisant la Démocratie pacifique , « combien sont chaudes les disputes des Ingristes et des fanatiques de Delacroix 6 ».
Ce rôle de vulgarisation est facilité par les progrès des arts de reproduction. Les gravures au trait, insuffisantes et inexactes, sont, en dehors des Annales du Musée , presque absolument abandonnées. La lithographie a acquis une dextérité extraordinaire, elle est à son apogée et constitue le système de transcription par excellence. L’eau-forte s’essaye, en des occasions assez rares, mais précieuses, à la seconder6. Enfin, la gravure sur bois permet à des publications populaires, le Magasin pittoresque ou V Illustration, de donner à leurs lecteurs une idée des œuvres du jour.
i. Gustave Planche ( Revue des Deux Mondes, Ier avril 1 833 , p. 90 et i5 juin 1837, pp. 760-761) ; — Baudelaire, A quoi bon ta critique ( Salon de 1846) ( Curiosités esthétiques, pp. 81-84), etc.
1. Etude sur la sculpture moderne (Revue de Paris, 1 836, p. io5).
3. Baudelaire, Salon de 1 845 ( Curiosités esthétiques, p. 2, note 1).
4. Maurice Tourneux, Delacroix devant ses contemporains , pp. xv-xxiu.