Musée des familles, 1 8 3 8 , p. 20 ; 1839, p
2. Charles Blanc, en 1845, résumait assez exactement l’histoire de l'Artiste : « L’Artiste fut un journal éclatant mais sans beaucoup d’unité. Il fut romantique dans le principe, et, comme tel, il fit des réputations et des hommes ; Jules Dupré fut sa plus brillante créature... Aujourd’hui l’Artiste, sous la direction de M. Arsène Houssaye, est un journal élégant, bien fait, mais, avant tout, littéraire » ( Histoire des peintres français, p. 37, note 2).
3. Sur les chemins de l’Europe, livre II. Flandre et Hollande ( 1 837— 1840).
4. Edgar Quinet, Allemagne et Italie p83q) ; Mes vacances en Espagne (1846), p. 33o et suiv.
5. Musée des familles, 1 836, pp. 4 et p. 281; — 1 838 , p. 264. Deux semaines
de Pierre Corneille (il y est question de Brouwer, Philippe de Champagne
et de Poussin) ; — 1 8 3g , p. 1 43 , 193. Dans le même magazine en i838 ou
trouvera des Lettres au peintre Antonio de Florence , 1528, par Henri Blaze
où il est parlé d’Albert Dürer.
Les monographies ou « physiologies » auxquelles s’est amusée cette époque, n’ont garde d'oublier l'artiste, le rapin, les séances de l’atelier, le modèle, l’ami des artistes, les soirées d’artistes et le marcassin ou peintre d’enseignes h Joseph Bridau de la Rabouilleuse , Léon de Lora des Comédiens sans le savoir , Wenceslas Steinbock de la Cousine Bette , Théodore de Sommervieux de la Maison du Chat qui pelote , Hippolyte Schinner de la Bourse figurent, en bonne place, dans la Comédie humaine. Anatole Ferrier, dans Léo d’Henri de la Touche (1840), réduit à exécuter « pour une somme honteusement royale, 800 livres1 2 », un portrait de Louis-Philippe, se révolte contre « le favori du prince » qui veut « commander à Part », et souffre de « l’injustice ignare des bourgeois qu'il faut copier ». Champfleury, avant Murger, narre, avec complaisance, les charges d’atelier ( Confessions de Sylvius, 1 843-45 ; — Les Noirau , 1846) et Eugène Site conte au peuple les tribulations de Pipelet victime de Gabrion.
Même quand ils ne mettent pas d’artistes en scène, les écrivains évoquent volontiers le souvenir d’artistes ou d’œuvres d’art. Balzac introduit une dissertation sur Raphaël dans la Cousine Bette, sur Michel Ange dans Honorine , et une étude sur Decamps dans Y Interdiction 3. Eugène Süe
1. L'Artiste, par Félix Pyat ( Nouveau tableau de Paris, i834, t. IV); Le Rapin, par Louis Huart (le Musée pour rire, 1839), par Chaudes-Aigues ; [T. es Français peints par eux-mêmes, t. II) ; — Les Séances de l'atelier, par M. Alhoy [Musée pour rire ) ; — Le Modèle, par E. de la Bedollière ; L'Ami des Artistes, par Francis Wey ( Les Français peints par eux-mêmes ) ; — Les soirées d’artistes, par Jal [Livre des cent et un) ; — Le Marcassin, par Louis Huart [Muséum parisien, 1841).
2. C’était le prix alloué aux copistes du portrait officiel [Archives nationales, dossier F21 488').
3. Ce sont de simples exemples. Dans un seul roman, La femme de trente ans, je relève une allusion à la Bataille d' Austerlitz, de Gérard (édition définitive, t. III, p. 529), à la Mnémosyne du musée. « la plus belle et la moins appréciée des statues antiques » (p. 616), à Charlet (p. 627), à Terburg, Raphaël, Géricault, Gérard Dou (p. 671), au Brutus de David (p. 672), à Murillo, à la Béatrix Cenci, du Guide, au Philippe II (?), de Velâzquez
LES CONDITIONS SOCIALES
ne croit pas effaroucher les lecteurs des Mystères de Paris, en évoquant les noms de Greuze, de Watteau, de Boucher, de Michel-Ange et « les pinceaux de Callot, de Rembrandt et de Goya ». Aloysius Bertrand essaye, dans Gaspard de la nuit, des fantaisies à la manière de Rembrandt et de Callot.
Memes dispositions chez les poètes. Les premiers vers de Théophile Gautier ramènent à chaque page des noms de peintres : Albertus indique une hantise véritable dont nous ne pouvons être surpris. Victor Hugo évoquant Albert Durer (1837) fait» dans les Voix intérieures , de la véritable critique artistique ; Alfred de Musset espère rencontrer
Quelque alerte beauté de l’Ecole flamande,
Une ronde fillette échappée à Teniers L
Thédore de Banville débutant associe, un peu au hasard, Ingres, Cogniet et Delacroix ou Brascassat et Claude Lorrain 2, et Leconte de Lisle, dans la période où il tâtonne encore, célèbre en vers médiocres Raphaël, Michel-Ange, Masaccio et Corrège3. Auguste Barbier, enfin, consacre un des poèmes du Pianto à une admirable étude sur le Ca/npo Santo 4 .
Je me borne ici à relever quelques allusions directes à l’art faites par des écrivains ; il appartient à l’histoire littéraire de montrer comment, dans cette période, la haine de l’abstraction, le souci du pittoresque, de la description colorée, des images visuelles, ont régné dans toute la littérature d'imagination.
(p. 687). Pour féliciter Stendhal de la Chartreuse de Parme, il lui écrit : « C'est fait comme Borgognone et Wouwermans, Salvator Rosa et Walter Scott. » Lettre du 20 mars 1839 ( Correspondance , t. I, p. 456).