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A'os peintres du siècle, p. 4t

LES CONDITIONS SOCIALES 67

fance. Je me souviens au temps de ma jeunesse que les bourgeois en étaient encore à cette affirmation qu’ils croyaient flatteuse, lorsqu’on leur montrait un tableau : « Que de coups de pinceau ! » ou à cette question : « Ce qu’il y a de plus difficile n’est-ce pas le mélange des couleurs? — Non, répondait un connaisseur, c’est l’écaille du poisson. » Telle était l’idée que se faisaient, de l’esthétique, des professeurs, des avocats, des médecins. Sauf à Paris, on n'était guère plus avancé dans les grands centres. Partout on admirait le miracle du trompe-l’œil, que les procédés photographiques étaient encore loin d’avoir détrôné. La moindre imitation réussie avait du prestige. » L’exactitude de ces souvenirs nous est attestée par plus d'un témoignage contemporain. En 1 83 1 , des villes comme Nancy, Strasbourg, restaient étrangères au mouvement artistique qu’elles ne suivaient même pas à travers les estampes1.

Cependant, dès le début de la monarchie de Juillet, un mouvement de décentralisation se dessine. Les origines en sont multiples. Le développement des études médiévales y contribue tout d’abord2. Le romantisme, nourri lui-même par ces études, y concourt. Il est appuyé par le zèle intéressé des députés des départements. Le n janvier i832, M. Sans demande l’envoi d’objets d’art dans les départements et M. de Schonen réclame en faveur de Lyon qu’il représente ; le i4 mars 1 833, Eschassériaux et Fulchiron renouvellent ces doléances, et le ministre qui leur répond leur affirme que les tableaux achetés sur les fonds du budget sont destinés aux musées départementaux, ceux de la liste civile restant seuls à Paris.

De très curieux rapports lus par Guyot de Fère en i832

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