‹ Du romantisme au réalismeChapitre 6 sur 268 · Louis Flandrin, ffippolyte Flandrin, p · texte numérisé non relu

Louis Flandrin, ffippolyte Flandrin, p

qui circulaient dans les ateliers. On racontait qu’il entrait parfois sans bruit, par une porte secrète, dans la salle où Horace Vernet travaillait à Versailles, et qu’un jour, « Horace, non averti de sa présence, tout au feu de l’improvisation l’avait, dans un malencontreux élan de recul, culbuté sur son royal revers 1 ». Dans l'atelier d’Alaux, il s’était trouvé brusquement en face de Fils qui, armé d’un mousquet, posait pour un ligueur, et il s’était enfui fort effrayé 2.

La bonhomie, qui autorisait ces anecdotes puériles, n’était pas uniquement de surface. Elle s’associait à une bienveillance très réelle et aussi à un désir d'action personnelle sur les arts. M. de Montalivet, qui fut, en ces questions, le collaborateur le plus direct et le plus actif de Louis-Philippe, a fait, après 1848, l’apologie de l’œuvre accomplie par son ancien maître et son livre3 garde, dans le panégyrique, un ton si mesuré, il apporte tant de faits précis qu’il mérite considération. Nous apprenons que Louis-Philippe a dépensé, à Versailles, 6600000 francs pour achats ou restaurations de peintures et sculptures, qu’il a consacré plus de dix millions aux achats pour les musées.

Aux heures où le public n’y était pas admis, le roi parcourait les salles du Salon, le crayon à la main. Il dressait une liste d’œuvres, la communiquait au Directeur des musées pour recevoir ses observations et ce travail servait de base aux achats comme aux récompenses 4. Pour Versailles, il ne se contenta pas de désigner les artistes, il examina leurs esquisses ou leurs toiles et exigea, à l occasion, des modifications ou des retouches. La Fédération de Couder faillit

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