‹ Du romantisme au réalismeChapitre 60 sur 268 · Louis Yiardot, dans Le National, 27 mars i · texte numérisé non relu

Louis Yiardot, dans Le National, 27 mars i

renouvelées qu’elles revêtent. Nous verrons des artistes reconstituer le décor précis de la vie antique. D’autres évoqueront les personnages fabuleux ou historiques et les animeront d’une vie aussi intense que si nous vivions auprès d'eux. Il en est qui délaisseront les récits historiques ou légendaires, s’attacheront à la vie privée ou intime et composeront des pages d’anthologie. Les formes classiques serviront à exprimer de philosophiques pensées ou à ordonner de grandes pages décoratives.

II. — On crut, au lendemain de la Révolution de Juillet, la peinture religieuse destinée à disparaître. Suscitée, sous la Restauration, par la réaction politique, soutenue par des commandes officielles, il semblait qu’elle n’eût eu qu’une existence artificielle. Sauf deux ou trois œuvres exceptionnelles, le Christ en croix de Prudhon, le Christ au jardin des Olives de Delacroix, elle n’avait produit que des toiles froides et sans inspiration.

La foi paraissait morte. Ceux qui condamnaient, ainsi que Stendhal, les sujets religieux 1 le proclamaient et ceux qui pensaient, avec Mme de Staël, que la peinture était l’art du christianisme 2 en faisaient l’aveu.

« Les arts n’ont plus d’avenir », écrivaient en 1 833 les pamphlétaires légitimistes; « ils sont frappés de mort, parce que l’incrédulité du siècle et la solitude des temples leur interdisent toute conception religieuse si propre à la poésie3. » Athanase Coquerel constatait avec tristesse, au Salon de 1 833 , que « la foi n’avait inspiré aucun artiste » ; « l’art », ajoutaitil, « y paraît sans vie.. ; le musée est vide de foi4 ». Henri

1. « Quand les sujets donnés par le christianisme ne sont pas odieux, ils sont du moins plats. » Histoire de la peinture en Italie, ch. xvi, édit, de i854, p. 82.

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