‹ Du romantisme au réalismeChapitre 68 sur 268 · PL III · texte numérisé non relu

PL III

HORACE VE R MET. — ABRAHAM ET AGAR Salon de 1 83g.

(Musée de Nantes.)

L’ingéniosité de quelques artistes s’est même attaquée à une tradition si universellement respectée qu’elle paraissait immuable. L’essai a été fait d’introduire la couleur locale dans la représentation des scènes bibliques. Il semblait que les Florentins et, après eux, les Bolonais eussent imposé à jamais, aux personnages des Ecritures, leurs manteaux aux tons neutres et aux formes effacées. Les artistes austères du xviie siècle avaient tuyauté les draperies en plis nombreux ; les maniéristes du xvme siècle les avaient fait flotter en masses emphatiques et fantasques ; les élèves de David les avaient étudiés sur des toges romaines, mais nul n’avait songé à en modifier la conception.

Orselfut, peut-être, le premier à rompre avec des usages si respectables. Conseillé par Révoil et par Artaud, il étudia à Paris, avant l’ouverture du Musée égyptien, les costumes antiques de l’Egypte et composa son tableau, Moïse présenté à Pharaon , avec des scrupules archéologiques *. L’œuvre étonna Champollion par son exactitude mais elle n’émut pas l’opinion publique.

Horace Vernet reprit la même tentative avec plus de tapage. Il n’y fut pas conduit par des préoccupations d’historien. Tandis qu’il suivait les évolutions de l’armée française en Afrique, il s’avisa qu’il y avait, dans la simplicité, la gravité, les coutumes des Arabes, quelque chose de vraiment biblique. La persistance, dans le monde oriental, des costumes et des mœurs permettait d’attribuer sans invraisemblance aux Hébreux de la Bible les burnous musulmans. En tout cas, le type même de la race n’avait pas varié et il convenait de restituer à des Sémites leur physionomie

(A. Devéria, Guichard), Caravage (Jollivet), les byzantins, les vieux allemands (Mottez) .

Ces deux essais me paraissent très arbitraires et je ne les relève qu’à titre de documents.

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