‹ Du romantisme au réalismeChapitre 70 sur 268 · Le 07 juillet 1846 ( Lettres de jeunesse, p · texte numérisé non relu

Le 07 juillet 1846 ( Lettres de jeunesse, p

6. Le 17 novembre 1847 ( Lettres de jeunesse , p. a56j. On sait que Fromentin reprit sa thèse dans Un etc dans le Sahara : 0 Costumer la Bible c'est la détruire... etc. » Déjà Michelet écrivait, en i83o : « Cet anachronisme... du costume fait sentir la généralité du sujet et montre que ce n'est pas un fait limité dans le temps, mais une idée éternelle » [Rome. p. 3oa). Renan a condamné également la tentative de N ernet (Nouvelles études d histoire religieuse, L'art religieux , p. 4io)- — Quant à Vernet, il exposa ses vues dans un mémoire, lu à lAcadémie en 1 847 publié en i856 ( Opinion sur certains rajiports qui existent entre les costumes des anciens Hébreux et celui des Arabes modernes) . Lire aussi des lettres écrites au cours de ses voyages, en Algérie, i833, et en Orient, 1839-1840, lettres publiées par Durande [Joseph, Carie et Horace Vernet, 1 863 , pp. 98 et i3i sqq.;.

Vernet avait mal posée existait donc réellement. Elle allait être reprise, hors de France, par les préraphaélites.

III. — Léopold Robert avait, avant i83o, rendu populaire l’étude pittoresque des costumes et des mœurs d’Italie. Ses derniers tableaux eurent un retentissement énorme. Près de lui et après sa mort, des disciples ou des émules reprirent les mêmes thèmes et furent accueillis avec une semblable faveur. Mais la curiosité se fit plus générale ; elle revint enfin sur la France et l’on découvrit l’intérêt des bretons, des auvergnats ou des paysans pyrénéens. On explora l’Espagne, la Grèce, on aborda l’Orient.

L’orientalisme n’avait été, jusqu’en i83o, sauf pour de très rares artistes, qu’un art de fantaisie. Seuls, Champmartin et Decamps avaient été, l’un à Constantinople, l’autre en Asie Mineure. Champmartin ne paraît pas avoir gardé de son voyage un profit durable ; quant à Decamps, on n’a jamais su exactement l’étendue, la durée, à plus forte raison, l’itinéraire d’une course qui échauffa son imagination plus qu’elle ne lui fournit des documents positifs. Delacroix, Ary Scheffer avaient peint, de chic, les Massacres de Scio ou les Femmes souliotes. Victor Hugo chantait, sans quitter Paris, les Orientales.

Dès i83a, Musset se moquait, dans Namouna , de ce pittoresque arbitraire :

... bien que cette histoire Se passe en Orient, je n’en ai point parlé.

Il est vrai que, pour moi, je n’y suis point allé.

Mais c’est si grand, si loin ! — avec de la mémoire On se tire de tout — allez voir pour y croire.

Si d’un coup de pinceau je vous avais bâti

Quelque ville aux toits bleus, quelque blanche mosquée,

Quelque tirade en vers d’or et d’argent plaquée,

Quelque description de minarets flanquée,

Avec l’horizon rouge et le ciel assorti M’auriez vous répondu : vous en avez menti 1 !

Bientôt, les conditions mêmes de l’orientalisme se trouvèrent presque totalement changées : le monde musulman, jusqu’alors presque inaccessible, commença à s'ouvrir. La conquête de l’Algérie, les événements du Maroc, la présence en Egypte d’un pacha ami de la France, les épisodes de la question d’Orient, avivent la curiosité et lui permettent de se satisfaire. Horace Vernet, Fromentin parcourent l'Algérie récemment conquise; Delacroix suit une ambassade française au Maroc, Papety s’enferme au mont Athos; Mari- 1 h a t et Gleyre visitent l'Egypte; Dauzats parcourt l’Egypte, l’Espagne et l’Algérie, Ziem est, en 1847, ® Constantinople. L’orientalisme s’appuiera, désormais, sur des enquêtes sérieuses.

IV. — Les peintres novateurs avaient souvent demandé à des livres favoris, des sujets ou des prétextes de peinture. Dante et Shakespeare, Byron, Walter Scott et Goethe ne cessèrent pas d’être consultés. On emprunta peu aux poètes contemporains, même à Victor Hugo, mais on lut beaucoup les historiens. L’Angleterre, chère aux partisans de l’entente cordiale, fournit, grâce à Guizot et Augustin Thierry, des motifs nombreux. On demanda à Mignet des renseignements sur l’histoire d’Espagne. Les récits anecdotiques sur la vie des écrivains et des artistes illustres furent recueillis avec avidité.

D’une façon générale, la peinture à sujet, anecdote littéraire, historique ou sentimentale, fait divers même, prit un énorme développement, phénomène qui peut s’expliquer, soit par des raisons tirées du tempérament français, soit plutôt

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