Il Pianlo. i
4. Rome (i83o). Dans ce livre, Michelet paraît ignorer les précurseurs de Raphaël.
5. Louis Peisse ( Revue des Deux Mondes, i5 avril 1842, p. 232).
Les tableaux espagnols étaient très rares en France dans la première partie du xixe siècle. Le Louvre en conservait fort peu ; les collections particulières ne pouvaient suppléer à son insuffisance. Dans la rénovation de l’art français la part de l’Espagne serait restée nulle si Goya n’avait exercé sur Delacroix, par ses lithographies de Bordeaux, une impression profonde1.
Dès 1 83 1 , Prosper Mérimée disait aux lecteurs de l'Artiste2 l’intérêt du Musée de Madrid. En 1 836, Théophile Gautier, dans un article sur les envois de Rome 3, émettait le vœu que l’on fondât des établissements pareils à la Villa Médicis en Espagne, en Hollande, en Allemagne et même en Angleterre. Chaque élève choisirait le pays qui lui conviendrait le mieux : « L’Ecole espagnole », ajoutait-il, « est pleine de grands maîtres inconnus », et il prenait plaisir à accumuler les noms mystérieux de Ximénès de Novarella, Alonso Cano, Blas de Prado, don Ruy de Gonzalès, Morales, Luis de Vargas ou Antonio dal Castello.
Au moment où Théophile Gautier lançait cette idée et plusieurs années avant qu’il ne célébrât en prose et en vers les trésors d’art de l’Espagne 4, Louis-Philippe reprenait un projet esquissé jadis par Denon 5 et créait, à Paris, une galerie espagnole.
Averti, peut-être, par le maréchal Soult, illustre pillard des églises espagnoles, il donna au baron Taylor la mission de rassembler, par delà les Pyrénées, une collection de tableaux. Taylor partit muni d’un million 6. Le moment était
1. « Tout Goya palpitait autour de moi, » s’écriait Delacroix en vue de Tanger (Lettre du 24 janvier i832. Correspondance , t. I, p. ij3).