Van Schændel
2. Thoré, Le Musée Standish. Cabinet de l’amateur (1842, t. I, p. 209).
3. Jules Robert, France littéraire, mars 1841, t. IV, p. 278 sqq.
4- F. Mercey, La galerie du maréchal Soult ( Revue des Deux Mondes , i5 mars 1852).
tèrent les enseignements dictés par les deux seuls peuples chez lesquels la peinture fût alors florissante : l’Angleterre et l’Allemagne.
Par Lawrence surtout et par Constable, l’Angleterre avait exercé un parrainage sur le Romantisme et le paysage français. Cette influence ne s’abolit pas ; elle resta très marquée et très vive, mais elle se renouvela peu. Les conceptions fantastiques de Martynn, popularisées par la gravure, excitèrent une curiosité passagère. Martynn exposa, au Salon de 1 835, le Déluge, et la vue de l’œuvre peinte compromit, sans le faire disparaître immédiatement1, le préjugé favorable que les gravures avaient créé.
Les jeunes artistes anglais qui exposèrent à Paris, y furent mal accueillis. Armytage, alors élève de Delaroche, et Madox- Brown furent traités avec une inintelligence dédaigneuse2. Par un retour singulier, l’Angleterre jadis admirée se vit méprisée. En 1839, Chaudesaigues consacrait, dans l'Artiste3, des articles malveillants à l’Exposition de Londres et Théophile Gautier lui-même, au retour d’une excursion en Angleterre, lançait cette diatribe, dont il aurait pu aisément faire la réfutation : « Les Anglais sont riches, actifs, industrieux.., mais l’art, à proprement parler, leur fera toujours défaut.. ; ils ne sont que des barbares vernis. Lord Elgin, si violemment anathémisé par lord Byron, a commis un sacrilège inutile. Les bas-reliefs du Parthénon apportés à Londres n’y inspireront personne. Le don de la plastique est refusé aux races du Nord... Et puis les Anglais ne sont pas catho-
1. L'Artiste publie encore, en 1837, trois gravures d’après Martynn.
2. L'Artiste, 1842, 3e série, t. I, pp. 195 et 197. « Les derniers moments de Marie Stuart ont fourni à M. Ford Madox-Brown le sujet d’un tableau plus remarquable par la dimension de la toile que par le mérite de la peinture. Avec la meilleure volonté du monde il serait bien diflicile de trouver quelque chose à louer dans cet ouvrage, mais nous respecterons chez l’auteur, sa qualité d’étranger, et nous nous dispenserons d’une plus rigoureuse appréciation de son oeuvre. »