‹ Du romantisme au réalismeChapitre 78 sur 268 · L'Artiste, juillet-août · texte numérisé non relu

L'Artiste, juillet-août

liques — le protestantisme est une religion aussi funeste aux arts que l’islamisme et peut-être davantage. Des artistes ne peuvent être que païens ou catholiques1. »

La vogue se détournait des Anglais, elle s’attacha aux Allemands. Tout d'abord, le courant qui conduisait aux précurseurs de Raphaël ramena aux maîtres allemands du xvie siècle ou plus exactement à Albert Durer. Théophile Gautier décrivit en vers la Melccncholia'2, Victor Hugo chanta le siècle

qu’Albert Durer admirait à l’écart3

et dédia au « vieux peintre pensif » un des chants des Voix intérieures. Mais ce furent les contemporains, surtout, qui retinrent l’attention. Groupés, un moment, à Rome autour d’Overbeck, Cornélius, Schadow, Philip Veit, Schnorr de Karolsfeld, Fiihrich et Steinle étaient rentrés en Allemagne et donnaient, à Munich ou à Dusseldorf, des formes multiples à Part national renouvelé. Overbeck demeurait à Rome, fidèle à son idéal, nazaréen indéfectible.

Le crédit dont l’Allemagne intellectuelle et philosophique jouissait alors en France contribua à porter la curiosité sur la peinture germanique. En i832, Edgar Quinet publiait, dans la Revue des Deux Mondes , une étude sur l’art en Allemagne4. En 1837, Montalembert faisait l’apologie d’Overberck5. En 1839, Fortoul expliquait, dans l'Artiste*, le procès fait à la Renaissance par les Nazaréens, et il publiait, dans la Revue de Paris , une série de lettres sur Munich 7. Ces lettres

1. Une journée à Londres ( Revue des Deux Mondes , i5 avril 1842, p. 289).

2. i834 — Théodore de Banville donne, dans un poème des Caryatides (1842), le Stigmate, une singulière description de la Melancholia qu’il semble prendre pour un tableau.

3. Les Rayons et les Ombres. Que la musique date du XY la siècle, 1837.

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