‹ Du romantisme au réalismeChapitre 79 sur 268 · Revue de Paris, mars et avril i83g · texte numérisé non relu

Revue de Paris, mars et avril i83g

formèrent, en 1841, le volume De l'Art en Allemagne. La publication du grand ouvrage de Raczinski sur l'Histoire de l'Art moderne en Allemagne s’achevait au même moment.

Bientôt la réputation des Allemands fut au plus haut point. « Il n’y a en Europe », écrivait Thoré, « que deux artistes, dont le nom soit aussi éclatant que celui d’Eugène Delacroix. C’est Overbeck et M. Ingres '. » « L’Ecole allemande », disait de son côté Théophile Gautier, « paraît la seule en état de rivaliser avec nous1 2. »

Lorsqu’en octobre 1 838 Cornélius vint en France, il y reçut un accueil triomphal et Louis-Philippe, nous l’avons déjà dit, lui fît les honneurs de Versailles3.

A vrai dire, on les connaissait très mal, ces maîtres devant lesquels on s’inclinait. On les ignorait presque absolument comme peintres. En 1837, Bendemann exposait, avec un vif succès, Les lamentations de Jérémie et Théophile Gautier, surpris par ce coloris sans agrément qui lui rappelait l’École impériale, confessait qu’il ne connaissait Cornélius et Overbeck que par des gravures4 5 6 *. Les estampes exposées aux vitrines du boulevard des Italiens et devant lesquelles, un jour de 1841, Victor Cousin s’arrêta, saisi d’admiration8, les planches publiées par l’Artiste et par les Beaux-Arts 6 de Curmer, furent les documents par lesquels le public français entrevit l’art germanique.

Les artistes qui vécurent à Rome, purent, seuls, avoir des notions plus complètes. Il leur fut loisible d’étudier la décoration de la Casa Bartholdy où Cornélius, Veit, Overbeck et

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