Théophile Silvestre, Les artistes français. 1878, p
4- De Montalivct, op. cil., p. 117 : — Véron dans scs Mémoires d'un bourgeois de Paris VI\ . p. >75', a presque littéralement copié ce passage.
5. F. (Farcy). Les Beaux-Arts sous Louis-Philippe. (Journal des Artistes, 28 août 1 8 3 1 , p. i58).
LES CONDITIONS SOCIALES
désigna Champmartin pour exécuter son portrait officiel, ce fut, dans le camp académique, une véritable explosion de fureur1. Devant ces récriminations, devant l’attitude de l’Institut, Louis-Philippe ne crut pas devoir se poser en champion du Romantisme, mais il ne cessa de protester, avec discrétion, contre toute velléité de proscription, intervint parfois, nous le verrons, auprès du jury, pour l’engager au libéralisme2. Il confia à Delacroix à Versailles deux importantes commandes, bien qu’il n’eùt pas de sympathie personnelle pour son art et, s’il le fit, ce n’est pas certainement pour obéir à l’opinion publique presque universellement hostile au maître 3.
La création du Musée de Versailles fut, sans doute, une initiative déplorable et les millions de travaux qui y furent confiés à des peintres auraient pu être plus intelligemment employés ; mais, en d’autres circonstances, l’action du roi n’appelle que l’éloge. Ce fut lui qui, dès le début de son règne, rendit les Salons annuels. Il ne tint pas à lui que l’art du vitrail ne renaquît en France ; enfin la formation du musée espagnol au Louvre, malgré sa destinée brève, eut, nous le verrons, une réelle efficacité sur l’évolution réaliste.
Autour du roi régnait pour les arts une atmosphère de sympathie. Plusieurs membres de sa famille avaient des