‹ Du romantisme politiqueChapitre 7 sur 11 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Influence et prépondérance au dehors. — La recherche de l'influence constitue une dérogation au principe de nonintervention.— Elle trompe nécessairement Tattente des gouvernements. — Exemples historiques.

La passion de l'iailueiice et de la prépondérance extérieure est, après l'esprit de propagande, le principal mobile de la politique du parti libéral.

La passion de linfluence et de la prépondérance extérieure est en contradiction formelle avec le principe de non-intervention,

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base nécessaire de la politique des nations libres, principe qui ne signifie pas seulement non invasion, mais encore et sans en forcer le sens, abstention de toute ingérence, de toute action, de toute influence de quelque ordre et de quelque nature qu'elles soient.

La le.'lierche de l'influence expose fatalement les forces nationales à s'engager tôt ou tard dans un but indéterminé et dans un dessein mal défini de lîrandeur ou de supériorité. Sous ])rétexte de préparer, dans l'avenir, aux intérêts nationaux une [irotection efficace, elle compromet dans le présent ces mêmes intérêts de la façon la plus grave; enfin en surexcitant les vanités et les passions internationales, elle détourne Us peuples du soin de leurs affaires intérieures i)Our ouvrir à leur ambilion une ':arrière

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particulièrement féconde en échecs diplomatiques ou en désastres.

Je le demande, si l'Autriche do 1815 à 1859 n'avait pas inutilement perdu son temps à influencer en Italie ses archiducs, son état intérieur ne serait-il pas aujourd'hui plus prospère ?

Le préjugé en faveur de l'influence est un préjugé puissant et qui n'est pas particulier au seul parti libéral quoiqu'il lui soit plus cher qu'à tout autre. Tous les gouvernements qui se sont succédé en France, les gouvernements libres comme les gouvernements absolus, ont tour à tour ambitionné ou recherché l'influence. Ces divers gouvernements sont-ils donc tombés dans une même erreur, ont-ils obstinément poursuivi une commune chimère?

La recherche de l'intluencê était une

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maxime politique à Tusage dos gouvernements absolus, que les liouvernements libres ne pourraient appliquer sans se rendre coupables d'anachronisme ou d'inconséquence.

A une époque où l'absolutisme régnait presque sans partage, où le but des gouvernements était non le bonheur privé des sujets, l'établissement ou le maintien des libertés intérieures, mais l'ambition, la conquête, la gloire ouïe caprice du prince, les maximes adoptées en matière de politique extérieure devaient différer profondément de celles qui s'imposent à la raison des gouvernements réguliers qui ont pour objet et pour mission la réalisation du bonheur de tous, au sein de la liberté.

La politique d'influence a plus d'une foià trompé les prévisions des uoiivcniemeiils

absolus S alors qu'elle était pourtant i)lus en harmonie avec l'état des mœurs et des institutions; pouvait-elle donner aux gouvernements constitutionnels qui ont voulu l'appliquer de meilleurs résultats? Le premier en date de ces gouvernements, la Restauration, a tenté d heureux et constants efforts pour rendre à la France, avec ses forces épuisées, uii ascendant légitime dans les conseils de l'Europe ; mais elle ne put se défendre de céder au désir, à la manie, à l'idée fausse de l'influence particulière. On fit valoir de bien mauvaises raisons au sujet de l'expédition

* Exemple ; la guerre de la succession, entreprise par Louis XIV pour assurer au delà des Pyrénées l'inlluence de sa politique. Il fallut dix ans d'une guerre malheureuse, suivie d'un traité à certains égards humiliant, pour obtenir la consécration d'une influence destinée à durer tout jusie aussi longtemps que Louis XIV lui-même, par conséquent environ deux ans, intervalle qui sépare les traités d'Utrecht dé la mort du roi.

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d Espagne, maison ne pouvait en alléguer de pires que la nécessité de renouveler le pacte de famille, de rétablir au delà des Pyrénées l'influence de la politique française ; et l'Angleterre avait assurément bien tort de prendre tant d'ombrages de ce rétablissement présumé. Notre influence dura tout juste aussi longtemps que notre occupation, si même elle exerça, dans ce court intervalle, une action quelconque sur l'esprit du malencontreux roi Ferdinand. Ainsi, résultats de l'expédition: pour l'Espagne, restauration d'un gouvernement odieux; pour la France une dépense nette et liquide de deux cents millions. Quand on songe à ce que pourrait coûter une guerre de propagande entreprise dans de certaines conditions, telle par exemple que l'expédition du Mexique compliquée d'une intervention améri^

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caille, ou trouve bien encore la dépense de la guerre d'Espagne inutile, mais on cesse de la trouver trop forte. La Restauration s'en tirait à bon marché.

C'est encore à la recherche de l'influence qu'il faut rattacher dans sa cause l'expédition de Morée. Le romantisme y eut bien aussi sa large part, mais la recherche de rinfluence était le motif mis en avant par les politiques, par les hommes d'affaires, par tous ceux qui n'étaient pas bien convaincus que des souvenirs et des émotions romanesques fussent un motif suffisant pour exposer, dans une entreprise de cette nature, l'existence d'un seul homme de race française. Mais enfin il s agissait d'influence ix exercer, et l'influence semblait en elle-même chose tellement enviable et désirable que des hommes sages n'hésitaient

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pas à voter la guerre pour assurer à leur pays les avantages de l'influence. Fallait-il, par exemple, garantir l'emprunt grec, et quelques députés ou quelques pairs s^apprêtaient-ils h chercher leurs raisons ailleurs que dans les émotions philheliéniques courantes, le cri)inet, dont faisait pourtant partie M. le duc de Broglie, soumettait aux opposants les considérations suivantes : c( Vous ne voulez pas garantir l'emprunt grec, voulez-vous donc que l'Angleterre et la Piussie exercent seules sur la Grèce une influence incontestée? ne consentirez-vous pas à quelques sacrifices pour prendre aussi votre part de cette influence ' ? »

L'argument semblait sans réplique, tant, dès qu'il s'agit d'influence à espérer, on

* Discours de M. le duc de Broslie, ministre des affaire, étrangères, 18 mail 87.3.

trouve naturel de consentir à tout. Il eût été facile de répondre qu'on Mie voyait pas bien au juste en quoi il pouvait être avantageux pour la France de jouir de cette influence, en tiers avec l'Angleterre et la Russie; ni non plus quels résultats un grand pays comme le nôtre pourrait retirer jamais de l'influence qu'il exercerait sur un aussi petit peuple que le peuple grec, destiné à rester probablement longtemps encore à l'assistance publique de l'Europe. Mais enfin, l'avantage de l'influence admis, il n'en est pas moins vrai que le calcul dos partisans de la délivrance hellénique était faux. Car notre influence en Grèce, dans les circonstances où elle pouvait être de quelque intérêt pour nous, est restée constamment au-dessous de celle qu'exercèrent respectivement, dans les mêmes circon-

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Stances, la Piussie et l'Angleterre. Au moment de la guerre de Crimée, il fallut envoyer une escadre dans les eaux du Pirée, pour contenir dans les limites de la neutralité l'expansion trop vive des sympathies slaves du peuple grec : et, lors de la révolution dernière, ce fut à TAngleterre d'assister à son tour et sous nos yeux au triomphe de son influence, lorsque les populations grecques se tournèrent de son côté, par un mouvement si vif, si spontané, si flatteur, en lui demandant un roi. Le souvenir de Navarin, celui même de la garantie de l'emprunt grec, étaient impuissants à donner à la France une influence égale à celle qu'assurait à la Russie une commune hostilité contre la Turquie, à l'Angleterre la cession attendue des iles Ioniennes. La mesure de l'influence

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que vous êtes appelé à exercer sur un peuple, c'est la communauté d'intérêts qui vous unit à lui ou la perspective de ce qu'il peut attendre de vous, nullement la reconnaissance pour les services rendus. L'une de ces deux choses arrive nécessairement : ou vous avez avec une nation des intérêts communs, et, alors, sans efforts et naturellement, toute influence vous est acquise sur elle ; ou bien vous avez des intérêts opposés, et l'influence est impossible à établir, ou bien elle coûte à établir plus qu'elle ne peut rapporter.

L'influence, par la ftature des rapports qu'elle crée nécessairement entre deux natiens, ne peut s'exercer que d'une nation puissante sur une nation plus faible. Elle suppose toujours d'un côté une certaine prépondérance, de l'autre une certaine dépen-

dance qu'une nation, égale en forces à une autre nation, ne peut accepter ni subir, parce qu'elles répugnent également à son patriotisme et à sa fierté. La Russie, la France, l'Autriche, rAniérique, l'Angleterre ne souffriraient chez elles aucune espèce d'influence, tandis qu'il existe des influences diverses, tantôt au profit des uns, tantôt au profit des autres, en Turquie, en Egypte, naguère encore en Espagne, et maintenant encore en Grèce, en Roumanie, en Italie, en Portugal, chez toutes les nations qui descendent la pente de la décadence ou qui font effort pour la remonter. Or il est dans la nature des choses que la nation qui reçoit l'influence en tire de plus grands avantages que celle qui Texercc ; car les avantages que peut tirer une nation puissante de ses rapports avec une nation fail)le sont nécessaire-

ment proportionnés aux ressources de cette nation qui sont des ressources bornées, landis que celte nation, avec ses faibles ressources, jouit de tous les avantages que lui assure une amitié puissante.

On désire donc nn[U(ence pour les aran- Uifjes qiCon espère en tirer; el, par la nature des choses j on ne peut exercer d'htiluence que sur des nations doitt on ne peut tirer rjue peu ou point d'avantages.

L'influence exercée tour à tour par la France en Grèce, en Italie, en Roumanie, a plus profité bien évidemment à ces divers étals qu'à la France. Pour prix de Tinfluence qu'elle exerce au delà des Alpes, la France garantit à l'Italie son indépendance, ce qui veut dire que la France se trouve tout juste affaiblie de ce qu'il lui faudrait consacrer de ses forces à la défense de l'Ilalie. Que la

guerre vienne a éclater, et Ja France serait forcée d'envoyer des troupes au delà des nionls, d'étendre considérablement sa ligne de défense, et de l'affaiblir en retendant. Uu'oa ne dise pas qu'il y a réciprocité, et que l'Italie garantit à la France ce que la France garantit à l'Italie. I.a réciprocité peut être dans l'intention, elle n'est pas dans les faits. Quand on n"a pu conquérir soimême son indépendance, on ne vient pas défendre celle d'autrui. Il ne pourrait y avoir réciprocité véritable que le jour où la France ne serait pas plus forte que Tltalio. L'influence de la France profite donc à l'Italie plus qu'à la France elle même, d*où il faut bien conclure que l'union des faibles et dos forts ne profite guère qu'aux premiers. Le jour où l'Italie unifiée sera devenue aussi forte que la France, elle aura rejeté Lin-

flueiice française. L'intimité, Tentente cordiale pourront encore exister entre les deux nations, mais il n'y aura plus, dans leurs rapports mutuels, du côlé de l'Italie celte déférence, du côté delà France cette prépondérance qui tiennent aux services rendus non moins peut-être qu'à l'expectative des services nouveaux; car il esl naturel, chez une nation qui subit l'ascendant d'une autre, de chercher à tirer tout le parti possible de sa condescendance. La nation protectrice ne peut espérer que la nation protégée se contente de satisfaire sa vanité sans essayer d'en tirer profit. Celui des deux gouvernements qui subordonne à Lautre sa politique s'efforce naturellement de mettre un prix élevé aux concessions mêmes dont il tire avantage, et de faire valoir, comme autant de services ou de complaisances, les mesures qu'il

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lui est impossible de ne pas prendre ou qu'il prei^d dans rintérèt de sa sûreté. S'il est vrai, comme se sont plu à le répéter, en deçà comme au delà des monts, les partisans de la convention du 15septend)re,que le transfert de la capitale du royaume d'Italie, envisagé comme une concession faite à la France, ait pour résultat de resserrer, de redoubler les liens qui unissent les deux Etats, « d'accroître leur solidarité, » il faut avouer que l'influence française devient de plus en plus profitable à l'Italie, mais qu'elle profite de moins en moins à la France. C'est ce qu'un publiciste de beaucoup de talent a reconnu avec na'iveté, et comme en se félicitant, par l'habitude prise de regarder toutes les affaires communes à la France et à l'Italie bien plutôt au point de vue italien qu'au point de vue français. « A considérer les

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choses d'img façon théorique, a dit M. Forcade\ ces arrangements présentent à V Italie de sérieux avantages. L'Italie ne fait ([n'une concession morale d'un caractère tout éventuel, elle obtient au contraire en sa faveur des gages très- réels de la part de la France. La solidarité qui unit la France à f Italie est considérablement accrue. La convention du 15 septembre efface officiellement les stipulations du traité de Zurich... Quoique de telles assurances ne soient point exprimées dans la convention du 15 septembre, l'Italie sans doute s'engage à ne pas attaquer l'Aiitriche au delà du Mincio, mais elle peut compter sur r alliance défensive de la France si elle était attaquée elle-même par r Autriche. » M. Forcade a raison, mais on n'est pas

* Revue des Deux blondes du 15 octobre 1804.

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plus Italien que lui. Ainsi donc l'Italie ne fait «qu'une concession morale, et elle obtient en sa faveur des gages très-réels de la part (le la France. » En retour de l'influence à laquelle elle consent, elle prend hypothèque sur la puissance française. Les finances, le sang de la France sont affectés désormais à la garantie de son indépendance, et il ne lui en coûte qu'une concession morale. La spéculation est heureuse; et il faut avouer qu'une bonne diplomatie vaut bien une bonne armée. Mais à regarder les choses de ce point de vue français, d'où l'on perd Ihabitude de les envisager, je ne vois plus autant matière à se congratuler de Florence à Paris et de Paris à Florence. Encore une indépendance comme celle-là à garantir, un trône ou deux à fonder au delà des mers, et la France, devenue la plus influente de

toutes les nations, n'aura bientôt plus, pour sa propre défense, ni un régiment, ni un vaisseau disponibles. Il est vrai que la race latine aura repris dans le monde le rang qui lui est du, et qu'une fois réhabilitée, sa reconnaissance, on le sait, est pour toujours acquise à la France.

Si la France, en créant Findépendance de l'Italie, a cru fonder du même coup l'influence française au delà des monts, il faut reconnaître que la France s'est trompée, et il faut ajouter qu'elle méritait de se tromper, car elle voulait des choses contradictoires. En effet, Fétablissemenl de l'influence française en Italie, c'est la négation même de l'indépendance italienne. Un peuple ne peut tout à la fois avoir une politique à lui, ce qui est proprement l'indépendance, et se soumettre à la politique d'un peuple voisin,

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ce qui est précisément lo contraire de l'indépendance; en un mot, un peuple ne peut tout à la fois dépendre et être indépendant. Les publicistes, les députés, les hommes d'État italiens qui répètent que l'union de la France et de l'Italie doit subsister jusqu'au jour où l'intérêt italien se séparera de l'intérêt français, ces publicistes, ces députés, ces hommes d'État répètent une chose pleine de sens ^ Ils sont dans l'esprit, dans la tradition de la politique française de 1859 qui a voulu constituer Tindépendance italienne; et l'indépendance italienne c'est précisément la séparation de l'intérêt italien d\ivec tout autre intérêt, le jour où l'Italie trouve avantage à cette séparation. Qui a voulu la cause

* Voir, dans la discussion sur le transfert de la capitale, au parlement italien, les discours de MM. de La .Marmora, Buoncompagni, Lanza, Tecchio, etc.

doit vouloir les effets. En créant un peuple nouveau, c'est-à-dire une force nouvelle appelée à s'exercer indépendante et libre, dans les complications internationales, le gouvernement impérial suivait évidemment une politique aussi désintéressée que possible, car une force indépendante se tourne quand il lui plait contre qui il lui plait.

Aussi lorsqu'un homme d'État italien, s'a dressant au gouvernement français, le rap pelle au respect du principe de non-intervention, dans une dépèche qu'il ne doit de pouvoir signer, en qualité de ministre du royaume d'Italie, qu'à l'intervention française de 1859, il n'y a pas lieu de se formaliser, à l'exemple des journaux officiels, ni de trouver l'éloge du principe de non-intervention singulièrement placé, dans cette bouche ministérielle. Cet homme d'État a

raison : il ne faut jamais violer le principe de non-intervention, et nous avons eu tort de ne le pas respecter toujours ^

Quand le général La Marmora parle avec noblesse de la conscience nationale, lorsqu'il sépare ce qui est national et ce qui est international, il établit une distinction pleine de justesse que nous n'avons pas faite en 1859, mais qu'il faut bien retenir, pour l'appliquer dans l'occasion. L'indépendance italienne était pour la France une œuvre éminemment internationale qu elle n'aurait pas dû accomplir seule; car ce qui est international ne peut être accompli par une seule nation, et ce qui est simplement national doit l'être exclusivement parla nation intéressée.

La conduite de l'Italie cherchant à se sous-

' Dépèche du général La Marinura adressée à M^ Nigra, 7 novembre 1864. — \o\. Appendice n° 6.

traire à l'influence française est donc irréprochable, puisque cette conduite est la seule qu'elle jouisse tenir, la seule qui soit conforme à la logique des choses; la France seule aurait tort de réclamer une gratitude qui aurait pour objet de mettre à néant le bienfait même dont elle a gratifié l'Italie. La France n'a pu donner avec l'intention de retenir, donner sous des conditions qui rendraient impossible l'usage de ce qu'elle a donné.

Le calcul par lequel une nation envisage, comme un accroissement de sa puissance, Lextension de son influence au dehors, est donc un calcul erroné, et tout ce que la re- (îherche de Linfluence semble devoir ajouter au prestige d'une nation, elle l'enlève à sa force réelle et à sa puissance véritable.

De même que la politique de propagande,

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la politique qui a pour objet la recherche de l'influence constitue une dérogation formelle au principe de non-intervenlion. Elle tromperait donc nécessairement les prévisions des gouvernements libres qui essayeraient de la pratiquer, qu'elle eût pour moyens d'action la diplomatie ou la guerre, Tintrigneou les services rendus. En France, elle n'a réussi ni à la Restauralion ni au gouvernement de Juillet-, ni à TEmpire ; il est permis de penser qu'elle tromperait tout de même l'attente de la France démocratique et d'autant plus sûrement qu'elle est plus difiicilement compatible avec la solution de ce difficile problème : rétablissement ou le maintien de la liberté dans les démocraties.

' Dans Taftaire du pacha d'Egypte.

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