‹ Du rythme en françaisChapitre 16 sur 41 · LA SYLLABE · texte numérisé non relu

LA SYLLABE

58. De la manière dont la syllabe est comprise ou sentie dans la composition phonétique, et indépendamment de sa valeur temporelle, intensive ou tonale, peuvent dépendre des possibilités rythmiques très diverses. Quelques indications doivent nous arrêter.

Entendue comme un groupe d'une ou plusieurs consonnes avec ime voyelle, l'existence naturelle de la syllabe est prouvée : historiquement, par récriture syllabique qui précéda l'écriture alphabétique ; physiologiquement, par l'aptitude des plus incultes à diviser leurs phrases en syllabes, des aphasiques à produire pour chaque mot les mouvements expiratoires correspondant au nombre des syllabes inarticulées.

o9. Mais comment dans une suite de mots la syllabation s'opère-t-elle ? Quelle est la limite de la syllabe, et par conséquent sa nature ? A-t elle même ainsi en tant qu'unité par groupement une existence acoustique réelle ?

Je me propose de démontrer dans Y Introduction à une Rythmique expérimentale que la syllabe par groupement, quelle que soit la scansion adoptée, est une opération de l'esprit, une convention, souvent indifférente, parfois trompeuse.

60. 11 en est de la syllabe comme du mot : il y a une syllabe métrique qui n'est point la grammaticale. Et à la syllabation qui donne les divisions habituelles suivantes :

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