I.A IKANSCRIPnON DE LA PAKOLE
tombé dans cette confusion de vouloir demander à un appareil de synthèseles qualités d'un appareil d'analyse : et il a cru pouvoir appuyer son invention sur une partie critique des moyens de transcription visuelle employés jusqu'ici, critique dune grande faiblesse et tout à fait rudimentaire. Les exemples qu'il donne de ses tracés sont aussi très incomplets, et l'examen en est pour ainsi dire inexistant.
Ceux-rnèmes. comme M. Ferdinand Brunot avec gon intempérance et son imprudence coutumières. qui voient dans une application exclusive de l'appareil Rosset la clé passe-partout dun mystère phonétique, reconnaissent qu'il est impropre à l'analyse physiologique de la parole, de ses articulations. Aucune analyse par cet appareil n'est donc possible, car on ne peut séparer la nature organique du son de sa nature acousiique: elles n'existent, elles ne se démontrent que l'une par l'autre.
9t. Nous ne pouvons songer à présenter ici les preuves expérimentales des légèretés apportées par M. Ilosset dans sa critique des appareils à tambours inscripteurs. Elles déborderaient le cadre de cette étude et de ces appendices ('). Rappelons seulement sur quel argument principal il met en doute la fidélité des inscriptions.
L'appareil ne serait « pas constant avec lui-même à quelques minutes de distance ><. témoins divers graphiques « traduisant les mêmes mots prononcés sans avoir eu l'intention de rien changer » : les « différences sont très nettes » (-). Mais comment l'appareil serait-il i)ius constant (pie la voix même ') VA la preuve de sa fidélité n'est-elle pas justement dans ces ■ ditlérences » ? Kst-il utile de rappeler que nous ne pouvons jamais répéter un mot mathématiquement de même ? qu'un son n'est jamais le même son, pas plus qu'un geste, et en dé[)il de tous noselTorts ? C'est la sensibilité de ra[)[)areil qui est le gage de sa fidélité.
92. Aussi bien, tous les mnycns inc<(Uiiqtics,({nii\s ([u'ils soient,
(i) Ces preuves viennent d'être données par M. Tabbé Rousselot avec une précision et une finesse souriante qui dispensent d'un autre travail. (Hevuc de Phonéli<iue, 3" Jase, qui n'avait pas encore paru lors de la rédaction de ces lignes. )
(j) Th. Rosset, loc. cit. p. aa.
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chargés de reproduire ou de contrôler les moyens naturels présentent une certaine ou grande relativité. L'appareil Rousselot n'y échappe pas; mais le phonographe et tout ce qui en dérive, pas davantage. Chaque expérience par un de ces moyens comporte un plus ou moins grand nombre d'éliminations nécessaires. Db plus souvent d'ailleurs elles sont infinitésimales par rapport aux à-peu-près, au jeu que nos organes laissent à nos sensations pour le plus grand bien d'une mobilité vivante. On remédie scientifiquement à ce relatif par la répétition de l'expérience et avec plusieurs sujets. Lorsque les mêmes phénomènes avec leurs modifications, se retrouvent au bout de dix, vingt expériences, et lorsque s'y ajoute la volonté de l'expérimentateur de se refuser à toute généralisation prématurée, on n'en peut nier la valeur. Enfin, quelle que soit l'imperfection d'un appareil, la même expérience peut ne pas être multipliée lorsque la méthode est sûre et que le sens critique de l'expérimentateur a fait ses preuves. L'important avant tout est l'excellence de la méthode, la conscience et la perspicacité de la critique. L'appareil le plus parfait donnera des résultats nuls avec une mauvaise méthode, tandis qu'une bonne en obtiendra de décisifs avec un instrument insuffisant.
93. D'un autre côté, les moyens mécaniques, même en dépassant nos sens, ne les égalent pas. Ils les corrigent, il les aflinent ; mais une fois corrigés et affinés, nos sens demeurent plus justes et plus subtils que les machines d'une perfection absolue. Cinématographes et phonographes sont insupportables à des yeux délicats et à une ouïe vraiment sensible. Mais tandis que to"ut appareil de synthèse reste très inférieur, d'une grossièreté qui tend à fausser même notre vision naturelle et nos auditions, les appareils d'analyse peuvent seuls achever l'éducation de l'œil ou de l'oreille en rectifiant leurs limites, en étendant leur domaine. La conséquence d'ailleurs est que, après cette éducation, nos deux sens se refusent plus naturellement qu'avant aux bonnes volontés qui leur sont demandées par les synthèses mécaniques.