NOS FORMES PRINCIPALES CONSCIENTES
J'éleuai sur l'orgie inatten/Zi'e
Ma voix bègue et sans art, \
Avec ma parole h\tii'e
Où la syWabe s'embarrasse. . . |
Etc..
Dans le premier exemple, après ces belles figures niélriques, Je mêlais dre.sst^. . .
Appu.v^, fébrile. . .
\.J KJ — —
la suite au pilier proche pourrait naturellement être notée :
Appuya, fébrile, au pilier proche
avec une longue sur pi (antépénultième du mot métrique : au
pilier proche) qui aurait, semble-t-il, l'avantage d'éviter les deux fortes lier proche ; mais cette dernière accentuation est préférable parce qu'elle fait image. La même forme se
retrouve d'ailleurs dans le groupe suivant : nn buveur, glabre. 'Sous croyons être parvenu à rythmer « dans une malédiction sonore » qui, quand même, demeure très mauvais.
Les derniers groupes du troisième exemple nous offrent une leçon délicieuse du déplacement de l'accent amené par la nécessité de l'image rythmique. Qu'on les lise sans appuyer la Aoix sur la forte initiale, et vous verrez ce qu'il en reste.
31. La strophe métrique. — Les correspondances des pieds ry(/inii(jut's devenant mctri(jncs sont dans le rylhmc slroj)/ii(jue passof/i'res ; la strophe mélriquc entend ctaldir des égalités si/nultanées et successives avec tous les élémenls du rythme : la respiration, l'accentuation, le numérisme. — Ls syllabismeesl accessoire.
1° Strophes métriques peu syllabisées.
W — ^' ww— w — w —
Le rêve chucho<tMes /eia'/les crises j+A-a-^
Dénonce, avec un rire, la moindre brise, î + 4-ï-3
Et on la sent qui passe, toute embaiime'f 4-a + i-3
ww w— «^ — «^ — w —
De quelque imour, encor.'de fleur pàm^e. . . 4-Î+4
L'année adolescente, d'un geste gauche, 2-Zi4-2-2
^ — ww>^ — w— s-/ —
Renoue, en sanglotant, sa Presse lâche 2+4-2-2
w — ^ — >-' — — ww —
S'impatiente, et rit, pleure, et se fâche i-2-i+3
w — w >-' w — Dans i'ombre diap/ianc ; 3-/i
J'entends la Mort qui fauche > 2-4
^ec l'Amour qui fane. 4-2
Francis Vielé-Griffin. — Fleurs du Chemin et Chansons de la Route, Juin.
Elle s'avance, comme je lu'ens, 1-2-1-1-3
A petits /^as, dans le silence, 4 + 4
La fteile nuit 6/eue,- regarde-moi bien, 2-3 + 2-3
Elle s'avance comme je ujens, 3-4
— — ^ — '^ — ^ — Très lasse et /en<e, et /anguissante. 2+2+2 + 2
— Quel ange entend la yieur qui croît, 2 + 2-2-2
La branche et /'ombre qu'elle balance, 44-4
Quel ange entend la nuit qui chante ? 2 + 2-2 + 2
Regarde-moi 6ien : elle c'est mot; 2-3 + 1-2
Je suis la belle nu(< qui danse. 2 + 4 + -!
Charles van Lerbergue. — La Chanson d'Eve, La Faute.
2° Strophes métriques rigoureusement syllabisées.
KJ W — WW>w/
Et /oi, la mère en releuai7/es, 2+2-4
tu te dresses. . . 3
tu prends ton peuple à pleines mains, 4+4
tu le presses, 3+
tu le tends 3
de tout ton é/an 2-3
à demain, " +
ww— w w — v^ — ^
à l'ardeur des prochaines aubes 3+3-2-
'^ — moins pdfes. .. 3
Henri Ghéon. — Foi en la France.