‹ Du Saint-Gothard à la mer (volume 2)Chapitre 10 sur 75 · CrlU» ili» \^ Khi^tir · texte numérisé non relu

CrlU» ili» \^ Khi^tir

Voh Toi >wi». hanment cité par Strabon, IV, iv, xil.

I |) >,,.»,- ,.MMi. « ,i.7i/N«/iMf*5 montium, licei a Callis Alpes vocentur, propt iûmm Ht,*uttu*H «.•,..'.'».,•♦♦•«•>••»•/; ^uas quinque vias Varro dicit transiri passe, ww yif r t «' f MM. t '««.tt,- /s» / heures: altéra qua Hannibal iransiit ; tertia qua Pêm- ^r**M !*•' ft*%^i*Ht*Hw M!um fr^fectus est; quarta qua Hasdrubal de GoOim, im

La plus méridionale de ces voies était, nous l'avons déjà dit, la voie Aurélienne, qui longeait d'abord la rivière de Gênes (i), franchissait les Alpes à la Turbie, au-dessus de Monaco (2), et se terminait à Arles, où elle était prolongée, dans la direction des Pyrénées, par la voie Domitienne. C'était la route d'Espagne.

A Arles se détachait aussi la route du Rhône ; nous venons d'en donner plus haut les différentes étapes jusqu'à Lyon.

Les autres routes d'Italie en Gaule partaient de Milan, Medio^ lanum.

La route du Nord traversait d'abord le Tessin, longeait ensuite la vallée de la Sésia, puis celle de la Doria Baltea, passait à Novare, Novaria, à Verceil, Vercella, à Iwé^ ^ Eporedia, et aboutissait à Aoste, Augusta prœtoria Salassorum, dans le pays des Salasses ou Salassiens. Aoste était la dernière étape de la plaine. Au devant se dressait le grand mur circulaire des Alpes : sur la droite, les Alpes Pennines ; sur la gauche, les Alpes Grées; au milieu, le massif du Mont Blanc (3).

Strabon décrit avec une très grande netteté les deux passages de la chaîne, l'un au-dessus, l'autre au-dessous du Mont Blanc. « Ceux, dit-il, qui partent d'Italie et veulent franchir les Alpes (au Nord-Ouest) doivent prendre la route qui passe par la vallée des Salassi (c'est le val d'Aoste) . Ce chemin bifurque : une des ieux routes, âpre et inaccessible aux bêtes de somme, gravit le Penninus ; l'autre, plus à l'Occident, gagne le pays des Cenfrones (4) (Tarentaise, vallée de l'Isère). » Et il ajoute que, pour je rendre à Lyon, la route inférieure, celle du petit Saint-Ber-

Ualiam venit; quinta, qua quondam a Grcecis possessa est, quœ exinde Alpes 'JraecéB appellantur. (Varro, Ad jEneid,, X, xiil.) (i) Voir pièce justificative III.

(2) In Alpe Maritima. Carte de Peutinger. Segm. 2.

(3) D'après l'ancien historien Cœlius Antipater, cité par Tite-Live, il ne serait >as impossible que les anciens eussent aussi connu le passage par le col de la Seigne, situé au sud du Mont Blanc et qui passe sur les croupes du Mont Cranont. Jugunt Cremonis (Annibalem) Calium per Cremonis jugum dicere trantisse. — Cf. TiTE-LivE, XXI, xxxviii. — Voir à ce sujet E. Desjardins, op. cit.

(4) Strab., Geogr., IV, vi, vu.

nard, Mons Gratus, par la vallée de Tlsère, était « la plus longue, mais la meilleure et la seule carrossable (i) ».

La route supérieure, celle qui passait au col du grand Saint- Bernard, Summus Penntnus, si nettement décrit par Strabon et par Pline TAncien (2), conduisait dans la vallée de la Dranse et de là au coude du Rhône, près de Martigny, Octodurum (3).

Ce passage du grand Saint-Bernard, connu de toute antiquité par les Gaulois, qui le considéraient, ainsi que nous l'avons dit plus haut, comme le sanctuaire redoutable du dieu Penn, fut ausà de très bonne heure fréquenté par les Romains, et est devenu depuis la conquête l'un des grands chemins des Alpes. César, dans ses nombreux va-et-vient d'Italie en Gaule (il a fait ainsi deux voyages au moins par an, de l'année 58 à Tannée 51 ar. J.-C.) (4), passait tour à tour par le grand, par le petit Saint- Bernard ou par le Mont Genèvre, qui lui étaient tous devenus très familiers. Caecina franchit le grand Saint-Bernard Tan 69 après Jésus-Christ, avec ses légions et les troupes auxiliaires gauloises et germaines, lorsqu'il effectua, à travers les Alpes, sa marche contre Othon pour venir au secours des villes de la Gaule Cisalpine, Novare, Milan, etc., qui s'étaient déjà prononcées en faveur de Vitellius. Constantin fit améliorer le passage en l'année 340. Ce fut le chemin suivi par les Lombards en 547, par Tarmée de Charlemagne en 773, par un corps de troupes de Frédéric Barberousse en II 66, par Bonaparte en 1800, au début de la guerre d'Italie.

A partir de Martigny, la route suivait le Rhône, traversait la cluse de Saint-Maurice, Tarnaïas y arrivait au lac de Genève, lacus Lemannus ou Lausontus^ près de Villeneuve, Pennelocus^ côtoyait la rive Nord du Léman jusqu'à Vevey, Vtbisco; là, elle

(i) *H [liv àjiaÇeu£(j8ai oyvajiévr] 6ià pLiQxou;irXg(ovo;, i^ 8ià Kevrpwvwv.

(Strab., Geogr.t IV, vi, xi.)

(2) Strab., Geogr., IV, vi, vu et xi.

Fores Penninœ. (Plin., III, xxi, i.)

(3) Voir pièce justificative VII.

(4) Voir M. E. Desjardins {op. cit.)^ qui regarde toutefois le Mont Gcn^"^ comme le passage des Alpes adopté le plus souvent par César.

LES VOIES ANTIQUES DE LA KÊGION DU RHONE. lag

remontait vers la partie supérieure du canton de Vaud, se rapprochait des lacs de Neuchâtel, de Morat et de Bienne, traversait l'ancienne capitale de l'Helvétie à l'époque impériale, Avenches, .'t VI' n lieu m, dont on admire encercles niînes nombreuses, l'amphithéâtre et le mur d'enceinte presque continu , se dirigeait sur Soleure, Solodunum. suivait la vallée de l'Aar et aboutissait à Augst, la plus importante ville des Rauraques, Augusta Rauracorum.

C'était, comme on le voit, la grande route de l'Italie vers la Germanie. Elle traversait à la fois les Alpes et le Rhône, et faisait communiquer la Gaule Cisalpine avec la vallée du Rhin. Elle portait officiellement le nom de « route de Milan à Mayence par les Alpes Pennines » et mesurait 419 milles, u Medxoîano per Alpes Ptnninas Mogontiacum m. p. m. CCCCXVIUI (i).

On ne trouve plus sur les itinéraires classiques aucune mention de routes régulières dans la vallée supérieure du Rhône, au-dessus de Martigny. I! est cependant probable que le Simplon était connu des anciens, et qu'il a dû être franchi plu.sîeurs fois dans les premiers siècles de notre ère, sinon par des armées régulières, du moins par des groupes isolés d'émigrants ou d'envahisseurs.

A défaut de textes, des inscriptions et des vestiges de voies romaines ont été trouvés le long de la vallée supérieure du Rhône (2), jusqu'à la hauteur de Brieg (3) et dans la gorge de la Saltioe, dont l'accès est assez facile, et qui s'engage sur les pentes boisées du Monte-Leone, le sommet le plus élevé du massif du Simplon ; et on peut regarder comme certain que, près de deux mille ans avant que le premier consul Bonaparte ait ordonné la (i) Voir pièce jusIiEcaUve Vil.

'■•CTiplion trouvée i Sion dans l'ancien 0 (M(m«HEx, Inscript. Hthilic. Zurich, 1854.) ^ De HaLler. Hehelien unlir der Rometn. ^- ÛEajASQiNS, t. I, tp. cil.

construction de la grande route militaire qui fait aujourd'hui l'admiration des touristes et demeurera Thonneur des ingénieurs français du commencement du siècle, le passage du Simplon a été fréquenté pan les peuples montagnards étages sur les deux versants de la chaîne italo-gallique. Alors comme aujourd'hui, c'était le chemin le plus direct pour passer de la haute vallée du Rhône dans celle du Tessin.

Nous avons décrit plus haut la route de Milan au Rhin par le grand Saint- Bernard, le \'alais et la Suisse occidentale.

Une deuxième route partait aussi de Milan et se dirigeait vers le Rhône en passant par le petit Saint-Bernard et la Tarentaise.

Les deux routes avaient un tronc commun de Milan à Aoste.

A partir d' Aoste, la deuxième route contournait, au Sud-Ouest, le massif du Mont Blanc, escaladait les Alpes Grées et franchissait le col du petit Saint-Bernard, Afons Graïus.

On entrait ainsi en Gaule par la vallée de l'Isère, en passant à Saint-Maurice, Darantasia; on se rapprochait du lac d'Annecy, C aidas ^ on franchissait ensuite les deux faîtes séparatifs de l'Isère et du Fier, du Fier et de l'Arve, et on arrivait à Genève.

La route suivait alors la rive septentrionale du Léman, passait à la colonie équestre de Xyons, Equestribus, à Lausanne, Lausoninn; puis remontait vers le Xord, traversait le canton de Vaud, rentrait en Gaule à Pontarlier, Ariorica^ descendait dans la vallée du Doubs à Besançon, VcsontiOj et finissait par gagner la vallée du Rhin.

L'Itinéraire d'Antonin porte sa longueur à 550 milles et la désigne sous le nom de « route de Milan à Strasbourg par les Alpes Grées », a Mcdiolaiio per Alpes Graïas Argentorato m. p. m. DL (i).

De cette route du petit Saint-Bernard se détachait un embranchement très important qui se dirigeait vers l'Ouest. Il est désigné

(i) Voir pièce justificative VI.

I dans l'Itinéraire sous la rubrique ; Item a Mediolano per Alpes Graias Viennam m. p. m. CCCVI/I. Il commençait à Moutiers, Daranlasia. suivait la vallée de l'Isère, passait à Conflans, ad Puèiicancs, à Chambéry. Lemincum, à Bourgoiii, Bergusia, et venait aboutir dans la partie de la vallée du Rhône la plus vivante et la plus peuplée, à Vienne, l'ancienne capitale des Allobrt^es, qui était devenue, à l'époque impériale, l'une des principales et des plus florissantes colonies de la Gaule (i).

Mais la grande voie de communication entre la Gaule Cisalpine et la Gaule Transalpine était celle de la vallée de la Durante, Milan était toujours le point de départ.

La route gagnait d'abord en droite ligne Pavie, Ttceno, et la vallée du Pô, qu'elle ne quittait qu'à Turin, Taurino. Elle passait ensuite à Rivoli, ad Oçtavum, à Suze, Scgiisione, à Oulx, ad Martis; elle escaladait alors le Mont Genèvre, Mons Matrona, et descendait dans la vallée de la Durance par Briançon, Bergantio, Embrun, Eburoduno, ei Gap, Vapincum {2).

Près de Chorges, elle projetait un premier embranchement vers le Nord-Ouest. Cet embranchement, qui n'est pas indiqué sur les itinéraires, mais dont on retrouve seulement le tracé ou plutôt le graphique sur la Table de Peutinger, suivait la vallée du Drac, traversait la Romanche et l'iscre, et passait à Grenoble, dont le nom primitif, Cuhro, a une physionomie gauloise très prononcée (3). Ce bourg de Cularo, si heureusement situé au pied des Alpes Dauphinoises, au centre du Grésivaudan, l'une des plus riches et des plus gracieuses vallées de la France, ne fut élevé que vers 380, sous l'empereur Gratien, à la dignité de cité, civitBS ; il se débarrassa alors de son vieux nom celtique et prit, en l'honneur de son protecteur, celai de Gratianopolis ; jusque-là, il n'avait été qu'un simple viens , dépendant de la colonie de Vienne, à laquelle il avait tout intérêt à être relié.

{() Voir pièce justificative V.

la) Voir pièces justificatives IV, VIII et XI.

(^ Nous avons ïu plus haut que cette route de Chorges à Grenoble, par

La route continuait donc, à partir de Grenoble, dans la direction devienne, suivait jusqu'à Moirans, Morginno^ la vallée de risère, et aboutissait enfin à la métropole des Allobroges, bâtie sur les collines boisées du Rhône, à son confluent avec la rivière de la Gère (i).

A Gap, la route se bifurquait encore en deux branches.

La première se dirigeait directement vers le Rhône en suivant la direction de l'Ouest.

Elle passait à Veynes, Davanio, franchissait le col de Cabre, Gaura Mons, qui sépare la vallée de la Durance de celle de la Drôme, traversait la petite ville de Die dans la Drôme, qui était autrefois la capitale des Voconces, Augusta Dea Vocontiorum, et aboutissait à Valence, Va lent t'a, et à Vienne, Vienna. Elle est désignée dans l'Itinéraire d'Antonin sous la rubrique : A Medùh lano per Alpes Cottias Viennam, m, p. m, CCCCVIIII {2).

La deuxième branche courait droit au Sud ; elle suivait la vallée pittoresque de la Durance, passait par Sisteron, Segusterone, Apt, Apta Julia, et Cavaillon, Cabellio, contournait la chaîne des Alpines, traversait Saint-Remy, Glanum, et venait enfin à Arles se souder à la fois à la voie Aurélienne et à la voie Domitienne. C'était la route de Milan à Arles, a Mediolano Arelate per Alpes Cottias, m. p, m. CCCCIX (3).

Ainsi, sans tenir compte de la route littorale qui venait de Gênes, traversait les Alpes Maritimes en vue de la mer et suivait plus ou moins fidèlement le contour de la côte de Provence jusqu'à Marseille, on pouvait pénétrer en Gaule par quatre directions, différentes qui passaient aux quatre cols du Simplon, du grandi Saint-Bernard, du petit Saint-Bernard et du Mont Genèvre; cX^ sur ces lignes principales s'embranchaient sept grands chemios

vallée du Drac et de la Romanche, était, à très peu près, celle qu'avait sui."V'i< l'armée d'Hannibal.

(i) Voir A. Allmer, Inscriptiofts de Vienne en Dauphiné, t. I. — Cf. Csi.*^ de Peutinger, segm. 2.

(2) Voir pièce justificative VIII.

(3) Voir pièce justificative IV.

qui permettaient tous d'arriver facilement dans la vallée du Rhdne.

Le premier, par le Simplon, descendait à Brieg;

Le deuxième, par le grand Saint-Bernard, arrivait à Martigny ;

Le troisième , par le petit Saint-Bernard , conduisait à Genève ;

Le quatrième, également par le petit Saint-Bernard, menait à Vienne ;

Le cinquième, par le Mont Genèvre et les vallées du Drac et de r Isère, conduisait aussi à Vienne ;

Le sixième, par la vallée de la Drôme, aboutissait à Valence ;

Le septième, enfin, descendait toute la vallée de la Durance, presque jusqu'à son confluent avec le Rhône, et se terminait à Arles.

Il faut enfin ajouter la route de la Corniche, vta Aurélia,

Cela faisait huit grandes routes partant de la vallée du Rhône pour se rendre en Italie

Mais ce n'était pas tout. Il existait, sur la rive méridionale du Léman, tout comme sur la rive septentrionale, une route littorale dont on a pu relever les vestiges sur un très grand nombre de points , notamment à Hermance, à Meysseri, etc., où l'on a retrouvé des bornes milliaires, aux noms de Constance -Chlore, de Septime Sévère, de Caracalla (i). On peut donc en conclure qu'une route *peu près continue entourait le lac autrefois, à peu près sur l'emplacement de celle qui suit le rivage moderne. Tout au moins

(') IMP . CAES . FLAVIO

VAL . CONSTANTIO PIO . FEL /// AVG . ET SEVERO . NOB . CAES

''^scription trouvée aux environs d'Hermance, probablement sur son ancien P*3.cement; car la distance de Genève à Hermance est bien d'environ sept "•^^^^s romains.

est-on sûr que cette route existait sur la rive suisse et sur la partie de la rive savoisienne qui longe la partie du Léman qu'on appelle « le petit lac » et qui s'étend de Genève aux abords de Thonon. Ces deux routes se réunissaient à Genève et, dès lors, n'en faisaient plus qu'une qui descendait le cours du Rhône, passait à une petite localité située à l'embouchure du Fier, qui portait le nom générique de Condate (i), et, tout en suivant le Rhône, aboutissait au confluent du Guier, à la station é^Augusium, que l'on croit reconnaître dans le village moderne d'Aoste (2) .

C'est à Aoste que la route de Genève rencontrait celle des Alpes ; elle se confondait alors avec elle, abandonnait la vallée du Rhône, serpentait à travers les petites collines du Dauphiné, passait à Bourgoin et se terminait à Vienne.

Toutefois, il est peu probable que la vallée du Rhône, qui présente, au-dessous du Guier jusqu'à Lyon, une plaine laiçe, riche et fertile, n'ait pas été desservie par un chemin longeant d'une manière continue le fleuve, dont les eaux commencent à perdre leur allure torrentielle et à devenir navigables. Malgré le silence des itinéraires, on est fondé à croire que ce chemin devait exister et qu'il devait se trouver naturellement en dehors du champ d'inondation. On ne saurait, en effet, rationnellement admettre que Lyon, au premier siècle, ville de création moderne, véritable citadelle, comme l'appelle Strabon (3), élevée au centre d'un vaste

(i) On verra plus loin, au sujet du confluent du Rhône et de la Saône, quel© nom de condate, qui correspond assez bien à notre mot coude, était appliqué ith> souvent aux agglomérations bAties à la rencontre de deux cours d*eau. — Cf. l'inscription de la corporation des bateliers établis au confluent {condate) du Rhône et de la Saône à Lyon : navtar(mw)... condeativm. (De Boissieu, Inscr» ont. de Lyon . 1 846- 1 854 . )

(2) Il importe de ne pas confondre ce petit village d'Aoste, situé à l'embof*"" chure du Guier dans le Rhône, avec celui du même nom qui se trouve sur •■ Drôme entre Die et Valence, et la petite ville piémontaise d'Aoste au pied du v^C^* sant italien du grand Saint-Bernard.

Voir A. Allmer, op. cit., t. I, sous la rubrique Embranchement d' Augu5tuif9>9- Genève.

Cf. Carte de Peutinger.

(3) Tô tï AoyySoyvov £v [{Aéero)] tij; x*'*?^^' eiTiv, woTcep àxpoTcoXi; 6tà tè Ta; <yv(Ji6*s»^" Twv TcoTaixtôv xai Ôià ta Iyyù; etvai, 7rà«Ti toî; (xspeTi. (Strab., Geogr., 1. IV, c. cv "* —

ûîoTCcp xai 'AypÎTTTra; evtsOOsv rà; ôooO; £T£(i.£, tt;v oià twv K£(x(X£V(i>v ôpwv (ISXP' loc"^^ "^

T.ES VOreS ANTtQl-ES DE I.A RÉGION DU RHONE. 135

bassin hydrographique et d'où l'autorité impériale pouvait aisémenl s'étendre sur tout le pays compris entre les Cévennes et les Alpes, n'ait pas été le point de départ d'une route remontant ^lectement le fleuve, établissant ainsi une communication permmente entre le haut Valais, pays des Helvètes montagnards, et le rivage massaliote.

Une pareille lacune eût été une véritable anomalie. U route latérale au fleuve, qui descendait de Brieg à Genève etdeGenèveà Seyssel et Aoste, ne pouvait être brusquement intenompuc pour reprendre ensuite à partir de Lyon, Elle continuai très certainement le long de la grande vallée et aboutissait M confluent du Rhône et de la Saône, au pied des collines de Fourvières et de la Croix-Rousse.

Nous avons vu plus haut que Lyon était le point de convergracede quatre roules importantes :

L'ane se dirigeant vers l'Ouest, traversant les Cévennes et I Aquitaine et se terminant sur les bords de l'Océan, près de l'emt«ucliure de la Gironde, dans le pays des Santones, à Saintes, Mcdiolanum Santoniim;

U seconde, celle du Nord, conduisant dans la vallée du Rhin;

U troisième aboutissant à la Manche par le pays des Belloïiques et des Ambiens, qui occupaient à peu près les vallées de la Seine-Inférieure et de la Somme;

La quatrième, enfin, descendant la rive droite du Rbâne de l.J'on i Sainte-Colombe en face de Vienne, traversant le fleuve iVitnne, le longeant ensuite sur la rive gauche jusqu'à la Médifcmnée et desservant la Narbonnaise et les villes marchandes du

Stnbon en rapporte, un peu légèrement peut-être, l'honneur Wdnàf à Agrippa, gendre et favori d'Auguste; mais on sait Bi>)oard'hui qu'elles existaient plusieurs années avant notre ère.

■■MiiT);; 'Axouicnsvist, xsi f^iul Tovf'ïivov, xalTpiTr,v Tr,ï in «fdiiB, (Sut.»., Gtogr., I, IV, c. VI.)

ijC PkfcMiÈKh: PARTIt — CHAPITRE DEUXIÈME.

A;^ri]^jVa l*:^ irouva toutes tracées et déjà très fréquentées, lors- <ju iJ vint «-xercer s^^n commandement à Lvon: il se contenta de ie? T*-x\\\\*zr et de le^> remanier suivant le type officiel adopté par i i:/: Il jjiiibi. ration romaine.

A «et ^^uatre routes il convient d'en ajouter encore deux :

^^rJlr dofil iiOu> avons parlé plus haut, et qui remontait la vallée rfiu Klione jus^juà Genève;

l.'ii*' dernière, «.-nfin, tracée presque en ligne droite sur la rive j^iiurlie du Kli/ine, alxjutissant à \'ienne et constituant un raci onnï d«- la route principale située sur la rive droite; on rap(>elait \ttiiir tfXit-, raison h; compcndium (i).

V'i«-nne, tout romme Lyon, était un centre de rayonnement. Six rouli'S y aboutissaient : deux venaient des Alf>es, deux de Lyon, uiu* d'Arles, la dernière de l'Helvie.

Nouti avons déjà décrit les cinq premières; nous ne dirons qu'un mot dr la dernièn*, la route de l'Helvie. Bien qu'elle ne ligun: ni sur la Table de Peutinger ni sur aucun itinéraire, son t'xibli lur ne saurait étn; mise en doute; et il est possible de la iiui\ re assf/ ixactt^menl, gr/ice à quelques bornes milliaires encore I II jiLiic .-siir son j>are()urs. I/une de ces bornes existe à Ampuis, à IiiiIm kiliimMiis de N'ienne, et porte les noms des empereurs Miivimr «l Maxiinin; une autre est à Andance, au nom d'un des hirt \\\ (\»nslahtih; trois autres au petit village d'Arras, sur les- 4|iu;lli -. »»h lit Ir^ noius irAurélien, de Dioclétien et de Licinius |iiit la roule était tout entière sur la rive droite du Rhône; elle tia\ri^ail la ii\ière ilu Doux près de Tournon. passait à Aps, Alha tL'L't,>ntm, vl de là se dirigeait sur les I*vrénées (2).

\i» \ v»ii jmu r |u>t(ttv,iti\o l\. l./. Ji^tunec de L\oî'. à \'icnne par l;i route d<

l \ u\i- ilunU' du UhCViu* était vlv Jj itiilîe^. celle par la rivo g.iuche \^en suivant ^^ i ."«,.»*. /v./..« ./.^ etviil itr 10 iiiille'». \'oir infrà, paijes 4.77 et 478.

\j> A AiUKK. îu\i ■ ■■>tij/t.^ jM:..i:tcs aV Vienne en DuuraÎKiK Arfendict f» ** ; .. '..'.*. '/t » .1 .w'.tx.» ..'Il t'/i '« 'Cit > K'jttTcs *ir 'cju ".mi ^e tcrritjir^ de lu Ct/Iof^ -• l. l. i /i ly^. kVui^. 1S75.

l lU" .lUiic KuiK* exi.xce à l\>urt».v»r, et porte le lîoitt de 'empereur T«icite; * pcu-»c 4U elle i ete tîoiuvx' >ur ^^l rwx: g.jiuche du Doux D'an> ce c;i5. elle ap| Lu-iuluiLl a;;v.' .'. la iv»»iî.e de 1 He'^iie.

Arles enfin, placée dans l'estuaire même du fleuve, était, comme

et comme Lyon, un véritable carrefour. Bâtie à la ren-

LmbIr des voies Atirélienne et Domitienne, sur un plateau qui ^^^uit de quelques mètres la plaine submersible, Arles est ^mfe pendant plusieurs siècles le point de passage obligé dtr toates les troupes, de tous les commerçants, de tous les fonctionnaires qui allaient d'Italie en Espagne.

C'était en même temps la tête de ligne de la principale route des Alpes, celle de la Durance et du Mont-Genèvre.

Citait encore le point de départ de la navigation du Rhône et l'ûrigine de la grande route latérale au fieuve, celle qui desservait Avignon, Orange, Valence, Vienne, Lyon et Genève, longeait le lacUman et allait porter la vie et le mouvement jusque dans les goiges profondes du \'alais.

Citait enfin l'un des premiers ports de l'empire; car les étangs Kle Rhône se mêlaient sous ses murs et formaient une vaste llgune dans laquelle se rendaient à la fois les navires du fleuve et «s navires de mer; et l'excellence de cette situation, à la fois naritime et fluviale, l'avait fait désigner, en 418, par l'empereur Honorius pour être le lieu de réunion de l'assemblée des sept previoces des Gaules (i).

An point de vue de la viabilité et de la variété des moyens de tmwport, Arles présentait donc des avantages incomparables et que nulle autre ville des Gaules ne pouvait songer à lui disputer.

Tel était, dans ses lignes générales, l'ensemble du réseau des voies romaines de la vallée du RJiône. Mais nous ne connaissons quimparfaitement les petites mailles, en nombre infini, de ce ré-

11) Dtta XV t«l. Maias Aceefia Arel. X. Cal. yulia D. D. N. N.. Honaria XII '^ntidpnt VI! Augg, Coss. Date du reacrit des empereurs Honorius et Théo- ™*lr Jeune adressé, en l'an 418, au préfet des Gaules, siégeant dans I.1 ville

seau dont les itinéraires, les bornes milliaires et les textes classiques nous ont donné seulement les linéaments principaux.

Nous savons seulement, par les témoignages de plusieurs auteurs de Tempire, que ce système de voies militaires, viœ militares (i), était complété par toute une série de routes transversales de moindre importance, viœ vicinales y construites aussi à chaux et à sable, pavées et entretenues soit par les municipes, soit par les pagi et les vici qu'elles desservaient, soit enfin par les populations riveraines, et quelquefois subventionnées par l'État (2).

Enfin, de ces diverses routes vicinales, qui constituaient ce que nous appellerions aujourd'hui le réseau départemental et vicinal, se diffusait, comme les menues branches d'un arbre immense, un nombre considérable de chemins d'exploitation rurale, viœ agrariœ^ qui n'étaient ni pavés ni entretenus régulièrement, et qu'on désignait pour cette raison sous le nom de chemins de terre, viz terrenœ (3).

C'est avec cet outillage de transport admirablement conçu et non moins bien administré par des fonctionnaires spéciaux appelés curatores, quatuorviri viarum curandarum, duumviri viis furgandis, etc. (4), qui correspondaient assez bien à notre corps des ponts et chaussées moderne, que Rome, après avoir conquis le monde par ses armes, le maintint solidement sous sa domination et put en organiser l'exploitation à son profit de la manière Is». plus fructueuse et la plus méthodique.

Ce magnifique mécanisme fonctionna régulièrement pendan.t: plusieurs siècles ; il était si merveilleusement établi, tous les reîssorts en étaient si bien agencés qu'il put continuer à se mouvo"i.r et à rendre les plus grands services, même après les premières

\\) On les a appelées successivement via consulares, viœ prœtoria, via mi*'* *' res, via regiœ, via regales, via solemnes, via publica, aggeres puhlici, ^^ (P. BiAL, Chemins, habitations et oppida de la Gaule au temps de César» oP- ^-" ^

(2) SicuLi's Flaccus, De conditionihus agrorum, J. Paull'S Jurisc, Recept. Sentent.

Bëkgier, Histoire des grands chemins de l'empire romain, op. cit., pass.

(3) Privata (via) sunt quas agrarias quidem dicunt . . . vias terrenas. (Ul*** — De via public, et de itiner. publ. reficiend., I. II.)

(4) Les magistrats nommés par l'empereur pour la direction et la surveîl* "*

liions barbares et alors que l'empire s'effondrait de tous côtés, I par le seul fait de la vigoureuse impuîsion donnée, et malgré l'în- I suffisance et quelquefois même le défaut complet d'entretien.

Toutes les routes romaines étaient encore à peu près prati-

I cables du temps de Charlemagne; et c'est très certainement à

l'aide de ces grandes voies militaires, précieux legs du vieil

empire romain disparu, que le grand empereur de la nation fratike

put mener à bonne fin ses principales guerres à travers l'Europe

occidentale. Son génie lui en faisait comprendre toute l'impor-

lânce; et il conçut, lui aussi, de vastes projets de travaux publics;

tn^sces essais de restauration ne reçurent qu'un commencement

d'eiticution et ne tardèrent pas à s'abîmer dans l'anarchie féodale.

La grande route du Rhône, sur laquelle des nations entières

avaient circulé librement pendant plusieurs siècles, fut alors,

comme toutes tes autres voies de communication, fragmentée en

plusieurs tronçons à peine viables, sur lesquels la circulation devint

déplus en plus pénible et où le commerce trouva de moins en

DKKnsde sécurité.

Tout était local, fiscal et oppressif au moyen âge. Loin de favoraer la rirculation, on s'ingéniait à trouver mille moyens pour l'entraver. On barrait les passages, on détruisait les gués, on cou-

ànoinu

publics portaient, a

liva

«litradc

t:<"GhniHarum.

alvei Tibrrii.

ehacamm Urtit.

Tiifris el rifarum.

nquaruiH.

^rum pMUorum.

ofemm lacorumque pubU

^ium ,atrafum.

*dium lacrarnm m

tuilicomm lutndor

Ou ntratotts ofemm

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tx publics, clcap. cit.)

pait les routes, on rançonnait les convois. Sans doute, il serait injuste de ne pas admirer tout ce que cette époque, intermédiaire entre la civilisation antique et la civilisation moderne, eut de religieux, d'héroïque et de chevaleresque; mais il est aussi impossible d'en méconnaître le caractère violent, brutal et destructeur de toute œuvre de prc^ès matériel. Ace point de vue, le système féodal fut un véritable retour à la barbarie; et il semble que son objectif ait été de détruire presque partout la magnifique ordonnance de l'héritage romain.

C'est de notre siècle seulement que date, en fait de viabilité, le retour dans la voie du progrès; et nous n'avons eu rien de mieux à faire que de reprendre les traditions romaines, en y apportant les perfectionnements et les améliorations de l'industrie moderne.

Toutes les routes qui longent aujourd'hui le Rhône, toutes celles qui remontent ses affluents et qui mènent de la vallée principale aux sommets des Alpes, sont les mêmes, dans leur direction générale, que les grandes voies militaires qui formaient en quelque sorte le premier réseau de l'empire et les chemins secondaires qui en constituaient le deuxième réseau.

L'histoire du fleuve et des routes qui y conduisent est ainsi intimement liée à celle de la civilisation dans le Sud-Est de la France. La vallée du Rhône est encore aujourd'hui ce que la nature l'a faite, ce qu'elle était déjà il y a trois mille ans, ce qu'elle est restée pendant plus de vingt siècles, ce qu'elle sera toujours : la grande voie commerciale et politique des peuples méditerranéens.

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