EX LEG XIIII . GEM
POENINO . V . S . L . M.
dans laquelle on doit lire, au lieu de Mic, mhc {missus honesta missione)^ et qui doit se traduire :
« Felicion ayant reçu congé comme soldat de la légion XIV*, Gemina et Tereniia Prisca ont acquitté leur vœu à Pœninus. m
(i) LuiTPRAND, Histor., I, IX.
Carlo Promis, Le antichità di Aosta, op. cit.
du petit Saint-Bernard, le Mgns Grains (i), qui a donné son nom à la chaîne des Alpes Grées, Alpes Graiœ (2).
Ce sommet, coinine celui du Pennînus. était aussi consacré à Jupiter. L'hospice du petit Saint-Bernard s'est appelé, jusqu'en fjjj. ■ la maison des pauvres du Mont-Jupiter, domtts pavperum Mentis Jovis (3) n. Sur la crête de la montagne se dressait une magnifique colonne de gneiss porphyroïde, qui s'appelait « columna Jovis, colonne de Joux ou de Jupiter » , et qui avait été plantée, dans les premiers siècles de notre ère, en l'honneur du maître des dieux. Au douzième siècle, le plateau supérieur qui domine le col portait encore le nom de Mont-Jouvet. C'est d'ailleurs sans aucune raison sérieuse que Pline et Ammien Marceilin, s'appuyatit sur la légende d'Hercule, ont donné à cette partie de la chatne le nom d'Alpes Grecques, Alpes GraisioM même Gr^cse (4); et i! est beaucoup plus lexique de penser que cette désignation latine de Grai<e (Alpes Grées) a été engendrée par le vocable crau ou craîg, qui rappelle à la fois le celtique k(trn, katrn, pierre sacrée, et l'ionique Moya'o;, pierre, rocher, et a dû être le nom primitif de quelque divinité topique, analogue au dieu Penn du grand Saint-Bernard.
Comme dernière preuve, enfin, de la fréquentation de ces deux passages aux époques les plus reculées de l'histoire de la Gaule, et du caractère religieux qu'on attribuait aux sommets escarpés qui les dominaient, il convient de mentionner le cromlech, si fièrement planté au-dessus de la route moderne, et qui se composait d'une cinquantaine de pierres brutes d'un demi-mètre cube environ, Cellianisqite Alpibus, pars Monle Craie traducunlur.
(l) Ltgiinut... Pmnh (T*OT., Hist.. IV, uxvni.)
(3) Tv Si Tak 'AXtcmiv... (Ptol..
Voir piècei justificatives IV et V, (3) Demm iandi Bfrnardi MontU ya
HvspU
lie Mottlis Jiiiris. Voir chartes
Caslo Promis, Le anlichilà di Aesla. Torino, 186a.
U) ffusdfn extTcilHS fHtrculisJ el Graios fuisse
at. (Plik.. III.1
AmN. UtSCRLL.. XV, X. 9.
Varro, Ap. Sfrvium ad Virg. jEneid., X, xui. PSTROIt. Sal. 132.
lio PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE DEUXIÈME.
ilispor^s circulairement à trois mètres de distance les unes des autres et dessinant une circonférence de soixante-dix mètres de rayon (i). Ce cromlech, le plus élevé peut-être qui existe an monde, — son altitude est de 2,500 mètres, — fut très certabeincnt, à Torigine des temps, le temple primitif de la divinité protectrice du passage.
On le voit donc : dès les premiers temps historiques de la Gaule et de ritalie, c'est-à-dire cinq ou six cents ans avant notre ère, des communications régulières existaient entre les deux versants de la chaîne des Alpes. On est même certain que le nombre des passages n'était pas limité aux trois cols du Mont Genèvre, du grand et du petit Saint-Bernard.
Polybe, en effet, cite quatre routes pour sortir de l'Italie et pénétrer en Gaule (2).
Un siècle après Polybe, Varron, contemporain de César, en comptait cinq (3) . Les textes sont sans doute un peu confus et laissent prise à bien des interprétations et des commentaires; mais les itinéraires classiques permettent de les éclaircir et de les compléter; et, grAce i\ eux, il est aujourd'hui possible de dessiner Iv réseau des voies romaines à travers les Alpes avec une précision très siitisfaisante.
(i) Cario Promis, Le antickità di Aosta» op. cit.
HdRRFi , fitude sur Ifs monuments de Vantiquitè dans la Tarentaise, 1875.
(j» C'r* quatre panwges sont :
r 1.1 r\ïuto lie \a Corniche sur le rivage de la mer Tyrrhénienne ;
j" Crlle i\\\ pays îles Taurini par le Mont Genèvre;
1* ("rllr \U\ p.iv^ lies SaUssi par le val d'Aostc (grand et petit Saint-Bernard);