I. IV, c. i
I tlta KiEiûiTSi F>cxpi "^"^ TiiXMna noTajwû, xavciûSfv iflii xarapfpETai «t;
Ixwviv nai Toùî A);(oSiou; Kol KaliTou;, ta ic lOvre* e!t ^v BpetttwIKi^ iloirciiiï
!'44tupqv>ȕ ipi[ioc Imtv (Strab., 1. IV, c. 1, 14.)
) init i' fativ &{tic xal iumnàntouc 6 "Foiàvo;, iivâ xSn ivitûSiv çopTiun
«■(nitTat |tâUj» Tal( àpiiâjuiïatt. Sas il; 'Apouipiou; KO|iJCiTai Mal tiv Atiyripii rotb- |Mv, xgtixip ToO 'PoînïoC ■a'I iqûtoiï jtliiaiiïoïiot ix iiipou;' 41).' ^ Mbç iteîtàî oJoa x«l tA iroiXit, xipl iiTOHDiitauc <naiiauc, htirfivu (1^ -^fp^ssoflit t^ àvaic).<jS Sià th reC'ÛfiitH tixeAtt i' 0 Aii^ilp ùpuâc ixS^iToil, pcl ii h. tûv Kï|t|iivuv lît lin Qaitniv. ^p, (Strab., Céegr., 1. IV. c. 1.)
La remonte d\i Rhône n'était d'ailleurs pas toujours commode en tout temps: et. pendant les crues ou les basses eaux, le commerce suivait quelquefois, de la Méditerranée à la haute LoirCf une route de terre plus ou moins sûre à travers les Cévennes et les montagnes du Gévaudan i .
Mais le fleuve était, autant que possible, le chemin préféré et le plus ordinairement pratiqué : et. quelle que fût la destination des navires phéniciens ou massaliotes qui remontaient vers TOuest et le Nord pour s'engager dans les vallées de la Loire, de la Seine, de la Moselle ou du Rhin, le confluent du Rhône et de la Saône était un pK>int de passage que l'on ne pouvait éviter, une escale tout à fait obligatoire.
Là, se trouvait une grève plate formée d*alluvions, couverte d'oseraies. le long de laquelle les bateaux pouvaient s'échelonner à l'abri du courant et sur laquelle on dut établir de très bonne heure des baraquements et un entrepôt.
La topocrraphie des rives se prêtait d'ailleurs d'une manière très favorable à l'établissement d'un centre de population suivant les besoins assez modestes de ces époques éloignées de nous d'une vintjtaine de siècles.
Le confluent du Rhône et de la Saône n'avait pas lieu, comme de nos jours, vis-à-vis du faubourg de la Mulatière. Toute la presqu'île alluvionale qui forme le cœur de la grande agglomération lyonnaise n'existait pas encore. Les deux cours d'eau se réunissaient au pied même de la colline de la Croix-Rousse; et l'escarpement des coteaux de Saint-Irénée et de Saint-Just, couronné maintenant par l'oratoire de Fourvières, dominait alors non la rivière de la Saône, comme on le voit aujourd'hui, mais le Rhône
(i) P. BiAL, Chemins, habitations et oppicia de la Gaule du temps de César.-' (Mémoires de la Société d'émulation du département du Doubs. Besançon, 1862.)
lui-même, qui avait déjà reçu les eaux de son affluent, presque en face de la place des Terreaux moderne.
En fait, la jonction du Rhône et de la Saône s'opérait à quatre kilomètres environ en amont du point où elle a lieu actuellement.
Au-dessus de ce confluent, deux plateaux dominaient le cours des eaux : ta Croix-Rousse et Fourvières. Nul doute qu'ils n'aient été habités d^s la plus haute antiquité. Celui de Fourvières surtout présentait les meilleures conditions pour l'assiette d'un oppidum en état de résister sérieusement à toutes les agressions du dehors, et pouvait donner abri, aux jours de danger, à ces populations très bariolées d'origine, groupées à la base dans les îles du confluent.
L'oppidum de Fourvières n'a dû être dans le principe, ainsi que tous les oppida celtiques, qu'un plateau retranché. On y accédait, comme de nos jours, par des chemins en lacet. Au sommet se trouvait une plate-forme assez étendue, d'où la vue s'étendait au loin dans la plaine et le long des deux vallées. C'était non seulement un refuge difficilement accessible, mais un excellent poste d'observation.
Il n'en reste pour ainsi dire plus de traces. Le sol aété ameubli et remanié à plusieurs reprises, Les vestiges anciens ont disparu sous les constructions modernes, et tout essai de restauration serait purement fantaisiste. Toutefois, il est certain que les oppida de l'époque celtique étaient tous construits d'après des règles et sur un type invariables. Celui de Fourvières devait donc présenter les mêmes dispositions générales, les mêmes ouvrages de défense, le même mode de construction que ceux que l'o tant d'autres points de la Gaule.
Un oppidum comprenait nécessairement un embrassait dans son enceinte la partie supérieu de ta colline et suivait fidèlement les ondulations du sol. Les parties saillantes de ce mur de circonvallation étaient renforcées par d«s ouvrages spéciaux dont on arasait la crête à un niveau supé- 'Vur à la muraille, et qui étaient destinés à la soutenir ou à •'étayer si les défenseurs venaient à faiblir. Ces ouvrages, castetla.
1 a retrouvés sur
mur contmu qui e et mamelonnée
354 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE gUATRiftME.
jalonnaient Tenceinte de distance en distance, et formaient autant de bastions que flanquait la ligne continue de la fortification. Au devant, et lorsque les parois du plateau ne présentaient pas ime falaise à peu près à pic, comme celle qui surfdombait le Rhône, on creusait un fossé assez large pour isoler le pied du rempart. Le mur était formé de gros blocs appareillés sans ciment et endwvètrés de pieux et de troncs d'arbres; et Fensemble de la fortification constituait ainsi une véritable citadelle avec ses glads, son escarpe, ses fossés, ses tours, ses bastions et ses ouvrages extérieurs ; citadelle presque inexpugnable, si Ton se rqxnrte an moyens d'attaque assez médiocres des époques primitives, et qne des hommes résolus pouvaient occuper pendant des mois entien avec une sécurité à peu près complète. La résistance pouvût être en quelque sorte indéfinie. La seule limite était celle des vivres, du bois et de l'eau.
Cette question des approvisionnements, la plus importante de toutes, était loin d'être n^ligée.
En première ligne venait l'eau. Lorsque qudques sources sobitaient sur le plateau, on avait soin de les aménager avec une prudente réserve; mais il fallait prévoir leur tarissement après quelques semaines de blocus ou une sécheresse prolongée. Aussi, pour ne pas être exposés à mourir de faim, de soif et de froid sur ces plateaux en général assez arides, les différents groupes d'émigrants étaient tenus d'apporter avec eux non seulement leur blé, leur vin et leur huile, et même des provisions pour le bétafl, mais encore Teau et le bois qui pouvaient à la longue faire défaut.
Ces transports duraient plusieurs semaines ; et celui de Teau eo particulier avait lieu avec un nombre considérable de grandes amphores à deux anses dont le type nous a été parfaitement cmiservé, et qu'on hissait à dos de mulet à travers les zigzags de la colline. On renouvelait plusieurs fois ces approvisionnements pendant le siège, lorsque les assaillants ne serraient pas de trop près l'enceinte ou que l'on pouvait tenter des sorties avec quelque chance de succès. Mais, dans la précipitation de ces va-et-vient, le long de sentiers étroits, encombrés de fuyards ou d'émigrants
de tout âge, de tout sexe et de toute nature, un très grand nombre de vases étaient brisés, et ceux qui survivaient à ces transbordements tumultueux étaient en général mis en pièces à leur tour après avoir été vidés. Ainsi s'explique tout naturellement la quantité véritablement prodigieuse de débris de poteries dont les murs de presque toutes les enceintes celtiques sont criblés, et qui tapissent quelquefois le sol des oppida.
Pendant l'été, les émigrants installaient à l'extérieur, et souvent autour du mur d'enceinte, des gourbis de ramée, couverts de tentes grossières. Fendant l'hiver, on se mettait à l'abri sous de misérables cabanes construites de troncs d'arbres et recou- ' vertes d'une épaisse toiture de chaume ou d'oseraies. Les bétes de somme et les troupeaux paissaient au piquet ou en liberté en dehors des courtines, et l'on vivait ainsi tant bien que mal sous des hangars ou en plein air, en ménageant les provisions que l'on faisait cuire dans des fours assez habilement ménagés contre le parement intérieur du mur de ceinture. Au moment du danger, femmes, enfants et troupeaux étaient ramassés dans l'intérieur de l'enceinte; les hommes valides défendaient le pied de l'escarpe; les plus faibles réparaient les brèches de l'attaque, et l'on attendait de la fortune et du sort des armes l'heure de la délivrance ou celle de la mort (i).
L'ensemble de l'oppidum était, on le voit, assez semblable à la plupart des villt^es kabyles, presque tous perchés sur de petits mamelons d'un accès difficile; et leur physionomie générale devait présenter une certaine analogie avec celle des « douars » de l'Afrique actuelle, qui, depuis près de quatre mille ans, ont conservé presque sans altération les traits caractéristiques des populations pastorales et guerrières de la plus haute antiquité.
Tel devait donc être l'oppidum de Fourvières à ces époques
(1) Charles Le.mhékic, La Grèce et l'Orient en Pruvence, inirod. Paris, 1878.
Voir pour ces détails si précis : L'opfîdum de BîbracU (Haut Beuvray). par G. ButLiOD; L'appidum de Nages (Gard), par E, FloUEST; Les ouvrages de fûrtifitisliani des oppida gaulois di Murcens, d' Ujellodununt et de l'Impirnat, par E- Ca^stauné, et surtout la nouvelle Édition de VHâtain géntraU dt Langiudûc, I. II, ch. *xxiv et notes. Toulouse, 187a. 1
primitives, qui marquent le seuil de l'histoire écrite dans nos contrées, c'est«4i-dire cinq ou six cents ans avant notre ère.
L'oppidum n'était en général qu^un lieu proviscHre d'asile ou de refuge, et ne contenait pas dans le principe une population permanente. Ce n'est que quelques siècles plus tard que ce genre de campement s*est transformé en agglomération définitive, et que les habitants ont commencé à occuper à poste fixe le castelhm retranché, dont les cabanes furent dès lors construites avec plut de soin et appropriées en vue d'une installation durable. L'oppidum fut dès lors r^ulièrement constitué; et ses habitants purent être appelés, suivant l'expression parfaitement juste de César, dei oppidant{i).
L'agglomération lyonnaise primitive comprenait d'ailleurs deux groupes très distincts. Sur la hauteur, reliée par les plateaux supérieurs à l'ensemble du pays celtique, était le camp retrsiidié et la population indigène, guerrière, pastorale; sur la rive, le long de la grève et dans les lies du confluent, s'allongeait la ville marchande et cosmopolite en communication facile et pennanente, par le Rhône et la Saône, avec le Nord de la Gaule et le littoid de la Méditerranée. Cette ville des étrangers était principalement peuplée d'Orientaux et de Grecs, suivant en cela la règle constante qui porte les marchands et les commerçants de tous les paysi s'établir immédiatement dans les fauboui^s , sur les berges des fleuves , aux lieux mêmes de leur arrivée. Pour tous les trafiquants italiotes, grecs ou asiates qui remontaient le Rhône, le point de débarquement indiqué ne pouvait être que le confluent.
Dès les premiers jours de son existence , Lyon nous apparaît donc d'une manière fort nette divisée en deux étages : — l'étage supérieur, occupé par une et peut-être par deux acropoles, si l'on admet, ce qui est très vraisemblable, l'existence d'un oppidum sur le coteau de Saint-Sébastien ou de la Croix-Rousse, comme
(i) César désigne, à plusieurs reprises, les habitants de Voppidum à^VxeUdif num (Lot) sous le nom à^oppidani. La même désignation est donnée aux habi* tants de Voppidum des Toîosates (Vieille-Toulouse). — {Hist, gèn, de LanpuiM» notes E. B. pass.)
tE CONFLUENT DU RHONE ET DE LA SAONE.
il en existait un sur le coteau de Saint-Irénée ou de Fourvîères ; — l'étage inférieur, qui se développait sur les berges des deux fleuves et dans les tles du confluent , présentant un amas confus de hangars, de huttes, de baraques, de lieux de dépôt pour les marchandises et de séjour pour les étrangers. C'était Vemporium. Au sommet, le « boui^ » autochtone; à la base, la n marine » cosmopolite : telle a dû être, telle a été, pendant de longs siècles avant notre ère, la constitution de la grande ^glomératîon lyonnaise..
Lorsque, l'an de Rome 696 (58 ans avant J.-C.) , César pénétra dans les Gaules, le pays était divisé en quatre parties très distinctes. Au Sud et à l'Est, un vaste territoire qu'on appelait la « Province », Provincia, et qui correspondait à peu près exactement à nos trois provinces du Languedoc, de la Provence et du Dauphiné, formait déjà une partie intégrante de l'empire, et était destiné à devenir bientôt, suivant l'expression de Pline, 0 une véritable Italie (i) n. Le nom caractéristique de a Provence « a été conservé à la partie la plus méridionale de la Province romaine, sur laquelle d'ailleurs les légions avaient déjà mis le pied depuis près d'un siècle, à la faveur des dissensions qui existaient entre leurs alliés les Grecs de Marseille et les peuplades ïbéro-ligures qui occupaient toute la région littorale. La véritable Gaule indépendante et guerrière, celle qu'on appelait la « Gaule Chevelue », Gallia Comala, se composait de trois groupes très tranchés : au Nord les Etelges, au Sud et à l'Ouest les Aquitains, au Centre les Celtes (2] .
tuUti,
tnda. brevilerque Ilatia i
mpUludln,
(I) ^g' fravinciarum poalfe I. m. c. IV, )
(a) Gallia ni omnis divisa in parles 1res, guarum unant incolunl Belga, aliaii Agaitani, Uriiam, gui ipsarum lingna Cella, naîtra Galli appeUanlnr... Iflms. BtU. Gall.. I. I, 1.)
Ils occupaient toute ta région comprise entre le Rhin, l'Océas, les Pyrénées et la Province romaine. On l'appelait a les Tniû ' Provinces w , Très Provincix, ou n les Trois Gaules » , Trti GaîUw (i). Ces trois groupes étaient eux-mêmes fractionnés ^ i un nombre considérable de tribus, n'ayant le plus souvent entit elles aucun lien fédératlf, s'épuisant en démêlés perpétuels, étian-
(O Us %< Trois Prcrt-inccs" ou le* «Trois Gaulei » — la L/oanai» ou C«^ liqu«, l'AquiMnique et la Bcigiquir — sddI figurées sur une médaille d'argent d( Gaiba dont l'avers représente l'empereur \ cheval avec la légende SERV. <àUtt IMP-, et le revers trois tête» de femmes avec de» (pis et la légendr tues cuul- (JaC, Spon. Jitrherchei dei antiquUfs rt CHrtosHfs de ta viHe de Lyen. nntitum cele-nie Jfs Komains fl capitale de la Gaule Celtique. Lyon. 1673. — De BoisMB!, Inacriptians antiqKti de Lyon. Lyon, 1846-1854.^ Cette médaille fait pirtis aujourd'hui du cabinet de France. — Cf. OuRfï, Histoire des Romains.
Dans le partage des conquêtes de César entre Au^ste et le Sénat, les quatre provinces qui constituaient la Gaule, — la Narbonnaise ou la Province pn^»ment dite, la Lyonnaise ou Celtique, l'Aquitanique et le Bilgium, — tr^ récemment agrÉgfes â l'empire et trop remuantes pour ne pas être conWM» par la force jusqu'A ce qu'elles fussent disciplinées et tout \ fait u romanisécs •■ Furent placées sou» l'autorité suprême d'Auguste. L'habile et paeiHqne coottnuateiir de César ne conserva l'administration de la Narbonnaise que pendait cinq ans et la rendît au Sénat couverte de colonies et intimement liée i l'noM de l'empire; mais il retint sous son pouvoir toute la n Gaule Chevelue i>, c'està-dire les <• Trois Province» n. (De Bo(sjs:eo, ap, cit., c. vii.)
C'est ?i res ii Trois Provinces n que se rapportent les nombreuses inscriptiom antiques sur lesquelles ou lit ; u Tret Pravincim CaUi<i h. Nous ne citenMU ^ deux de ces inscriptions qui rappellent le cêlibre temple de Rome et d'Angutt établi au confluent du RhAne et de la SaAne par les soixante peuplades de h u Gaule Chevelue h,
La première porte le nom de l'Arveme ou Auvergnat Caius Strriliut léttit- Hus, prêtre attaché à la dévotion de Rome et de l'Empereur divinisé. C«i prêtres auguslaui portaient indifféremment les titres de tactriaUi Ktmstt A ugusli, sacerdoles ad templum ou ad aram, ou même plus complètement ttatdoles Roma et Augustî ad aram ad confiumtes Araris ti RAodani.
L'inscription est ainsi conçue :