‹ Du Saint-Gothard à la mer (volume 2)Chapitre 28 sur 75 · III. LYON SOUS l'empire. — MONUMENTS ET POPULATION · texte numérisé non relu

III. LYON SOUS l'empire. — MONUMENTS ET POPULATION

Les cultes orientaux à Lyon. — Mithra et la Grande Mère. — Autels tauroboliques. — Importation du christianisme, favorisée par les relations commerciales avec l'Orient. — Premières associations chrétiennes constituées dans la forme des Collegia. — Indices chrétiens au premier siècle. — Mission grecque de saint Pothin. — La persécution de l'an 117. — Difficulté de préciser l'emplacement du martyre des premiers chrétiens lyonnais.

Recherche de la population de Lyon à l'époque romaine. — Absence de renseignements statistiques. — Nombre de spectateurs dans les théâtres et les amphithéâtres. — Les grands théâtres de Rome. — Théâtres d'iEmilius Scaurus, de Pompée, de Marcellus. — Théâtre de Lyon.

Origine de l'amphithéâtre. — La double caveaàe Curion. — LeColisée. — L'amphithéâtre municipal de Lyon et l'amphithéâtre fédéral.

Le cirque ou l'hippodrome dans l'antiquité. — Le Circus maximusde Rome. — Les jeux du cirque à Lugdunum. — Les couleurs et les factions. — Le basrelief et la mosaïque de Lyon. — Incertitude sur l'emplacement de l'hippodrome.

Enceinte et portes de Lyon. — Communication de la ville romaine avec le Conr date lyonnais et la rive gauche du Rhône. — Le pont romain sur la Saône. — Absence de pont fixe sur le Rhône.

Population approximative des trois éléments de l'agglomération lyonnaise.— La Coîonia lugàunensis, VUrbs sacerdotaîis, \q Fagus condatensis.

Lyon à l'époque moderne. — Son caractère et son aspect.

Les communications de Lyon avec TOrlent étaient fréquentes.

Le Rhône lui ouvrait la porte de la Méditerranée ; et depuis plusieurs siècles, les Phéniciens et les Grecs suivaient les mêmes sillages sur cette mer historique par excellence, fondant o^s comptoirs sur toutes les côtes, dans les havres les mieux situes pour le commerce, remontant ensuite le cours des fleuves pour pénétrer dans l'intérieur. Le Rhône était donc un grand chemin naturel, tout indiqué pour les Orientaux; son confluent avec la Saône était la principale de leurs étapes.

Ces relations faciles et presque continues de l'Extrême-Orient ftvec la métropole de la Gaule favorisèrent tout naturellement ['invasion des cultes orientaux et l'introduction du christianisme. La religion nationale de Rome et des empereurs ne pouvait suffire longtemps au peuple. Depuis un certain temps déjà, poussé par cette sorte d'attrait irrésistible qu'exerce toujours le toystérieux, il pratiquait plus ou moins secrètement quelques âtes étrangers de la Phrygie et de l'Egypte; et César, très iceptique en matière de religion, mais fort désireux de donner iatisfaction aux instincts populaires, n'avait pas craint d'offenser fc vieil Olympe gréco-romain en rétablissant les cultes d'isis et de ^rapis (i).

Les incantations, les purifications expiatoires, les sacrifices tanglants et par-dessus tout une grande pompe théâtrale étaient fc cortège habituel de toutes les dévotions de l'Orient ; et c'est par à surtout qu'elles plaisaient à la foule. Rien de surprenant dès brs dans les progrès rapides que firent les cultes de la Grande Mère et de Mîthra dans les provinces occidentales. Les marins, les liions, tous les trafiquants et tous les émigrants de la région méditerranéenne furent le véhicule naturel de ces rites nouveaux ; tt ce mouvement, rien ne put l'arrêter.

' La religion de la Grande-Mère et celle de Mithra remontent 1res certainement à la plus haute antiquité et se perdent dans les profondeurs de l'Inde et de l'extrême Asie.

I Le culte, la forme et les attributs de Mithra ne paraissent railleurs avoir été bien définis que vers le dixième siècle avant totre ère, lorsque Zoroastre eut reformé et codifié toutes les tratiques du magisme asiatique. Pour les Persans et les Guèbres, flithra, symbolisé par le soleil et le feu, n'est autre que la divinité iBprême. Dans une sphère inférieure, c'est l'incarnation d'Ormuzd, trincipe générateur et source de la fécondité qui perpétue et fajeunit le monde. On le représentait le plus souvent sous la

(ij DioC.«s.,XLVlI, 15,

- CHAPITRE QUATRIÈME

forme d'un beau Jeune homme, portant la coiffure syrienne, vêtu d'une courte tunique et plongeant son glaive dans le cou d'un taureau. Le sacrifice du taureau était, en effet, le fond de toute fête raithriaque. Le taureau, symbole de la puissance de la Nuit, était terrassé et mis à mort par le jeune dieu du Jour, le Soleil. Le sang répandu du taureau donnait la régénération , et rinscriplion sacramentelle du sacrifice consacrait la gloire et le triomphe du dieu Soleil invincible (D. S. INV. MITHR AE, Deo soli invtclo Miihrae) (i).

Comme celui de Mithra, le culte de la Mère des dieux [la Grande Mère, la Bonne Déesse) date des temps héroïques et fabuleux. 11 paraît être originaire de Pessinonte en Galatte;el c'est là, en effet, que se célébraient dans le principe les plus grand? mystères. La représentation primitive de la divinité était une pierre noire, informe, que l'on disait tombée du ciel dans la vilk sainte (2), Ce fut la première image de la Mère Idéenne. Comme Mithra, elle semble avoir été dans tout l'Orient une sorte de divinité supérieure, résumant en elle tous les attributs de la puissance et de la fécondité terrestres, type assez vague à la vérité. mais qui, par cela même, exerçait sur l'imagination du peuple un attrait et une influence considérables.

Les Saturnales de la Vénus phrygienne ou phénicienne, les mystères redoutables d'Eleusis, et en général les pratiques secrètes et la mise en scène extravagante qui caractérisaient les religions orientales, se rattachaient plus ou moins au culte de la Grande Mère Idéenne. Sa forme grecque la mieux définie était Cybèle ; mais son nom changeait très souvent avec les lie"^.

(1) Voit le groupe de Mithra sacrifiant le taureau au musfe du Vatican (Sillt des animaux), et le magnifique bas-relief du musée du Louvre, qui avail tii codsacTË à Rome dans un souterrain du Capitole, le plusconsidirabledesmonuin"'' qui nous restent du culte persan de Mithra dans l'empire romain.

(2) HËRODlEN, I, 36.

De Boissieu. Inscript. oni. de Lyon, ch. 1. Frobhneb, La Vénus d'Anlibts, Rn. arch., 186.

L. Heuzev, La pierre sacrée d' Aniipotis . Mém. de la Soc. nat. des jn/if'Wi'" de France, 1874.

Ch. LbntmÉric, La Grice et rOrienl en Provence, ch. ix.

tE CONFLUENT DU RHONE ET DE LA SAONE. 43g

lAgdistîs, Dindymène, Rhéc, Ops, la Terre, la Grande Mère, la Mère des Dieux, la Mère Idéenne, Astarté, Cérès même ne sont que des variantes et des dérivations de cette divinité mystérieuse et souveraine, qui a été honorée avec terreur et passion dans la inajeure partie du monde, et dont le culte avait des fidèles d'autant plus fervents qu'il était accompagné souvent de danses, de libations et de débauches nocturnes.

I Toutefois, le sacrifice du taureau, le taurobolium. était, comme jpour le dieu Mithra , la formule , pour ainsi dire classique , de ce tulte orgiastique et sanglant. Le taurobole avait un double caractère : il était à la fois régénérateur pour celui qui le recevait et qu'on nommait le « taurobolié », tauroboliatus, et propitiatoire pour ceux en faveur de qui on l'offrait.

Prudence nous a laissé des détails fort intéressants sur les irieuses cérémonies de ce baptême païen. Le texte du poète ■tien, bien que d'une médiocre latinité, en dépeint d'une saisissante toute l'horreur; et, pour s'en rendre un exact, on ne peut mieux faire que de le lire in extenso (i) . idence, dit M. Duruy, décrit un de ces sacrifices faits à la trande Mère Cybèle. Il montre la foule accourant de loin à la ;ftte; car celui qui la donnait y déployait toutes les splendeurs 'que lui permettait sa fortune, et le clergé y étalait toutes ses pompes. Dans le voisinage du temple, on creusait une fosse; et, AU son des instruments sacrés, le néophyte y descendait revêtu Id'habits magnifiques , le front entouré de bandelettes et la tête ceinte d'une couronne d'or. Au-dessus de la fosse recouverte d'un plancher à claire-voie, on amenait un taureau dont les cornes létaieat dorées et les flancs à demi cachés sous des guirlandes de Seurs. Les servants du tempie le faisaient tomber sur les genoux, 'et un prêtre, armé du couteau victimaire, ouvrait une large plaie par où le sang s'écoulait à flots. La fosse s'emplissait d'une chaude vapeur. L'initié, les bras étendus, la tête renversée en arrière, tâchait que pas une goutte de ce sang n'arrivât à terre

|i) Voir pièce justificativ

avant de l'avoir touché. Ses oreilles, ses yeux, ses lèvres, a bouche, tout son corps devaient en être inondés. Quand il reparaissait, ruisselant o de cette pluie vivifiante «, au lieu d'être un objet de dégoût et d'horreur, il était regardé comme un bienheureux a régénéré pour l'éternité u. Et l'on portait envie à ce riche, achetant par un sacrifice hideux le repos d'une conscience peutêtre coupable et la faveur des dieux, t^u'on ne gagnait plus avec l'ofïrande d'une colombe , quelques grains d'encens et une vie honnête.

0 Les prêtres de ces cultes n'étaient plus , comme ceux (fe Rome, des hommes châtiés dç prier au temple pour la république, et redevenant hors du temple citoyens et magistrats. Consacrés au service du dieu ou de la déesse, ils formaient un clergé vÉrjtable, qui prétendait n'avoir souci que des choses divines, et ils portaient un costume particulier que l'Église a imité avec la même habileté heureuse qui lui a fait conserver, sous des noms chrétiens, tant de fêtes, de cérémonies et de coutumes païennci. Après ce baptême sanglant du sacrifice taurobolique , l'officiant devenait le père spirituel de l'initié qu'il marquait au front d'un signe pour le consacrer au dieu (i). n

Les premiers antiquaires de Lyon ont signalé et décrit deux monuments intéressants dédiés à Mithra. Ils portent tous les deux la légende caractéristique a deo invicto, au dieu invincible o, rappelant à la fois la victoire éternelle du jeune dieu sur Ahriman, le génie du Mal, et celle que te Soleil remporte chaque année, au printemps, après avoir lutté contre la saison du froid et des ténèbres. Ces deux inscriptions sont malheureusement perdues (2).

Les monuments lyonnais qui rappellent la grande déesse et les

(1) V. DURUV, Histoire da Romains, ch. LXKXVII, IV,

Voir la représentation d'un sacrifice habilement dessinée dans le mémoirt* M. De Boze sur l'inscription de l'autel taurobolique de Fourviires. Mi»- " tAcad. des inscripl.. t. 11.

(2) Spon., Reck., 29, 323.

Menestrieb, Prép., 19.

COLONM, I, 350.

■acritices tauroboliques nous sont, au contraire, restes. Cinq de tes monuments sont conservés à Lyon; le sixième est k Tain sur K Rhône. Ils sont aujourd'hui connus de tous les érudits, et il serait peut-être superflu de les décrire de nouveau. Deux d'entre feux cependant paraissent mériter une mention spéciale. Le pretaier surtout, découvert, en 1704, sur la colline de Fourvières, tet devenu pour ainsi dire classicjue, et est très probablement pin des plus complets monuments de ce genre que l'on connaisse. I a trois faces admirablement conservées. La face principale K>rte la tête de taureau — le bucranium — parée de bandelettes tour le sacrifice; au-dessus et au-dessous, une longue inscription appelle que le sévir augustal iEmilius Carpus a élevé l'autel pour K conservation de l'empereur Antonin le Pieux, de ses enfants et le la colonie. La seconde face porte une tête de bélier, ornée Cune guirlande de grosses perles, ce qui indique que le sacrifice ttt aussi offert en l'honneur d'Atys, dont le culte était souvent ssocié à celui de Cybèle; le taurobole était donc accompagné Tun criobole (/pto;, bélier; pzX/.w, je frappe). Sur la troisième ttce est gravée la date du sacrifice qui a eu lieu à l'heure mysté- Seuse de minuit, mesonyctium. Au-dessous se détache en vigueur ft couteau victimaire d'un magnifique relief et semblable à la ^arpé qui servit à Persée pour trancher la tête de Méduse. La pierre enfin est creuse à la partie supérieure et présente un bassin ?ond destiné à recevoir le feu et l'encens du sacrifice (i).

PakaDIN, Hist. de Lyùn, 416.

De BoissiEU, InscT. uni. de Lyon, ch. t.

(0 Première face

TRIS D(*11B.) K{agi%at)

PRO SALVTE

ï3(indyvienae)

PCatrH) f(al

LIBERORVMQVE El

«il)

Un autre monument du même genre a été découvert en i8i dans l'ancien endos des Minimes, près des ruines du théâtre romain. Même disposition que pour le précédent. La tête de taureau est sur l'une des faces , la tête de bélier et le couieau victimaire sur l'autre; sur la troisième est l'inscription. Celle-ci porte une érosion curieuse qui est un précieux souvenir historique, D'après la date même fournie par le texte épigraphîque , te monument avait été élevé, sous Commode, pour la conservation des jours de l'empereur et de sa famille, qualifiée de n maison divine u, domus dhina. La mention de la famille impériale a été respectée, le nom de l'empereur seul a été enlevé. Or, on sait qu'après la mort de Commode, on sénat us-consuite ordonna ijuc toutes les statues de ce monstre seraient renversées, et que son nom serait rayé de tous les L'ordre fut, comme on le voi' au taurobole de Lyon.

Même mutilation légale au quelques années après, dans li Ce monument avait été élevé (

nts publics ou privés (i).

très consciencieusement exécuté

un autel taurobolique découvert, i massifs du vieux pont de pierre.

I l'honneur de l'empereur Septir

Deuxième face :

[Tfte de bélier en relief.]

Troisième face :

t manumenHi crudrtidafi

Sre et de la k maison divine u ; et la partie de l'inscription qui ■é intentionnellement grattée portait probablement aussi les les vœux en faveur de son malheureux compétiteur Albin, cié pendant un certain temps à lui dans le gouvernement de pire. « Il est curieux de trouver réunis sur un même monut les noms d'Albin et de Sévère, ces noms séparés, dans toirc de Lyon, par le sang de toute une génération. La venice politique qui s'est attachée à celui d'Albin ne l'a détruit pour le vulgaire; mais on devine le nom du vaincu sous la ilation que lui a fait subir le vainqueur. C'est là une nouvelle ;ve du caractère violent et inflexible de Sévère; et le monut mutilé nous dit, mieux que les historiens, les injures et les feances exercées contre celui que le sort des annes avait i. C'est la passion politique qu'on retrouve vivante sous la e des âges et sous le froid de la pierre [i). o ucune ville ne possède une collection de monuments taurobo- ES plus belle que celle de Lyon (2) , Elle comprend trente-sept Ses de la vie politique et religieuse de la colonie. Ce sont plus

des monuments, ce sont de précieux documents historiques >elant les rites, les préjugés, les passions de cette époque de isition pendant laquelle commença à couler un autre sang,

noble et plus fécond que celui des taureaux et des béliers, ui devait bientôt cimenter la société nouvelle, régénérer et juérir le monde.

est difficile de préciser l'époque exacte de l'introduction du stianisme dans les Gaules. Les premières semences de la foi santé ont été probablement portées très peu de temps après

I De Boissieu, />u<-r. de Lyon, ch. I, xxii.

it les fac-sJmile, les traductions et tes commentaires de! moDument» et nscriptions tauroboliques, dans le beau recueil de M. De Boissieu, ch. 1, xlx

BCONDB PARTIE. — CHAPITRE QUATRIKHE.

u Christ. Grâce au courant de communications qui étâil puis longtemps entre les ports de l'Asie Mineure et le ^ lit léditerranéen de la Gaule, les principales villes delà

i Rhône recevaient la visite périodique des Orientaoï.

in petit monde de commerçants , d'ouvriers, de marâis e it au confluent du Rhône et de la Saône, et finit par

s'y r. Marseille, Arles, Vienne, Lyon surtout, furent de trb

bonr leure le point de mire de tous ces émigrants. Ils y coosli- |; ent bientôt une bonne partie de la classe laborieuse et iodus- 1 . Il est donc très rationnel d'admettre que , parmi tons

CCS riens et tous ces Asiates, qui continuaient en générait parli !C, la langue commune et populaire de l'Orient, un

I et 11 ore étaient déjà chrétiens. On en comptait aussi trfa

taincment dans la population romaine , surtout dans les rangs les nchis et des esclaves, que les relations de la colonie,

'x jn militaire, l'administration, les besoins multiples du

:, les divers services publics, appelaient à Lugdunum. tu ut peut-être téméraire de vouloir trop pénétrer l'obscu-

i enveloppe les premiers établissements chrétiens dans la vallée du Rhône ; mais on peut cependant concevoir assez tâen comment la foi nouvelle s'est infiltrée lentement dans le cœurties populations. Dès l'origine, les Chrétiens, obéissant en celai la parole du Mattre, s'étaient conformés aux lois civiles. La société romaine semblait, d'ailleurs, constituée de manière à faciliter leurs premières réunions. En s'établissant dans une cité, ils se groupaient en une association privée nommée Église, eccUsù, qui adoptait immédiatement la forme l^ale des collées protégés par les lois. On a vu que ces collées étaient très nombreux. L«s plus modestes jouissaient d'une liberté quelquefois assez éteciJue. « Forcés de célébrer leur culte en secret et de dissimuler le but de leurs réunions, les premiers chrétiens organisèrent en général leurs églises sur le modèle spécial des sociétés funéraires avec lesquelles ils cherchaient à être confondus afin de jouir des mèiots privilèges. C'était un moyen de désarmer la lot qui les proscrivait et de protéger leurs tombes. Aussi les ressemblances étaient'

Il serait très intéressant de pouvoir connaître avec quelque approximation la population de l'agglomération lyonnaise au premier et au deuxième siècle de notre ère. Les questions de cette nature sont en général assez difficiles; et, pour Lyon, en particulier, on manque d'éléments précis ; et on ne peut procéder que par comparaison et au moyen de tâtonnements qui ne peuvent permettre d'arriver à la certitude. On n'a d'ailleurs que des notions très vagues sur la manière dont les recensements étaient fûts dans l'antiquité, Auguste avait bien, pour certaines provinces de l'empire, ordonné une revision générale des personnes et des propriétés; et le recensement fait par son légat Quirinus en Judée est resté célèbre à cause des souvenirs qui se rattachent à la naissance de Jésus-Christ à Bethléhem; mais il ne nous est presque rien resté de précis de ces opérations cadastrales et financières, qui devaient présenter bien des lacunes et des inexactitudes. La statistique est une science essentiellement moderne; et nous manquons absolument de documents chiffrés remontant à plus de deux ou trois siècles. A plus forte raison chercherait-on des résultats statistiques quelque p>eu exacts dans les premières années de l notre ère.

^ Les deux seules méthodes pratiques pour obtenir une évaluation Kfdtts ou moins probable de la population d'une ville antique sont I l'étude de la surface occupée par ses ruines et le nombre et les dimensions de ses grands monuments publics.

On sait que la vie privée n'existait pour ainsi dire pas dans le monde ancien, L'exiguïté des maisons particulières et les grandes proportions de tous les édifices publics, et surtout de ceux destinés aux plaisirs de la foule, le prouvent d'une manière surabondante.

E. RettAU, Topographie chrè

imne de Lyon. Journal des tava

t>. Juin 1881.

H. BaïIN. L-amphitUâtrt de

Luffudunum. Lyon, 1887 (Kev.

arthlol., juillet-

aqfit 1887).

sacrées comme elle. On avait le droit de construire au-dessus un monument, ou bien de creuser au-dessous un hypogée pour a famille et ses amis (i). n Là, les chrétiens transportaient lu corps de leurs frères, de leurs confesseurs, tantôt publiquement lorsqu'ils n'étaient pas en butte à la persécution, quelquefois en secret; et c'est autour de ces tombeaux qu'ils prirent l'habitude de se réunir et de faire leurs repas funèbres. De là ces demeures souterr^nes, humbles, cachées, creusées souvent dans le rocher, et qui plus tard, transformées en chapelles, ont conservé le nom caractéristique de confession, qui rappelle leur pieuse origine (2). A Lyon, où les corporations étaient nombreuses, les chréliens ne manquèrent certainement pas de former un ou plusieurs de ces collèges de petites gens, collegia tenut'orum, comme on les appelait, dont les membres appartenaient le plus souvent â la classe des artisans, des humbles et des pauvres. Un chrétien était essentiellement un pauvre, un tenuior; et les premières sociétés chrétiennes durent adopter très certainement le quartier le plus pauvre de la ville, loin du bruit du monde et des monuments païens dr la colonie ou de la ville fédérale. C'est donc très probablement dans l'archipel interfluvial, complètement transformé aujourd'hui et qui était alors à l'état de terrain vague, neutre, baigné de tous cfitfe par les eaux du Rhône et de la Saône, que se groupèrent les chÉtives demeures et les abris, un peu suspects à l'autorité, de U première population chrétienne. La petite société y vécut, dès l'origine des temps apostoliques, sans être trop inquiétée et presque sans donner signe de vie extérieure ou publique. On croil cependant reconnaître deux indices chrétiens sur deux inscriptions funéraires du premier siècle, portant les noms de NOBfLiS, contrôleur ou simple ouvrier de la monnaie sous Tibère, et de sa femme, JVLIA Adepta. Dans son recueil sur les inscriptions antiques de Lyon , M. de Boîssieu mentionne encore une femmei nommée Felicia Mina, et une famille syrienne du nom*

(1) A. SaVRel, ms(. de MarseilU. xSyj.

(2) Voir TertullIkn, Apologcl., xxxvui e

Valeria, qu'il croit pouvoir compter aussi parmi les membres de l'Eglise naissante à la fin du premier siècle (1) .

Ces monuments lapidaires un peu douteux pourraient donc se rattacher à cette période obscure de l'histoire chrétienne de la Gaule, sur laquelle on n'a malheureusement pas de documents bien précis, puisque les premiers fidèles avaient soin de vivre dans une extrême prudence et se perdaient dans la masse des habitants gaulois ou latins.

L'origine historique de l'Église de Lyon doit être portée officiellement entre les années 140 et 150 de notre ère. C'est vers cette époque qu'une colonie chrétienne, ayant à sa tête saint Pothin, disciple de saint Polycarpe, partit de Smyrne, traversa la Méditerranée et, remontant le Rhône, s'arrêta au confluent de la Saône, comme le faisaient depuis longtemps la plupart des émigrants de l'Asie Mineure. La petite communauté trouva le terrain très bien préparé. Un assez grand nombre de gens, en général de condition médiocre, mais appartenant à toutes les nationalités, — Germains, Gaulois, Latins, Orientaux surtout, — vivaient déjà dans une douce confraternité sur ces îles du confluent lyonnais, ne se mêlant au monde que pour les besoins matériels de la vie, et formant comme une société de secours mutuels spîritualisée par la nouvelle croyance. Les femmes y étaient nombreuses. « Des apports continuels d'Asie entretenaient ce premier fonds et y conservcdent l'esprit de mysticité qui en avait fait le caractère primi-

Tout alla bien pendant quelque temps. Les Romains, d'ailleurs, étaient en général, à l'égard des religions étrangères, assez tolérants ou plutôt même indifférents. Sans doute, ils ont persécuté le druidisme et le christianisme ; mais au fond les questions de foi ou de croyance leur importaient assez peu. Le druidiame, qui prétendait toujours jouer un rôle politique en rivalité avec la souveraineté du vainqueur, était essentiellement pour eus une religion

(1) DeBoissieu. Ini

ript. anl. de Lyon, c

(a) E- Re-van. fÉgUs

chrétienne. XXIV.

- CHAPITRE QUATRIÈME

de la Scala de Naples ou de l'Opéra de Paris. Le plus petit théâtre de l'antiquité était donc égal aux plus grands de notre époque

On a pu relever les dimensions de la plupart des théâtres antiques de la Grèce, de l'Asie Mineure, de l'Italie, de la Sirileet de la Gaule (i); et il est facile de savoir avec une approxiniatlDD très suffisante le nombre de places qu'ils pouvaient contenir, Ed ii admettant le chiffre de vingt mille spectateurs qui paraît à peu I près exact pour le théâtre de Marcellus à Rome, il est facilede 1 déduire le chiffre correspondant aux principaux théâtres dont on connaît le grand diamètre; et c'est ainsi que l'on peut affinner que le théâtre de Bacchus à Athènes, l'un des plus spacieui qui aient existé après le colossal et fr^Ic monument de Scaurut^, contenait de trente à quarante mille spwctateurs ; ceux d'ArlfS et d'Orange, près de dix à douze mille; celui de Catane, l'un des i plus petits de l'ancien monde, deux à trois raille. Les dimensions du théâtre de Lyon, dont il reste encore des vestiges assez impor- ■ tants dans l'ancien enclos des Minimes, à mi-côte de la colline Saint-Irénée, permettent de lui attribuer environ cinq à six mille places.

Les théâtres n'étaient affectés en général qu'aux représentations dramatiques, dans le sens ordinaire du mot : tragédies, drames, comédies et danses. Toutes les villes principales de l'Occident avaient en outre des cirques ou des amphithéâtres. A l'exception des pays grecs et syriens, qui protestèrent la plupart contre les spectacles sanguinaires, devenus, à partir du premier siècle, le régal habituel de la multitude, on peut regarder comme à peu près certain que chaque agglomération importante de l'empire possédait soit en pierre, soit en bois, si les ressources ne le permettaient pas autrement, un de ces monuments caractéristiques dont le type est toujours resté le même et qui était désigné presque partout par la même dénomination plus ou moins altérée, n les Arènes ».

L'amphithéâtre est en effet le monument romain par excellence.

On sait dans quelles circonstances on fut amené à Rome à

nlif des grandeurs des ihf aires dure de Lyon. Lyon, 1880.

Ivait pas de persécution spéciale; on exécutait simplement la loi, ;t même d'une manière intermittente et avec des ménagements. Trajan, en effet, consulté par Pline, gouverneur de la Bithynie, tu sujet des poursuites à exercer contre les chrétiens, lui avait répondu o de ne pas les rechercher, maïs de les punir seulement ■ s'ils étaient déférés à la justice », et telle fut la règle juridique presque partout suivie. Malheureusement, cette modération iccommandée par l'Empereur était souvent oubliée; et les gourerneurs locaux, soit par tempérament, soit pour faire du zèle ou tour plaire à la foule, favorisaient les plus basses passions popu- Ùres (i). »

C'est ce qui arriva à Lyon.

La petite communauté d'Ainay vivait depuis plusieurs années lans une quiétude parfaite. Ses membres, déjà nombreux, se teaalent presque à l'écart dans les îles du confïuentqui formaient le Eauboui^de la ville, protégés par le mystère dont ils s'entouraient, ne se mêlant à la colonie romaine que pour les choses indispenkables de la vie, lorsque tout à coup, sans raison et même sans le notndre prétexte, ils furent suspectés, puis insultés par la foule, loursuivîs à coups de pierres, exclus des lieux publics. L'autorité

issa (aire. Le peuple s'enhardit, et sa haine alla bientôt jusqu'à

Les chrétiens, conduits au forum devant les magistrats de la rille et le tribun qui commandait la cohorte de la garnison , y firent plement l'aveu de leur religion. Cela suffit. L'empereur philo- Kopbe Marc-Aurèle crut devoir céder au mouvement et donner anc satisfaction sanglante à l'opinion publique; et l'an 177 de Rotre ère eut lieu un de ces effroyables massacres juridiques qui Dirent en relief dans toute leur splendeur les dons de force et de bi de la jeune Eglise. On a maintes fois raconté cet héroïque nartyre; et le meilleur, le plus touchant, le plus complet de ces Ccîts sera toujours la lettre des Églises de Lyon et de Vienne à

{() A. Ali.her, m

Tarc-Aurik, page 2i

celles d'Asie et de Phrygie, écrite par un témoin oculaire, recuollie ensuite par Eusèbe de Césarée (r) .

Celte lettre célèbre, qui est non seulement un document d'une parfaite authenticité et d'une sincérité absolue, mais qui a pu êfrc considérée comme la perle de !a littérature chrétienne au deuxième siècle et l'un des morceaux les plus extraordinaires qu'aucune littérature ait produits, raconte avec une abondance de détails tous les épisodes de la persécution, l'arrestation, les intcrrt^atoires, la série des tortures plusieurs fois interrompues et recommencées, l'intervention féroce du public dans les diverses péripéties du supplice, l'incroyable fermeté et la pieuse exaltation qui transformèrent lesplusfaibleset en firent en quelque sorte des êtres surnaturels. On a pu dire avec raison que ce fut l'idéal du martyre; et jamais on n'a tracé d'une manière plus saisissante un tableau plus frappant du degré d'enthousiasme où peut arriver la nature humaine et conduire la foi ardente dans les récompenses éternelles (2). Les noms dts principaux confesseurs ont été conservés dans le martyrologe [3),

Au milieu de cette troupe de héros, se détache la figure idéale d'une pauvre esclave, frêle et délicate, presque une enfant. Elle s'appelait Biandine; elle était peut-être Gauloise, peut-être Plirygienne ou Smyrniote ; car le petit nom de Biandine, emprunté au latin, n'était qu'un surnom et ne peut donner aucune indication précise sur son origine et sa nationalité. La durée, la variété)

(1) Voit la lettre des Églises de Lyon et de Vienne, conservée pai fragninti dan» Eusèbe, V, 1, iv. Cf. Acia marlyrii ex efislfla Lugdunensium tt VwafsÎMm grâce édita ai Etttebia, latine rtddila a Jtufini). — Acta sanclorHi, ij»*- — Voit ['édition des Bollandistes de Venise, 1743. Cf. la nouvelle ëditioD. Pans et Rome, 1877. V. Palmé éd.

Cf. SULPICE SÉVSHE, Hist. Sacra, II.

(3) G. BoissiBR, Eisais d'histoire religieuse, 1886.

(3) De sanclis XLVIII martyribus Lugdunensibus, Potkinc stu PalkiiU efi"' ei Zachario fires»., Vetio Epagalio, Macario, AscliUade, Silvio, Primû, Vlfi'. Vitale, Commino, Octobre, Philomeno, Gemiiu, Julia, ABtina, Grata, M-iH*- Patamia, Pampeia. Rodana, Biblide. Quarlia, Materna, Helpide, Matun, Sx^" diac, Attalo, Alexandre, Pontica, Blandina, Justo. Aristeo, Cornelio, Zosi", Tito, JmUo, Zatiea, Apoilonio, Geminiana, item Jittia, Ausana, item ^milî^ yammica, Pampeia, Damna, Justa, Tropkima, Antania. — AcIa tantl''"'

l'horreur des épreuves qu'elle eut k subir, et qui se prolongèrent pendant plusieurs semaines, est encore aujourd'hui un sujet de juste étonnemeot. Tour à tour flagellée, livrée deux fois aux bêtes qui se contentaient de la mordre et de la traîner, assise sur la chaise brfilante, suspendue en croix à un poteau, exposée dans un filet à un taureau furieux qui la lançait en l'air avec ses cornes, achevée enfin d'un coup de glaive, c]le supporta tout sans une plainte, sans une défaillance. Ce fut la dernière de la série.

Les Romains, blasés depuis longtemps sur les souffrances des condamnés, qui n'étaient pour eux qu'un sujet de divertissement, eurent là un spectacle de choix. Mais les Gaulois, moins civilisés, malgré leur rudesse et leurs mœurs encore à demi barbares, furent frappés d'admiration et un moment attendris; et, en sortant de l'amphithéâtre oij venaient d'avoir lieu en l'honneur de Rome et du dieu César ces abominables scènes, ils ne pouvaient s'empêcher de parler de la pauvre petite esclave dont les affreuses tortures et la radieuse sérénité avaient dépassé tout ce qu'ils avaient vu jusqu'alors.

Le supplice des chrétiens de l'an 177 est connu dans tous ses détails. On est moins fixé sur l'emplacement précis où eut lieu l'exécution. Saint Grégoire de Tours désigne les premiers martyrs de Lyon sous le nom de martyrs d'Ainay, martyres Athanacenifr (1) ; et cette expression a donné un. peu le change. Le quartier d'Ainay n'était pas alors constitué, ou plutôt n'existait encore qu'à l'état d'îles basses, submersibles, presque désertes et couvertes seulement de roseaux et de quelques masures assez clairsemées. Mais il y avait, sur la rive droite de la Saône et sur le flanc de la colline Saint-Irénée, un promontoire qui s'appelle encore aujourd'hui le a pic d'Ainay h, et qui porta dans les premiers siècles le nom de pediutn Alhanacense. Atkanacum paraît donc avoir été pour Lyon une sorte de bas quartier au pied de la colline Saint- Irénêe. C'était le lieu naturel de débarquement de tous les émi-

(I) S. Gheg. Tubom-, Deglor, matt., c. 49.

grants syriens et asiates, et ce fut très certainement, avec les îles du confluent, la résidence des premiers chrétiens.

Quant à l'amphithéâtre où eurent lieu les exécutions, on hésite entre l'amphithéâtre municipal, qui se trouvait sur la colline de Fourvières, et l'autre amphithéâtre, qui faisait partie de la ville fédérale, au pied de la côte Saint-Sébastien, non loin de Tautel de Rome et d'Auguste (i). On sait d'ailleurs, d'une manière tout à fait certaine, par la lettre des Églises de Lyon et de Vienne aux frères d'Asie et de Phrygie, qu'il y eut deux séries de supplices publics, séparés par l'intervalle de temps nécessaire pour que l'affaire déjà engagée reçût à Rome un complément d'instruction et une solution définitive. La première série des supplices eut lieu au commencement du mois de juin ; la seconde coïncida avec la fête fédérale du i" août et en fut le principal épisode. Il n'est donc pas impossible que cette dernière partie de la c fête » ait eu lieu dans l'amphithéâtre fédéral même, bien qu'il soit assez naturel d'admettre que les spectacles sanglants étaient réservés pour l'amphithéâtre romain, et que l'on ne donnait dans l'amphithéâtre de la confédération que des jeux d'un caractère gymnique, des courses, des chasses ou des parades militaires à grand effet.

Il est donc assez probable que c'est dans l'amphithéâtre municipal, situé au sommet de la côte de Fourvières, non loin de la prison romaine, du théâtre et du prétoire, que se sont déroulées les terribles scènes de l'an 177. La question, cependant, reste toujours un peu douteuse; et il est à craindre que la lumière ne puisse jamais se faire d'une manière parfaite sur le lieu précis où les chrétiens pourront révérer en toute certitude les premiers martyrs de l'Eglise de Lyon (2) .

(i) Cf. P. Menestrier, Histoire consulaire, pass.

Artaud, Lyon souterrain.

Chenavard, Lyon antique restauré, op. cit.

(2) Raverat. Fourvières, Ainay et Saint-Sébastien sous la domination ron*^'^' /Recherches archéologiqiies sur l'emplacement oîi les premiers chrétiens lyonni^^ souffrirent le martyre. Mém. de la Soc. litt., hist. et arch. de Lyon, 1880.

E. Pelagaud, Recherches de topographie archéologique ; Lieu précis du waw'^^ de saiftt Fothin et de ses compagnons ; Le plateau des Minimes. Lyoti'R^^^' novembre 1880.

li serait très intéressant de pouvoir connaître avec quelque approximation la population de l'agglomération lyonnaise au premier et au deuxième siècle de notre ère. Les questions de cette nature sont en général assez difficiles; et, pour Lyon, en particulier, on manque d'éléments précis; et on ne jieut procéder que I par comparaison et au moyen de tâtonnements qui ne peuvent

I permettre d'arriver à la certitude. On n'a d'ailleurs que des notions très vagues sur la manière dont les recensements étaient faits dans l'antiquité. Auguste avait bien, pour certaines pro- ' vinces de l'empire, ordonné une révision générale des personnes et des propriétés; et le recensement fait par son légat Quirinus en Judée est resté célèbre à cause des souvenirs qui se rattachent à la naissance de Jésus-Christ à Bethléhem; mais ÎI ne nous est ' presque rien resté de précis de ces opérations cadastrales et finan- L cières, quidevaient présenter bien des lacunes et des inexactitudes. V La statistique est une science essentiellement moderne; et nous manquons absolument de documents chiffrés remontant à plus de deux ou trois siècles. A plus forte raison chercherait -on des résultats statistiques quelque peu exacts dans les premières années de notre ère.

Les deux seules méthodes pratiques pour obtenir une évaluation (plus ou moins probable de la population d'une ville antique sont l'étude de la surface occupée par ses ruines et le nombre et les dimensions de ses grands monuments publics.

On sait que la vie privée n'existait pour ainsi dire pas dans le ►tnonde ancien, L'exiguïté des maisons particulières et les grandes Jïroportions de tous les édifices publics, et surtout de ceux destinés Aux plaisirs de la foule, le prouvent d'une manière surabondante.

E. Renan, Topographie chrHitnne de Lyon. Jaurnal des lai» H. Baïw, L'amphitkfâlre de Lugudunum. Lyon, 1887 (*« «ojtt 1867).

1(1. Juin 1S81.

urchM., juillet-

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