VI, VII
(3) Pœninon... Boii Lingonesque transgressi. (TiTE-LiVE, V, xxxv.)
(4) E. Desj.^rdins, Gaule romaine, t. I, ch. 1,^1.
(*) Mâxp(i) 'louXiw KoTTio) TYiv TraTpwav àçi'/i^y^ r^v éirt tûv "AXTietov tûv 6[itayC\uai sT/E irpo<Te7rr,û^T,(Te [6 KXauôio;] (an de Rome 797, 44 de notre ère), ^aaîXta aruTÔv t6t£ TTpàiTov ovoiiotTa;, a l'empereur Claude augmenta l'héritage paternel que M. Jules Cottius possédait dans les Alpes qui portent son nom, et lui conféra pour la première fois le titre de roi. » (Dio Cass., XL, xxiv.)
('•''•') Regnu77t Alpium..., defuncto Cottio, in provincia formant redegii. (Suétone, Nero, 18.)
Ce gfand chemin à travers les Alpes Pennines était, ainsi qu'on peut s'en assurer à la lecture de l'Itinéraire d'Antonio (i), à peu près le même que la route actuelle. 11 passait aux mêmes points remarquables; comme elle, il contournait les rives dénudées du petit lac aux reflets d'acier qui baigne les murs de l'hospice moderne.
Ce nom de Penninus, porté à ta fois par la montagne et par le lac glacé, dernier reste d'un glacier disparu (2), ne rappelle pas, comme l'a dit naïvement Tite-Live, trompé par une fausse ana- Ic^e (3), les Carthaginois, Pœni, conduits par Hannibal. Nous avons d'ailleurs vu plus haut que le général africain ne dirigea pas son armée sur le grand Saint- Bernard, mais bien sur le Mont Gcnèvre. L'origine du Penninus nous est aujourd'hui parfaitement connue. C'est une ancienne divinité topique, d'origine gautobe, le dieu Penn, que les Romains ont incorporé sans hésiter dans leur mythologie complaisante et fort élastique, et dont ils ont tait un Jupiter Penninus.
De même que le Mont Genèvre était consacré aux Déesses Mères ou aux Matrones [Mous Matrona), le grand Saint-Bernard avait aussi son génie tutélaire, sorte de gardien du passage des Alpes, dont il était prudent de s'assurer la protection quand on mettait le pied sur son redoutable domaine.
Trente et une inscriptions votives ont été retrouvées au grand Saint-Bernard; la plupart sont dédiées au Jupiter Penninus, quelques-unes au dieu Penn lui-même. Ces ex-voto, gravés sur des tablettes d'airain, avaient dû être jadis encastrés dans les murs du temple aujourd'hui disparu du dieu Penn ou du Jupiter topique qui s'était substitué à la divinité celtique (4) ,
<ll Voir !a pièce
justificative VI!.
(a) Voir U «rt
de Peutinger, où le petit lac du grand Sainl-Bernard e:.
i»gn*«uïle,>o„
de Henus lacux, pour Pamus ou Penniniia /acus.
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.™T.f«>ÛfixatitT,vlloivUvUti«,v, a8'4s- — 43° 45'- (Ptol
C3) TiTï-LiVE, XXI, Xïxviii.
(4) Voir pour les inscriptions votives trouvées au grand Saint-Bernard : CfutisnAN DE LocES, fixai hUlarique sur U mimt Saint-Bimard, Montpelie». 1789;
La montagne, qui avait pris d'abord le nom du génie gaulœs Summus Penninus, prit plus tard celui du maître des dieux et s'appela a montagne de Jupiter, Mont-Joux », Mons Jovis. Cette dernière désignation n'a pas d'ailleurs prévalu ; mais on la retrouve cependant dans un certain nombre d'actes des neuvième, dixième et douzième siècles (i); et la petite plate-forme qui s'étend au devant de l'hospice jusqu'à la rive du lac s'appelle encore le « Plan de Joux » .
De l'autre côté du massif du Mont Blanc se trouve le sommet
Lbvade, Recueil de quelques inscriptions romaines trouvées dans le pays de Vaud et le Valais ;
Le Père Murith, chanoine du grand Saint-Bernard, Société des Antiquaires de France, 1821 ;
De Haller, Helvetien unter der Romern;
Orelli, Corpus, pass. ;
Steiner, Codex inscript. Roman. Danubii et Rheni, 1822 ;
MoMMSEN, Inscriptiones confederationis Helvetica;
Carlo Promis, Le antichità di Aosta. Torino, 1862.
Le nombre de ces inscriptions aujourd'hui connues est de trente-trois. Presque toutes sont dédiées à Jupiter Pœninus, — lov . opt . poen. ; un petit nombre à Pceninus tout court, qui semble conserver ainsi son caractère de dieu topique ou de génie particulier de la montagne. Nous donnons ici, d'après le texte de Mommsen et les notes de M. E. Desjardins {Gaule romaine, op. cit.)^ deux de ces inscriptions avec leur traduction :
I* lOVI POENINO