DF Chambku.e, Aeria retrouTte. .Avignon
V^^ Oppida latina... Auj^usta TricastinKtrum. ,Plixe. III. V. IV, 16.)
V3^ FiORiAN \*ALLEXTIN. Bulletin fy»:<'r.i/'A. de la Gaule, II. p. 220, note 2.
^4> /Vrwr^ i/r;' TATis TRICAS Tixo
KVM
vFioR. N'ailfntix. Fu».\ *pi*:r. de .j Gau'e. II. p. 282.^
■fe hauteur de la tête, une cassolette à brûler l'encens, et qui [èmoigne d'un réel sentiment de l'art dans la ville romaine presque disparue aujourd'hui (i).
Il est hors de doute cependant que toutes ces petites villes laient construites sur les mêmes types, d'après les mêmes modules, avaient toutes leurs monuments pour ainsi dire réglemenlaircs, leur forum, leurs temples, leurs remparts, leurs Itiiennes, leur canalisation, et surtout leurs édifices destinés aux i^strs publics, amphithéâtre, théâtre, hippodrome, qui étaient pour les colons et les légionnaires une sorte d'image et de rtduction, en même temps qu'un souvenir de Rome. Tout ou ipresque tout a disparu ; et deux villes seulement de cette partie ifc la vallée du Rhône méritent d'arrêter aujourd'hui l'attention fe archéologues : Vaison chez les Voconces, Orange chez les Civares.
A proprement parler, Vaison ne renferme aussi que des ruines apaises et bien émiettées ; mais elles sont ai nombreuses qu'elles |iermettcnt de reconstituer l'assiette de la ville antique et les iftptaccments relatifs des principaux édifices dans les différents JÏMrtiers. Vaison, Vasio, était d'ailleurs la ville la plus importante 4i Vocontium. Elle portait le même nom grec Oùjtaiov, Oiiasion, Vïison, que la petite rivière qui la traversait et qui se jette dans "Sorgues, près de Bédarrides. Pomponius Mêla la plaçait à la Wte des villes opulentes de la Narbonnaise (2). Strabon, anté-
«àMela d'un demi-siècle environ, n'en parle pas à la vérité.
Il) HniteCalvet, Avignon, (1) V'hium quas koUt {Gallia Narbone»
•^o. Vinna AHobrogum, Avenio Cavar Tirbugum. SmiHiLmorHn Arausie, i ^'- {Pou?. Mel». ZV «t« ariù, I. lU, 1 'Utrum civiiaiis faderatœ duo ca, ■WiTBfiliaJr/jr, sicul XXIV Nemauatu li'LlHI, ;/,•,/, „a,., III, V (JV),6.)
il) nfiuleHtissima suHt, Vasia Vacanm, Artcomicerum Nfmausus, Talosa xlonorum Arelate, StpUm.
io6 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE SIXIÈME.
Il est donc probable que, comme toutes les colonies fondées pouJ ainsi dire tout d'une pièce avec cette précision, cette méthode et surtout cette rapidité qui furent les marques distinctives de Isconquête romaine, elle atteignit tout de suite son apogée entre les règnes des empereurs Tibère et Claude. A la fin du douzième siècle, après les violences des comtes de Toulouse, les habitants se réfugièrent sur le versant septentrional d'une colline escarpée sur la rive gauche de l'Ouvèze et y bâtirent le Vaison moderne, qui n'est plus sur l'emplacement de l'antique Vasio, située vis-àvis dans la plaine, au quartier appelé <c la Villasse ».
C'est au pied de ce quartier que se trouvent les restes du quai d'embarquement de l'Ouvèze, souvenir de la navigation disparue sur ce modeste affluent du Rhône, qui présentait certainement aux premiers siècles de notre ère, comme la plupart des cours d'eau de la vallée et le grand fleuve lui-même, un étiage sensiblement plus élevé que de nos jours. Un pont d'une seule arche en plein cintre, de neuf mètres d'ouverture, était jeté sur la rivière; il a été réparé par les modernes, mais son gros œuvre a résisté aux siècles. A côté se trouvent encore deux arcades et quelqes restes de gradins taillés dans le roc. C'était l'ancien théâtre, qui paraît avoir eu d'assez modestes proportions et ne contenait que deux mille personnes environ, comme le petit théâtre de Pomf)éi. Il n'est rien resté d'ailleurs de l'amphithéâtre, qui devait existei cependant à Vaison non loin du théâtre, comme dans toutes les villes romaines d'une certaine importance. Très probablement i! ne se composait que de quelques substructions surmontées de gradins en charpente. On a pu retrouver aussi quelques vestigeî des thermes, de différents aqueducs qui amenaient des eaux d< source captées près de Malaucène, au pied du mont Ventoux et du grand fossé d'écoulement de la ville, cloaca maxima^ qui les rejetait ensuite dans l'Ouvèze. Des fouilles ont enfir mis au jour , à plusieurs reprises , surtout dans le quartiei du théâtre, un nombre très respectable de fragments de statues et de bustes, de pierres gravées, des urnes sépulcrales en marbre, en plomb, en verre, quelques chapiteaux de colonnes d'une g^s-
DE tYON A AVIGNON. 107
leur extraordinaire, plusieurs inscriptions, dont une rappelle un jollège d'ouvriers employés à la confection des tentes et de l'aineuycment militaires, centonarii. et une assez belle collection de bmpesen terre cuite d'un assez joli travail; quelques-unes portcDt des sculptures obscènes, annonçant une civilisation très avancée et quelque peu corrompue par le voisinage des Grecs de Marseille.
C'est encore à Vaison, presque sur l'emplacement du théâtre romain, qu'a été trouvée, il y a près d'un quart de siècle, dans un ftïcellent état de conservation, une magnifique statue en marbre, Ctlèbre aujourd'hui, et d'autant plus précieuse qu'on n'en connaît que ce seul exemplaire. La statue représente un jeune athlète de tii^-cinq ans environ, debout, complètement nu, les bras élevés ix et les mains infléchies sur la tête pour attacher sur son feint la bandelette, signe de la victoire. Ce marbre est connu iIms le monde des arts sous le nom du « beau Diadumène de Vai- »; et il est impossible, en effet, de voir un corps mieux proportionné, presque plus parfait. La souplesse des membres et (éUslicité des mouvements, compagnes nécessaires de la vigueur Mdc !a beauté chez un homme jeune, rompu à tous les exercices ■e la palestre et arrivé au maximum de l'agilité aussi bien que de ili force, l'harmonieuse cadence et la grâce exquise de ce corps Welle, élégant, quoique un peu robuste, dont le poids porte en tier sur une seule jambe, dans l'attitude d'un commencement de irehe, ont été exprimées par le statuaire avec une science ■ttomplie et un rare bonheur. C'est un morceau d'art très rafSné ; tl on ne saurait trop regretter d'avoir laissé acquérir par le Sritish Muscum de Londres (i) cette statue, unique peut-être •n monde et où la vie du corps humain se manifeste d'une manière ^Kïisaante par un réalisme de pose et une imitation scrupuleuse
01 Le OiidumËnc *P»nsm«itdes AnI
a èlÉ livré en 1S68, sur place, a ■ nette de 25,000 francs, après pli luvre auquel le propriétaire l'avait
□Rert pour une
io8 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE SIXIÈME.
de tous les détails qui n'ont jamab été surpassés. Le Diadumène de Vaison peut rivaliser très certainement avec ce que le musée des Antiques du Louvre possède de plus beau (i).
II faut enfin mentionner deux remarquables bas-reliefs de noausolées de très grande dimension qui ornent aujourd'hui la salle des Antiques du musée Calvet à Avignon. Ces bas-reliefs représentent (2) un sacrifice, une course de chars, des bacchanales, quelques-uns des travaux d'Hercule et la voiture de cérémonie, car^ pentum, du corps municipal de la cité vocontienne traînée par des
(i) Comme type et comme mouvement, le Diadumène de Vaison est tout il fait semblable k celui qui est figuré en bas-relief sur le cippe funéraire de Tlbérius Octavius Diadumenus, conservé au Belvédère du Vatican (Putolbsi, // VmHcanût t. IV| pi. 84), et au très joli bronse du cabinet des médailles {CoUecHcm jAifzÂ). C'est donc une réplique d'une œuvre célèbre dans Tantiquité. Or, lei auteurs ne mentionnent que trois statues de Diadumène, qui sont d'ailleurs tontes trois perdues, une de Polyclète (*)i une de Praxitèle (^, une de Phidias C*"^*
Le Diadumène de Vaison est donc la copie de l'œuvre d'un des trois pini grands sculpteurs de la Grèce. Mais les formes sont plus massives et plus pleinci que dans les statues de Praxitèle ; d'autre part, le style général n'était pas celu de Phidias ; il y a en outre dans la statue de Vaison une sorte d'indépendance di la tradition classique, une attitude plus hardie, plus audacieuse, un comnntence' ment de réalisme qui rappelle le Doriphore du musée de Naples reconnu en 186S par Friederichs pour une copie d'une œuvre de Polyclète. Pline dit que les qua* lités distinctives des statues de Polyclète ét^^ient la jeunesse et la souplesse, et signale comme son invention propre d'avoir fait porter ses personnages sur une seule jambe (***«).
Or, le Diadumène de Vaison est essentiellement jeune et souple ; il est surpris au milieu de sa marche et porte presque exclusivement sur la jambe droite. C'est donc une réplique incontestable de cette œuvre perdue de Polyclète que Lucien, un fin connaisseur, appelait u le beau Diadumène (<^<^<^) ».
Le prix de 600,000 drachmes qui en aurait été donné, suivant Pline, atteste l'estime qu'on en faisait et rend plus précieuse l'excellente copie qu'on a retirée presque intacte du sol du théâtre antique de Vaison. (Ol. Ravet, Monuments éU l'art antique, liv. IV, 1882.)
(2) Il est à remarquer que les chevaux de ces bas-reliefs sont tous ferrés au
(«) Pline, Hist, nat., XXXIV, 55.
Lucien, Philopseud., 18.
(**) Callistrate (5/fl/., 11) fait de cette statue une longue description. Elle était à Athènes, sur l'Acropole, et représentait un tout jeune homme, aux formes gracieuses et presque féminines.
(*3^) Cette dernière était k Olympie ; elle représentait un athlète vainqueui dont les exégètes avaient oublié le nom. (Pausanias, VI, 4, 5.)
(***^') Proprium ejus est uno crure ut insistèrent signa excogitasse. (Pline, Hist. nat., XXX, iv, 56.)
(*****) Ouôè Tèv Ttap 'aÙTov çTjpiî, tov Aia8ou|Jievov ti^v xe9a).i^ tf5v rama, rèv xa).èv, IIoX'jxXeîtou Y^p TOÛTo èpYov. (Lucien, Philopseud., 18.)
chei'aux, et portant un fonctionnaire d'un rang élevé, accomp^Éd'un licteur public, — fort belles compositions d'ensemble,
mais d'une exécution peut-être un peu molle et qui dénote une
,^que de décadence.
En dehors de ces œuvres d'art et de ces débris d'architecture, s ne trouve à Vaison aucun monument de grand style compaibleàceux de Vienne, d'Orange, de Ntmes et d'Arles, et digne
le l'importance que devait avoir sous l'empire la première
ûle du Vocontium {i}.
L'ancienne capitale des Cavares, Arausia, Orange, est au conttaire une des villes de l'ancien empire romain qui ont conservé de leur splendeur passée des monuments incomparables. D'abord nmple caslrum établi sur la hauteur, Arausio dut son nom celtique à un petit filet d'eau, VAraus, qui vient se jeter au pied de la colline dans la Meyne, modeste affluent du Rhône, Lorsque Cisir s'en empara, Arausio était déjà une des places les plus fortes de la tribu cavare. L'occupation romaine en fit bientôt une *i!le de première importance. La colonie fut fondée, vers l'an 46 45 avant notre ère, par Tibérius Claudîus Néro, père de l'empereur Tibère, avec les vétérans de la septième légion oi^anisée
•nu des deux pieds de devant. C'ei
soleas i
XXXUI.)
ta-Niuim, La/trrHTtà clous che* UsancUia. (Mém. de la Sociitë des anti- ÏUimdt Fcaace, t. XXIX. 3- aér., t. IX. Parts, 1866.)
J' OlncKUAT, La qtuiiioH du ferrage des chevaux ta Gaula. (Rev. des Soc. ■'. S"!*!., t. VI, ann. 1873, a' aem.)
{') J.-O. Long., Keckercka sur le> atttig. ram. du pays dts Vecgniifns. (Acad. iiiiiwipt., MÉm. des sav. «trang., 2* sir., II.)
^riflian dt la prtviner NarboHnaite selon le texte de Pline. (Acad. royale *»iMnipt. et bell.-lett., t. XXIX. Paris, 1764.)
"nOK, AnIiquiUs de yaUen. (M*m. de la Soc. roy. des ai ïnw, t. XVI.)
iDtlJUDMl, GauU ram., t. II, p. 338.
de
no SECONDE PARTIE. — CHAPITRE SIXIÈME.
par les triumvirs, et son nom officiel était Colonia Firma Julie Arausio Secundanorum,
L enceinte romaine a été presque entièrement détruite, et oi n*en retrouve plus que des substructions dans un grand nombn de caves appartenant à des maisons des faubourgs de la ville L'aqueduc antique, qui conduisait les eaux de la fontaine du Gn» seau, siuée à une lieue environ de Malaucène, presque à la bas* Nord-Ouest du mont Yen toux, avait près de trente kilomètres d< développement. Quelques traces à peine en sont encore appa rentes à travers champs dans la banlieue d*Orange et de Vaisoa mais elles disparaissent tous les jours ; et le sol incessamment rema nié par la culture les aura bientôt partout efEacées (i). Un ancie
(i) Il est certain que les eaux du Grosel ou du Groseau ont été conduites ps un aqueduc souterrain à Vaison et à Orange. M. le I> Isnard, de Malaucène, constaté, à cinq cents mètres de Vaison, un massif de constructions romaines, moitié enfouies, qui paraît avoir été un réservoir à partir duquel les eaux s divisaient en un double conduit. Ce réservoir aurait été en quelque sorte ' répartiteur des eaux entre Orange et Vaison.
La source du Groseau, du Grosel ou du Graselos mérite d*ètre mise en par9 lèle avec la célèbre fontaine de Vaucluse. « Entre les deux fontaines les analogie sont nombreuses. Toutes les deux émergent de la base d*un immense groupe ment calcaire de l'étage urgonîen. On aboutit à chacune des deux sources p<s un défilé rocheux, avec cette différence que les abords de la fontaine de Va« cluse sont d'une nature aride et sauvage, tandis que la fontaine du Grosel, bord^ de chaque côté par de grandes collines, à sommets pittoresquement découpéarrose, dès son point de départ jusqu'à l'étranglement de la vallée, une série ô déclivités couvertes de prairies.
La qualification de vallis clausa s'appliquerait aussi bien à Tune qu'à Tautre et toutes deux fournissent une force hydraulique qui est utilisée au profit d'un foule d'usines non moins qu'à celui de l'agriculture. Le débit du Grosel est bie moins considérable, mais est par contre plus constant, en été surtout. Les deu fontaines réveillent, l'une comme l'autre, des souvenirs historiques du mém siècle, le quatorzième. Sur la rive escarpée de celle de Vaucluse, on voit encor les ruines du château de Philippe de Cabassole, Tami de Pétrarque ; et si le échos de ce site ont répété les vers à la louange de la belle Laure, sur la rive d' (irosel et dans sa riante oasis, brillait, au milieu de la petite cour papale de Clé ment V, la non moins belle comtesse de Périgord, dont les charmes avaien captivé le voluptueux pontife.
Knfin, pour relever le mérite de ce merveilleux site du Grosel, on peut rap peler qu'à une faible distance de la source s'ouvre le gigantesque amphithéâtr de Heaumont, dont les gradins escaladent les pentes du mont Ventoux, et s*élè vent à 1,500 mètres. C'est au milieu de ce vaste cirque qu'était construit 1 magnifique tombeau d'un préfet d'une cohorte des Bracares Augustani, doB rin.scription se développait sur une frise qui n'avait pas moins de dix mètre
DE LYON A AVIGNON. i i i
marais existait autrefois au pied de la colline. Dans ce bas-fond s'égouttaient les eaux de la ville, des faubourgs et de plusieurs coteaux voisins à pente douce. Après les pluies et les orages, c'était une mare, presque un petit étang; et les bas quartiers delà ville n'auraient pas manqué d'être inondés périodiquement si on n'avait eu soin de le vider au moyen d'un canal de fuite. Cet émissaire paraît avoir eu, d'après quelques vestiges informes que l'on a pu retrouver sur près de deux cents mètres de développement, une largeur de deux mètres. C'était une sorte de grand égout collecteur qui conduisait toutes les eaux de la ville dans la Meyne et de là dans le Rhône.
Les ruines du cirque ou de l'hippodrome, de l'amphithéâtre et
d'étendue (^. » Ce qui reste de cette frise a été recueilli par M. Eug. Raspail et a reçu asile dans la belle collection de monuments épigraphiques réunis auprès <ie sa maison d'habitation à Gigondas.
Comme tant de fontaines de la vieille Celtique, celle du Groseau, considérée comme sacrée, était l'objet d'une dévotion spéciale. Le dieu topique s'appelait Gruebs, tout à fait analogue à son voisin le dieu Nemaus ou Nemausus de la célèbre fontaine de Nîmes. Un temple et un autel lui avaient été élevés à côté delà source même; et le cippe de l'autel portait une inscription celtique en lettres grecques, une des plus curieuses trouvailles de nos modernes épigraphistes:
////Acrc
//NAAIAKoÔ YPACEAOr PPATOVAE KANTENA ^ laquelle on lit le nom de la divinité FPACEAOC, Graseîos, et les deux mots BPATOÎAE KANTENA bien connus des celtistes , qui se retrouvent sur la belle "wcription aux Maires de Nîmes et paraissent être une formule de consécration religieuse.
On ignore, on ignorera peut-être toujours ce que signifiait ce mot de Graseîos dans l'idiome de nos pères. Peut-être y a-t-il un lien de parenté entre le dieu protecteur de la source du Groseau et les nymphes Griselica des sources minénlesdeGréoulx dans les Hautes-Alpes. Quoi qu'il en soit, la dévotion a existé à l'époque gallo-romaine ; et, comme toutes les dévotions antiques, elle s'est purement et simplement transformée sur place. Sur les ruines du petit temple païen s est élevée une chapelle romane. La pierre que décore l'inscription celtique a porté d'abord un autel dédié à saint Jean-Baptiste ; elle soutient maintenant, depuis »« premières années du siècle, une croix ; et le petit oratoire est consacré à la Vierge qu'on y vénère sous le vocable de Notre-Dame du Grosel ou du Groseau. 'A Allmer, Rev. èpigr. du midi de la France, n* 552, avril 1885.)
'*' Fragment de lettre de M. Eug. Raspail insérée dans la Revue épigraphique '« Miii de la France, avril 1885.
ti3 SECONDE PARTIE, — CHAPITRE SIXIÈME.
des principaux monuments, temples, forums, basiliques, thermes, etc., qui certainement existaient à Orange comme dans toutes les colonies importantes, ont à peu près disparu. L'ancienne capitale des Cavares est assez pauvre en monuments épigraphiques; et il est fort probable qu'un très grand nombre de pierres votives ou funéraires ont été employées comme matériaux à bâtir dans la ville du moyen âge et dans la ville moderne. En revaiu:he, son médaiUier est assez fourni et prtaente, avec qndqon pièces gauloises et massaliotes, une assez bdie coUectiim da médailles consnlairea et la strie presque iaintenompue des mfrdaïlles imp&iales du Haut et du Bas-Empire.
On sait le malheureux sort d'un grand nombre de mosaïques antiques dans bien des villes du Midi de la Franire. Les plus belles ont certainement disparu, brîsies ou volées par fragments ; et « n'est que depuis quelques années qu'on prend soin de d^ager et de conserver ces précieux pavages, dont le relevé m^hodiqw peut donner de si utiles indications sur l'assiette et les différents niveaux des villes antiques. Au commencement du siècle, lei ouvriers les détruisaient presque toujours, sans y porter la moindre attention. Quelques rares amateurs en emportaient alors des débris ; et on a vu même assez souvent des propriétaires, ennuyés d'être dérangés par les curieux, prendre le parti d'anéantir de véritables richesses archéologiques pour s'afïranchir de visites importunes.
A Orange, la quantité des mosaïques supplée à la qualité ; et il existe peu de caves de maisons où l'on ne retrouve quelques débris plus ou moins mutilés de l'ancien pavage, sans valeur artistique le plus souvent, mais à une profondeur à peu près uniforme d'un mètre, ce qui est bien le taux moyen de l'exhaussement du sol antique dans la plupart des villes de la Gaule romaine depuis l'origine de notre ère jusqu'à nos jours.
C'est dans cette couche, pour ainsi dire classique, que l'on a retrouvé un nombre assez considérable de menus objets de ta période gallo-romaine, monnaies, ustensiles, fibules, vases, lam-
d'une valeur en général assez médiocre ; et, à l'exception de trmsou quatre statues assez mutilées, — un Mercure, une Minerve, inetêtede Livie, un gladiateur, — rien ne mérite une mention parijculière. Mab au milieu de toutes ces ruines clairsemées, presque nfconnaissables et à tout prendre d'un assez pauvre intérêt, dans celte petite ville d'Orange, triste, mal bâtie, déchue, et l'une des pluivulgaitesaujourd'huidelavalléedu Rhône, sedressentencore conime souvenir de son illustre passé, deux monuments graniiûses, uniques en France, d'une merveilleuse conservation, ^ui, peut-être même supérieurs aux plus beaux monuments de Rome El de l'Orient : un théâtre et un arc triomphal.
Uthéitre est adossé à la colline. C'était une règle à peu près inimuable chez les Romains. Cela dispensait d'élever des massifs pour soutenir les gradins. On échancrait la montagne et on taillait <Iinsla roche des places pour cinq mille, dix mille spectateurs. Il D'existé peut-être pas de théâtre de l'ancien monde romain qui soit arrivé à nous dans un état de conservation plus remarquable nue celui d'Orange. Le fameux théâtre de Scaurus à Rome, qui contenait, paraît-il, 80,000 places, était une construction fragile, luiueuse, mais qui n'a laissé aucune trace. Du théâtre monuiDenial de Marcellus, il ne reste que quelques arceaux et des sou- Usstments engagés dans des constructions modernes, il y avait ^pendant des théâtres dans toutes les villes importantes de l'empiiî. C'est par centaines qu'on pourrait les compter. Mais nulle PW, ni en Grèce, ni en Italie, ni en Sicile, ni en Espagne, ni en wient, on ne trouve un édifice similaire offrant des documents •"ssi intacts, aussi bien conservés, aussi précieux. On ne peut ™icomparer que les théâtres de Pompéi préservés par leur propre «Mstre, et dont il semble que le spectateur vient de sortir.
Tous ces théâtres, d'ailleurs, étaient construits sur le même ■"fitlc. Le type était excellent; et, une fois trouvé, il n'a pas varié.
Un théâtre ancien se composait, comme un théâtre de nos jours, d'un hémicycle pour les spectateurs et d'une partie rectangulaire qui formait la scène. Le rez-de-chaussée, arrondi en demi<erde, s'appelait Vorchestrum et tenait exactement la place de notre parterre. Cet orchestre, vide chez les Grecs, était comme une seconde scène dépendante de la première ; et, ainsi que son nom rindique, on le réservait pour les exercices de danse et pour les chœurs (ôpj^iîcrrpa, opj^y^aiç, danse, ballet, pantomime). Ce ne fut que plus tard, sous les Romains, qu'on y mit des spectateurs de choix; mais jamais on n'y installa de musiciens. Ceux-ci se tenaient au devant de la scène, à peu près à la place où nous les mettons aujourd'hui, et qui était désignée sous le nom At proscenium. Les acteurs eux-mêmes jouaient, comme les nôtres, sut des planches disposées à la partie antérieure de la scène qu^oi appelait \t pulpitum. Enfin, pour faciliter, chez les Grecs surtout les communications entre la scène où l'on jouait et l'orchestre o l'on dansait, on avait établi latéralement deux escaliers qui trs versaient \^ proscenium ,
Souvent on disposait, au centre de l'orchestre, un autel à Bacchus appelé thymélê, ©uusXr,, autour duquel les chœurs ex^ cutaient leurs évolutions, qui faisait partie de la mise en scène, < servait soit d'autel pour les sacrifices, soit de monument funérain Contre ce petit édicule, se tenaient à la fois le souffleur et 1< joueurs de flûte, tihicines ; celui-là, caché derrière le piédesta battait la mesure ; ceux-ci, au contraire, en évidence et vêtu comme de véritables acteurs, de robes traînantes, accompagnaiei les tristes mélopées des chœurs, prenaient quelquefois part à l'ation et jouaient dans la pièce le rôle multiple qu'ils remplissaiei dans la vie réelle, dans toutes les fêtes, dans les funérailles * surtout dans les solennités religieuses.
La scène du théâtre était divisée en trois parties auxquell < correspondaient trois portes pratiquées dans le fond. Celle c milieu, la plus importante, qu'on appelait la porte royale, poir* regia^ rcgiœ va ha?, indiquait, selon le cas, un palais, un temp et en général l'entrée du protagoniste, qui était le principal p^
sonnagc de la pièce ; celles de droite et de gauche, portx hospilâlfs, marquaient les entrées des personnages secondaires. Enfin, deux autres portes latérales se trouvaient à la place de nos coulisses modernes et conduisaient, l'une aux o champs n, l'autre au iport». Telles étaient les conventions générales et les règles classiques toujours suivies.
Celte division de la scène permettait de découvrir isolément aus spectateurs une, deux ou trois de ses parties; et, suivant que l'on jouait une comédie ou une tragédie, ou une de ces pièces appelées ûtellanes ou tabernartœ, et qui dégénéraient presque loujours, chez les Romains, en pantomimes ou en farces grosaires, on disposait te théâtre de manière à pouvoir, comme de nos jours, représenter des scènes doubles et simultanées avec des ilécors différents. Le pulpitum, d'ailleurs, régnait sur toute la partie antérieure du théâtrej c'était l'avant-scène; et les acteurs venaient y réciter leurs rôles en s'approchant le plus près possible des spectateurs afin d'en être mieux entendus.
On obtenait l'illusion scénique par des procédés tout à fait inali^es aux nôtres ; et les anciens connaissaient, comme nous, fa peintures du grand mur de scène qui correspondaient à nos toiles de fond et les décors latéraux ou disposés au milieu du fulpilum, fixes ou mobiles, pouvant tourner autour d'un axe vtrtical, versatiles, ou glisser comme nos coulisses sur des rainures, ductiles. La machinerie était d'ailleurs fort compliquée et jouait, surtout chez les Romains, un rôle considérable. L'intervention des dieux était, en effet, assez fréquente sur le théâtre intique; et on les voyait tantôt surgir et s'élancer de terre, tMitfttsc promener dans les nues; ce qui suppose des manœuvres <td« appareils dont nous pouvons ignorer les détails, mais dont ^tst impossible de nier l'existence et dont on retrouve encore la
P'acedans le sous-sol et à l'étage supérieur de la scène (i).
/oii ï ce sujet les détails doonéi par M. Charles Tcxier sur le thË&tre I fiifniut, aujourd'hui MinoMgal, en Carie. {Dtscriplion de lAsie Miruurt. f ^Â, i!j6.)
1x6 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE SIXIÈME.
Les décors n'avaient cependant qu'une importance second sur le théâtre grec. C'était assez, pour un public délicat cor celui d'Athènes, que d'entendre les beaux vers de Sophocl d'Euripide; mais celui de Rome avait besoin surtout de rep: ses yeux et ses sens (i) ; il lui fallait du bruit, des costumes des parades et des combats. L'art noble et élevé était un m( fermé pour lui. A Rome, comme chez nous, le luxe et les ra£ ments de la mise en scène furent l'indice d'une véritable d dence de l'art dramatique. Nos féeries modernes ne le prou que trop; et les représentations romaines ne furent bientôt des féeries à grand spectacle, des exhibitions d'animaux de pays, des scènes orgiaques et des combats presque touj ensanglantés. Les auteurs et les poètes s'en plaignaient déjà les dernières années de la République; et il est curieux de dans les deux prologues de VHécyre (3), les doléances de Tére qui constatait avec chagrin que le public interrompait ses pi pour demander l'entrée en scène des baladins ou des gladiate qu'on avait eu l'imprudence de lui annoncer (4) .
A. Pelet, Recherches sur la scène antique. (Mémoires de l'Académie du ( 1861.)
H. Revoil, Sur le théâtre antique d'Orange. Bull, mon., 1883.
(1) y a m migravit ab aure voluptas
Omnis ad incertos oculos, et gaudia vana.
(HoRAT., Epist., 1. III, I, V. 187-188.)
(2) Dixit adhuc aliquid/ Xil sane. Quid placet ergo' Lana Tarentino violas itnitata veneno.
(HoRAT., Epist., V. 206-207.)
(3) Ita populus studio stupidus in funambule Animutn occupa rat
(^Tere-\t. , liecyra, prol. I, v. 4-5.) Quum primum eam agcre cœpi, pugilum gloria, Funambuli codent accessit cxpectaiio :
Comitum conventus, strepitus, clamor mulierum Fecere
vTerent., Hccyra, prol. II, v. 25-28.) Primo actu placeo, quum interea rumor venit, Datum iri gladiatores; populus convolât; Tumultuantur, clamant, pugnant de loco.
(^Terent.. Hccyra, prol. II, v. 31-33.)
(4,') média inter car mina poscunt
A ut ursum, a ut pugiîes
vHoRAT., Epist., 1. II, I, V. 185-186.)
Pendant des heures entières, ce public brutal voyait défiler sans ennui des légions de cavaliers, des voitures remplies de femmes, des escadrons de chars, ou l'équipage d'une armée entière, traînant après elle des rois esclaves les mains liées (Jerrière le dos ; il regardait avec enthousiasme porter en triomphe des statues d'ivoire figurant le butin d'une ville conquise, et des bateaux se balançant sur une mer factice (l).
Puis c'étaient des baladins et des équilibristes hindous, des bateleurs et des bouffons arabes d'une souplesse et d'une agilité mm-eilleuses, des danses mimées par des hommes du Nord revêtus de peaux et portant des armes étranges, des apparitions cHrsyantes de sorciers de Scy thie, des exercices de chiens habillés dont les costumes reproduisaient ceux de tous les peuples sujets Ou îlliés de l'empire, des défilés interminables de bêtes sauvages inienées des glaces boréales ou des brûlants déserts de la Libye, cl conduites par des rétiaires habiles. Ce dernier genre d'exhibition awt même pris un développement qu'il nous serait aujourd'hui lisez difficile de réaliser. Pline raconte que, dans le fastueux théâtre qu'il avait fait construire à ses frais (2) , ^îlmilius Scaurus montra un jour au peuple ravi, dans une seule représentation, iu'à cent cinquante panthères d'Afrique (3). César alla plus I loin; il exhiba un jour quatre cents lions. Pompée renchérit ' encore et put porter ce chiffre à six cents (4) . Puis venaient des Ittoupeaux de prafes, des éléphants, des athlètes, des hommes
|(l) Qualof ont pUres aulaa ftremunlur in haras,
Dum fugiunl eqHilMrn tiirnia, pedilumque calerva, Uqx irahUHT manibui rex""! fiftnna relorlis; Eaida feslinant, pilenta, ptlorrita, naves; Captivum porlalHr tbuT, capliva Carini/ius. (HoiiAT., Epist., 1. 1 W U Ihèltre temporaire de Staurus était d'un ""■fMÉMges, comme h» théâtre de M.-irrellas, WColisèe. Le premier ftait en marbre 1 le si I se IroOTaient les places les moins ftâlora* de trois mille Statues. (Pline, Hùl (ï ftjïE, Hh(. «a/,, VIII. 34- WPu!.i,Wi,(. „at., VIII, 30.
'""■-M.cir,, U. loa.
t., Pmf/t. S2.
-193.) B le grand cirqut
ind, revêtu de
ii8 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE SIXIÈME.
armés, et enfin et toujours du sang. La joie du peuple débordait alors ; en proie à une surexcitation allant jusqu'au délire, il poussait, dit Horace, de véritables hurlements (i) ; et le théâtre envahi par les courtisanes (2) , les bêtes féroces et les gladiateurs, n'était plus qu'un repaire de débauche, une succursale de l'amphithéâtre et du cirque, avec cet avantage très apprécié que l'on y voyait mieux et de plus près. Comme tous les plaisirs publics de l'empire, il était devenu, entre les mains de riches patriciens d'abord, des empereurs ensuite, un instrument de corruption politique. La scène fut un jour couverte d'argent; et le peuple repu de vin, ivre de sang, rentra chez lui après avoii ramassé des pièces de monnaie que lui avait jetées un maître aussi d^^adé que lui.
Bien qu'à deux pas de Marseille et des colonies grecques, l théâtre d'Orange est essentiellement romain. L'acanthe des cha pitaux corinthiens est une imitation de celle du Panthéon et d* temple de Jupiter Stator à Rome. Les aigles au milieu des fin ceaux, les corniches à modillons, les bas-reliefs des Centaures sont des motifs d'un caractère tout à fait romain ; les colonne sont, comme profil et proportion, du même style. L'éminer restaurateur du théâtre d'Orange, Auguste Caristie, a donc et bien inspiré en plaçant dans la grande niche de Vaula regia d théâtre, au milieu de la façade, la statue de l'empereur Man Aurèle. C'était assigner la date de sa construction probab (161-180 ap. J.-C.) (3).
Ce qui frappe de prime abord dans ce théâtre, c'est la rnass*
(1) Gartranum mugire f>Htes nemus, a ut mare Tuscum, Tiinto eu m st répit u ludi speeiantur
iHoRAT.. Epist., 1. II, I, V. 202-203.)
(2) Idettt vero theatrum, idem et prostihuîum ; eo quodpost ludos exactos, f^ triées ihi f*rosternerentur. [\s\D. Skv.. XVIII, 42.)
I^j) H. Rkvoil, Sur le thédtre antique d'Orauge, op. cit.
DE LVOK A AVIGNON,
PbMou très peu d'ornementation. Les matériaux employés sont des blocs. La façade est un véritable rempart qui pourrait soutenir un si^e en règle. Les portes voûtées paraissent des entrées ée prisons. C'est le style romain avec l'exagération de toutes ses qualités. La pureté est remplacée par la force, l'élégance par la nandeur; et il y a certes loin de cette brutalité architecturale à toute la délicatesse de l'art grec.
Tel quel, cet édifice était en harmonie avec son milieu et devait fcït bien convenir h la race rude et grossière des Cavares, aux plaisirs desquels il était destiné; et il est assez probable que les Ijxttacles offerts h une population presque barbare devaient être peu littéraires et se rapprochaient beaucoup des sanglants eiercices de l'amphithéâtre.
Tous les esprits cultivés connaissent les divines beautés de la tngWie grecque, l'élévation des caractères et les proportions bérolques des personnages, la simplicité et la grandeur terrible des dénouements. Même chez Euripide, le plus dramatique des tragiques grecs, les scènes les plus véhémentes et les plus tourmentées étaient ennoblies et tempérées par une grâce et une insjestÉ souveraines. C'est ainsi que, dans la célèbre tr^édie i'ÂnIùfe, lorsque les deux fils vengeurs donnent l'ordre d'atiicheria malheureuse Dircé à un taureau sauvée, le dénouement htal Était soustrait aux yeux des spectateurs délicats, et les dnses ne se passaient pas autrement sur la scène grecque que ■ousneles représenterions de nos jours. Le théâtre latin n'avait pudeces délicatesses; et la traduction célèbre de Pacuvius était 'ifautant plus goûtée qu'elle était plus réaliste. Le décor était lOv^e et hérissé de rochers réels. Dircé et le taureau étaient woduits sur la scène : a Saisissez-la, roulez-la à terre, déchirez •* mbe, tratnez-la par les cheveux (i) », et la malheureuse ittarat, à demi nue et ensanglantée, était offerte en pâture à un poblic brutal et blasé, jusqu'alors insensible aux péripéties du
II) Vnr le groupe rolossal du taureau Farnè: H.Esnowï, Cerpuipoetarum. Paris. t^^A- Lt'Ée, Tktilrt des Lalim.
le Naplea.
drame, et dont la suprême jouissance était de voir souffrir e mourir. De pareilles monstruosités n'ont jamais souillé un théâtr purement grec ; mais elles ont pu très bien se passer sur cett scène essentiellement romaine d'Orange, massive, dépourvu d'ornements, et qui semble avoir été construite moins pour le comédies de Plaute ou de Térence que pour les exercices de bateleurs et des pantomimes, des gladiateurs et des animaux.
L'ensemble de l'édifice est toutefois fort imposant. Le gra» mur de la scène est debout, presque intact. Construit de bloc énormes, il a résisté à toutes les injures du temps. Il étai décoré autrefois à l'intérieur de trois rangs de colonnes dont o: retrouve encore des fragments à leur place, en granit poli et e marbre blanc. La décoration de la façade extérieure est plus qu simple ; la grandeur n'exige pas d'ornements. La partie réservée a public, ce que nous appelons aujourd'hui la a salle de spectacle i était creusée dans la montagne. A l'exception des premier rangs qui sont directement entaillés dans le roc, ce n'est plu qu'un éboulis de ruines, sur lesquelles cependant peuvent encor prendre place plusieurs milliers de spectateurs. Mais le gran mur de la scène, les constructions latérales qui la flanquaier à droite et à gauche, tout cet ensemble qui constituait en réalit le théâtre, — \t, proscenium ^ \q postsccntum, le pulpitum, — sor debout. La masse entière subsiste, et il n'y manque que les rev^ tements décoratifs.
La scène était recouverte par un toit en charpente, et \i acteurs ainsi protégés contre les intempéries de l'air, sans qi leur vue fût cachée pour aucune partie du public. On retrou^ encore les trous pratiqués au faîte du mur de la scène poi recevoir les fermes de ce toit détruites par un incendie qui laissé des traces très apparentes, pierres rougies et fendue marbre calciné. Enfin, un immense velarium abritait la cavea; ( le tendait et on le promenait graduellement au-dessus des spect teurs, suivant la marche du soleil, au moyen de cordages attach à des mâts décoratifs plantés de distance en distance au couro nement de l'édifice.
DE LYON A AVIGNON. lat
Les princes d'Orange avaient fait de ce théâtre une sorte de
bastion avancé de leur château construit sur la hauteur; et on
y voyait encore, au comniencement du siècle, une échauguette
bitic au sommet du mur de la scène (i) . Pendant longtemps une