C . OTACILIO . C . F . VOLT j OPPIANO IIIIviR
(^Inscript. du Musée Calvet à Avignon.»
Vrhium (ypitlrntissivue suut Avenio Cavarum.
(Mel.\, De sit, orb., 1. II, ch. v.) AÙEvîwv iSïRAB., Steph. Bvz.). — 'Ao'js'/vuov xoXwvia (Ptol.). CivitiisAvcnriicorum. (Not. prov. Gall.) \2) Voir suprà, ch. VII. XI x.
bte, dont il ne reste plus de traces aujourd'hui, partait du Mne au pied de l'escarpement Nord du rocher, décrivait une Durbe à peu prf-s elliptique assez allongée et se rattachait ensuite Brocher du côté du Sud, après avoir enveloppé toute la partie h coteau qui éniei^eait au-dessus des plus grandes inondations Il Rhône et qui correspond à la partie insubmersible de la ville deme. C'était, en effet, une règle invariable chez les Romains, mt le sens pratique se manifestait dans toutes leurs construc- SS, de s'établir toujours sur un sol à l'abri des eaux. Leurs odes routes étaient insubmersibles; et lorsque les ondulations ^rrain obligeaient le tracé de traverser des bas-fonds, on les ttxhaussait au moyen de grandes levées en maçonnerie , es, que l'on appelle encore aujourd'hui des « levades », percées idtstance en distance par des arceaux de décharge pour le pas- [6 des eaux. A plus forte raison, les villes étaient-elles établies général à mi-côte sur des pentes ou sur de petits plateaux. On peut donc considérer que l'enceinte romaine d'Avignon imitait à peu près exactement !a partie de la ville qui s'étend pente tout autour du rocher des Doms, dans la zone que vient Mirer le niveau des plus grandes inondations du Rhône. Cette k ne dépasse guère les sept plus anciennes églises d'Avignon, les qu'on appelait autrefois les h sept paroisses » : — la Madeleine, bâtie jadis sur les ruines d'une partie du cirque, et dont il ne reste qu'un massif de fondation qui supportait probablement le dxher de l'église; — Saint-Agricol; — Saint-Didier; — Notre- Djme la Principale, devenue depuis la chapelle des Pénitents i>lancs; — Saint-Geniès, aujourd'hui la Bourse; — Saint-Pierre; — Saint-Symphorien enfin, qui n'existe plus depuis deux siècles, et ((ui laisse à peine voir quelques substructions d'origine romaine dans les caves d'une maison moderne. Ces sept églises sont greffées sur des soubassements antiques. Les traditions constantes d'Avi- ;non veulent qu'elles aient remplacé des temples païens, et il n'y ricD ià que de très vraisemblable et de conforme à ce qui exisit presque partout. Cette transformation du temple païen en ^i»e chrétienne était, d'ailleurs, dans les premiers temps du
christianisme, une règle à peu près absolue; et les fondateurs, la plupart inconnus, de nos premiers sanctuaires suivaient d'instinct le précepte intelligent qui devait être formulé plus tard par saint Gr^oire le Grand, recommandant de ne jamais détniire les temples des idoles, mais de les purifier en les appropriant au culte du vrai Dieu (i). Dans cet ordre d'idées, on était ma souvent conduit à mettre les temples restaurés sous le vocable des saints qui avaient quelques rapports extérieurs, quelque similitude de fonctions avec les fausses divinités dont ils prenaient la place. C'est ainsi qu'un grand nombre de temples de Mars furent dédiés un peu partout à saint Georges, le chef de la chevalerie terrestie, ou à saint Martin, le modeste soldat de l'empire. Saint Pierre, qui ouvre les portes du ciel, détrôna Mercure, le conducteur des âmes dans les Champs Élysées. Le Panthéon de Rome, qui a été longtemps l'église de tous les saints, était autrefois le temple de tous les dieux. De même, au pied de l'acropole d* Athènes, k temple d'Esculape a été changé en sanctuaire consacré à saint Côme et à saint Damien, tous deux médecins; et la Vierge Maiie fut plus tard honorée dans cet admirable Parthénon que la Grèce avait élevé h Minerve, la seule déesse chaste de la mytholc^e païenne, et dont le nom, comme celui de son temple, est Texpression même de la virginité (Parthénon, îraoOevo;, vierge; — Athéné. A9y,v7;, a TiOnvEO), je n'allaite pas) (2).
( i) Fana idolorttm désir ni in eadem génie minime debeant ; svd ipsa, quaineis stint, idola desiruaniitr... Aqua beitedicia fiai, in eisdem fanis asper/^aittr, aliarii ronsiruaniur, reliqui(P ponaniur ; quia, si fana eadem. bene consirucia su*i>
necesse est ut a cultu dœtnontim in obsequium veri Dei debeant commutari
(S. Grk(;or., lib. XI, ep. 76.»
i2) L:i déesse vierge Athéné avait chez les Grecs ses végétaux symboliqof^ que l'on distinguait sous le nom de parthenium, TcapÔÉviov, c'est-à-dire htrhe^ la Vie rire. Dans les légendes du moyen Age. les attributs de Minerve ou Athéoé passèrent à la Vierge, mère du Sauveur; les herbes parthenium devinrent des « herbes de la Madone » : et ces herbes virf^inales furent dotées, dans la créance populaire, de vertus en rapport avec leur nom. (Voir Ancielo ue Gl'berN-aTIS. La mviholof^ic des glatîtes, 1878.)
Vllest absolument impossible d'avoir des notions bien exactes ffle chiffre de la population romaine d'Avignon. D'une manière ÉnÉrale on ne peut arriver à de pareilles évaluations qu'en comparant le développement de l'enceinte avec celui d'une autre ville romaine dont la population est connue. Comme les villes romaines ttaient à peu près toutes taillées sur le même patron, que les maisons y avaient le plus souvent les mêmes proportions, presque les mêmes aménagements, qu'elles ne présentaient ordinairement ijuun étage ou plutôt qu'un rez-de-chaussée, qu'elles n'avaient ni grands jardins ni dépendances, et qu'elles n'étaient séparées, lorsqu'elles n'étaient pas adossées, que par des ruelles fort étroites, on peut très bien admettre que le développement des remparts qui entouraient la ville pouvait donner la mesure approximative de la population urbaine.
Nous avons vu aussi qu'un autre élément d'appréciation — et peut-être le plus exact — pouvait être fourni par l'étude des dimensions et de la capacité des grands monuments publics destinés aux plaisirs de la foule, théâtres, amphithéâtre, cirque ou Hippodrome. Sous l'empire, dans une ville romaine régulièrement Constituée, ces monuments étaient une sorte de jauge de la popu- Istion. Comme toute ville romaine importante et riche, Avignon devait avoir un amphithéâtre; il n'en reste malheureusement ïutun débris, et on ignore même son emplacement. On a retrouvé Sfulcment quelques ruines de grands arceaux qui ont appartenu Su théâtre, lequel était adossé au rocher et dont la scène devait « développer du côté de la place Saint-Pierre. Le monument
I parait avoir eu de très grandes dimensions ; mais on ne peut rien
■ IsËciser.
On est un peu mieux fixé sur le cirque ou l'hippodrome. Il était [■lu* derrière l'hôtel de ville et le théâtre modernes; et on a
retrouvé des substructions et des voûtes qui recouvraïenl les gn- ' dins sur près de deux cents mètres de longueur. L'état de ce» ruines est malheureusement insuffisant pour permettre d'évaluer le nombre des assises, encore moins celui des spectateurs. On | n'aurait, dans tous les cas, qu'une indication très approKimativa' du chiffre correspondant à l'un des trois monuments; et oa «t dans l'inconnu le plus complet sur la capacité des deux autres, le! théâtre et l'amphithéâtre.
Le meilleur élément pour évaluer la population romaine d'Aïi> gnon est donc la superficie de la ville ou le développement il( son enceinte. Celle-ci, dont le tracé ne paraît pas s'être sen» blement écarté de la courbe de niveau qui marque la cote ità plus grandes eaux du Rhône, avait la forme d'une ellipse tl* allongée et un développement de près de i ,800 mètres. Rome, nfi temps de sa plus grande splendeur, avait une enceinte de vingtM vingt-cinq kilomètres de développement et une population d'inl million et demi ou tout au plus de deux millions d'habitants. NooM avons vu que le périmètre de la ville romaine de Lyon mesurafl de quatre à cinq kilomètres, et que sa population pouvait ctie, évaluée à quatre-vingt ou cent mille âmes (i), La population probable d'Avignon, dont l'enceinte avait à peine deux kilomètia 1 de tour, ne devait donc pas dépasser, aux premiers siècles (fe notre ère, vingt-cinq à trente mille âmes.
Aucune vilie n'a plus souffert qu'Avignon des invasions de li première moitié du moyen âge. Placée sur la route même des Barbares qui, pendant cinq siècles, n'ont cessé de descendre et <i« remonter la vallée du Rhône, elle n'a, pour ainsi dire, manoui aucune de leurs visites et entre temps était livrée à la pire anarchie. Burgondes, Visigoths, Ostrogoths, Lombards, SaxonSy Francks, Sarrasins ont passé à plusieurs reprises par Avignon et l'ont tour à tour assiégée, pillée et ensanglantée. Tout, absolumcnl tout ce qui datait de l'époque gallo-romaine a été détruit «
<i) Voit t. I", a* partie, ch. IV, III.
rftl£; et ce n'est qu'en étudiant quelques substructions et quelues débris mutilés, très éparsdu reste et mêipe quelquefois doutux, qu'on pteut chercher à reconstituer !a ville antique.
Avignon était une des stations principales de la grande voie
inaîne d'Agrippa, qui partait de Lyon, suivait la rive gauche du illiôoe et se soudait à Arles à la voie Aurélienne. Il est à peu près iertdn que cette route traversait Avignon de part en part et |u'elle occupait à peu près l'emplacement de la rue actuelle de la ^arretterie. Elle pénétrait dans ia ville par une porte qui s'ouvrait In côté de Lyon; c'était ta porte du Nord ou des Gaules, porta tolliarum. La voie romaine allait ainsi jusqu'au forum, qui occu-
it très certainement l'assiette même de la place moderne de IHorloge. Depuis dix-huit siècles, c'est donc au même endroit et
ut à (ait sur le même emplacement que les citoyens d'Avignon surtout les oisifs de toute catégorie causent de leurs affaires
ibliques ou privées. Le sous-sol de l'hôtel de ville et du théâtre todemes a mis au jour, ainsi qu'on devait s'y attendre, un ombre considérable de matériaux antiques, pierres de grand appatil et fragments de sculpture à effet qui paraissent avoir appartenu
des monuments importants, basilique, arc de triomphe, etc., t il est très regrettable que les fouilles aient été comblées sans |u'on ait pris le soin d'en relever le plan. Quelques débris, d'abord ibandonnés et dispersés, ont fini cependant par recevoir l'hospilïlité dans une cour du musée ; et on y retrouve avec intérêt queli|ues inscriptions bilingues, grecques et latines, dénotant la perlistance de l'élément grec sous l'occupation romaine (i) .
Au Nord du forum se trouvait le théâtre, dont la cavea, sui- «nt l'usée antique, était adossée et creusée, comme à Orange, ims le massif même du rocher dans lequel on entaillait les grafes. De l'autre côté, le long de la rue des Crotes {crouste,
.XA.P/ VAALVS.CA///U.(Ai)
VmIu. fils de Ca..mmus, ndieu ! Vaaius, fils de Ca..inmus, est déposé ici. 'l'i'hiMtti.fln.fpigr. du midi delà Fraiice, nT ^cA.)
aS6 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE HUITIÈME.
caverne) (i) , on a retrouvé, sur un développement de plus de cent mètres, dans le sous-sol, le long alignement droit des arcîtures sur lesquelles étaient disposés les gradins de l'hippodrome. Enfin, de distance en distance, dans l'intérieur de la ville, ona mis au jour quelques mosaïques, quelques fragments de marbre et de pierres sculptés, presque tous mutilés. C'est là tout ce qui reste d'une ville qu'une situation exceptionnelle dans la partie II plus fertile de la vallée du Rhône et des relations de commerw suivies avec Lyon et Marseille permettaient très certainement dt compter parmi les plus riches de la n Province «.
La voie romaine se retournait presque à angle droit un pti avant d'arriver au forum ; et elle sortait de la ville à peu de distance du temple qui a été remplacé par l'église Saint-Didier. Cral Uque se trouvait la porte romaine, porta romana. Elle continuai ensuite jusqu'à Arles, en longeant à peu près la rive gauche du Rhône. La porte romaine était probablement la plus importante et la plus fréquentée de la ville; et l'avenue qui la précédait^ en conséquence jalonnée de tombeaux. C'était le Campo-StfA' antique, Elt'sei Campi. qui est resté, jusqu'aux temps modernes, l'un des cimetières d'Avignon, celui des pauvres, où par humilité voulut être inhumé saint Pierre de Luxembourg, et dont le quartitr actuel des n Corps saints n marque à peu près la place et aeonserve le souvenir (2) .
Une seconde route se détachait dans l'intérieur de la ville de Is voie d' Agrippa, suivait à peu près le tracé de la rue moderne des Marchands et traversait le forum. Elle se bifurquait ensuite; rt l'accès au fleuve avait lieu très probablement par deux portes, l'une à peu près sur l'emplacement de l'ancienne porte Ferruce du
(1) Crote. CTouite, grotte, cave, voûle, crypta. (RogUEFOBT, Glest. de ta tangut romane.) Tote Irespaasa la cité Dehors les murs d'antiquité Trova une crote soz terre.
{Ravan d'Atysrt dt Frofitias.) (31 L. RoCHBTiN, Étude tur la viabilUi ramaine dans le drpar :lHSf. Avignon, 1883.
:n âge, qui a été remplacée presque au même endroit par la : du Rh6ne; l'autre située près du temple antique, qui est nu l'église Saint-Agricol. Les deux portes donnaient sur le 1 on les appelait porta; aguaria-, et leur nom s'est conservé ant une partie du moyen âge. Les bateaux romains venaient stationner dans la partie du fleuve comprise entre la grande sderive du pont Saint-Bénéiet et la première travée du pont mdu (1).
iWiceinte qui séparait la berge indécise du fleuve de la ville lersible était elle-même renforcée par la citadelle établie sur
ichcr; et cette double fortification, qui s'est conservée presque
oralement pendant la première partie du moyen âge, alors que les monuments intérieurs étaient dégradés par les Barbares, tituait une position défensive de premier ordre. Clovis tenta •in de l'enlever aux Bui^ondes, et ce ne fut que plus tard fc reçut la visite des Francks, Occupée ensuite par les Sarraelle fut de la part de Charles-Martel l'objet de sièges ters. Prise et saccagée trois fois, à moitié détruite et incendiée, (Tissante cité dont les chroniqueurs du temps vantaient la force richesse, castrum Avenione munentissimum, fut sur le point isparaître; et c'est de cette période sanglante de son histoire, .la rue a Rouge n a conservé le tragique souvenir, que date
mine complète de tous les monuments de l'époque galloine(2).
^ne ère d'apaisement succéda à cette tempête. La domination Bozons, qui avaient apporté d'Italie le goût des arts et du lœerce, permit à Avignon de se relever peu à peu. La ville fit
siiges dans VÀnnalitit de MeU
"■ ] CouRTET, Avignon taui Its Miri |».i.r. lévritr « nur, ,87s.
V Appendice à tginu. Revue de Marseille et de Pro-
388 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE HUrTIÈME.
d'abord partie du royaume d'Italie, puis du royaume de Provetioe, Englobée bientôt après dara le royaume de Bourgogne, balloltfc ensuite pendant près de deux siècles entre les comtes de Toulouse, de Provence et de Forcalquîer, fatiguée de la domination de toi» les seigneurs qui l'exploitaient au profit de leurs ambitions et de leurs rivalités personnelles, et des clercs indignes qui abusaient de leurs charges ecclésiastiques, Avignon, qui avait renoué des rela-" tions commerciales avec ses voisins de Marseille, et dont !a prospérité commençait à renaître, se ressouvint de ses anciennes cou»; tûmes municipales, voulut s'affranchir de tous ses maîtres gers et arbitraires, et ne trouva rien de mieux que de se mett» en république. Singulière république d'ailleurs, où le peuple ne, prenait presque aucune part au gouvernement, administrée pat' quatre consuls, des podestats et des évêques qui ne purent' jamais s'entendre, qui faisait hommage de sa liberté naissaoteil l'empereur d'.Allemagne et plaçait l'aigle impériale dans ses ; La ville prospérait toutefois. Le commerce était actif. L'industiii se développait. Les anciens remparts, très ébréchés, o'avi pas été réparés, et leur développement ne permettait pas de cou-" tenir la population toujours croissante. De nombreuses constructions s'étaient élevées à l'extérieur; et on dut alors établir tout d'una pièce une nouvelle enceinte à peu près circulaire, d'un péii- J mètre beaucoup plus considérable, flanquée de tours et convenablement appropriée à la situation nouvelle.
Cette enceinte de la République peut être reconstituée aujourd'hui d'une manière parfaitement exacte. On en voit encore quelques débris apparents, et on peut en trouver de nombreuse» substructions. On en a la description complète dans pluaeui» actes authentiques de l'époque ; on en peut cuivre le tracé à peu près continu, et on en utilise encore le fossé de ceinture, qui porte le nom de «canal de laSorguette n, et assure l'écoulement desewi intérieures de la ville d'Avignon. L'enceinte occupait l'emplacement des rues actuelles du a Limas », n Calade m, des a Liceii, a Philonarde », n Campane n et des a T rois-Colombe s ». Elle ■ détachait du rocher des Doms, à l'origine de la rue du Limas, di
^^^^^^■L AVIGNON. aS»
venait s'y appuyer de nouveau à l'extrémité de la rue des Trois- Colombes ; elle avait un développement de 2,400 mètres environ. Elle était percée de dix portes ; — la porte n Ferruce u , à l'extrénité de la rue actuelle, (jui porte toujours le même nom; — la pMte II Aquaria », qui a conservé aussi le nom de l'ancienne porte romaine et se trouvait presque sur le même emplacement, près de l'élise Saint-Agricol; — les portes a Bianson » et tÉvèque », vis-à-vis des rues qui portent aussi les mêmes désignalions; — la porte du « Pont-Rompu », près de ! a place des Corps-Saints, et qui correspondait par conséquent à l'ancienne la rvmana de l'enceinte romaine; — le portail « Mayannen m, •ta magna, vis-à-vis de la rue du même nom; — le portail Peint», Portale Pictum, au point où la Sorguette entrait dans la Ile, vis-à-vis de la rue des Teinturiers; — le portail 11 Matheron », tué au milieu de ia rue Carretterie, et qui correspondait à l'anane fiorla GalUarum de l'époque gallo-romaine; — la porte Aurouze », à la jonction des rues Campane et des Trois ibes; — la dernière enfin, la porte du « Bois n ou de la Ligne n {Lignum, anc. prov, ligne, boîs), où se tenaient les •rpentiers et les mariniers, et qui a conservé le même nom et à 0 près le même emplacement (ij .
A l'intérieur, la ville n'était pas moins bien fortifiée; et plu- (Dis quartiers étaient eux-mêmes ceinturés et défendus comme ; véritables forteresses. Plus de trois cents maisons étaient crécttourelées. Mécontents de la perte de leurs privilèges, nobles qui s'y étaient retranchés étaient en perpétuel désacd avec les consuls, les évêques et le peuple, qui eux-mêmes ient le plus souvent aigris et divisés entre eux. Les pouvoirs )lies étaient mal définis, à chaque instant discutés et violentés, Igré sa réelle prospérité commerciale et des relations extéires très étendues, Avignon vivait dans une anarchie complète. guerre civile y était à l'état permanent. Le désordre était pardans le gouvernement, dans les esprits, dans les familles,
) Voîr la planche Xlll.
^f dut
SeCONOE PARTIE. — CHAPITRE HUITIÈME.
dut la rue. Poitr comble de désoigantsation morale, l'hérésie aflngeotse y fut acdamée, et la République avignonnaise n'hfciu pas à entretenir des rapports d'amitié avec le chef des hérétiquw, Raymond VII, comte de Toulouse, tout-puissant dans le Midi, mais rebelle contre son roi et excommunié par le Pape.
C'en était trop. Le pape Innocent III avait résolu d'extermina la « peste albigeoise «. Une excommunication générale fui noncée contre les hérétiques, leurs adhérents et leurs amis. Um croisade fut organisée. Les hommes du Nord s'apprêtèrent 4 II curée du Midi; et le roi de France, Louis VI il, celui qu'o nommait Ctrur de lion, escorté du fougueux légat du Saint-Sitge, le cardinal de Saint-Ange, descendit le Rhône. Une bonne parrie de la noblesse française l'accompagnait, et avec elle une armée formidable. Un énorme matériel de guerre était embarqué surfe fleuve transportant les troupes, les chevaux et les munitions. Lc Roi Bc présenta ainsi devant les murs d'Avignon et réclama impfr rieusement le jiassage. La République avignonnaise ne vit dau cette demandequ'un prétexte pour s'emparerde la ville; elIetEiilt <te négi>ricr et offrit au Roî de le laisser passer seulement avec \tS principaux barons de l'armée. Le Roi refusa. Les habitants étaient décidés à tenir ferme, l'excommunication qu'ils avaient encourue depuis douic ans à cause de leurs relations avec le comte de Toulouse devant attirer sur eux, en cas de revers, de terribles rigueurs.
Avant d'investir la place, le roi de France fut cependant obligi d'«vixer, au moins pour la forme, l'empereur d'Allemagne, dont la suirraiueté nominale s'étendait sur Avignon. On sait que tant K' leniliwre situé sur la rive droite du Rhône constituait le • Koyaume », tandis que la rive gauche s'appelait 1' « Empire I .e Koi représentait i l' Empereur son expédition dans le Midi comme ttW ■ jiMcnr *»inte ■, sa mission comme b divine », ses troupes COmuie « une année de pèlerins ■, et déclarait n'agir que ■ pour l'«w«wr ia MÎnl nom de Dieo et le soutien de la foi, sons li rtiKnic ^f* droits de l'Empereur ■- Cette souveraineté impéri^
Ipurement honorifique, L'Empereur laissa faire, et le siège ■ença te lo juin 1226 (i).
cbmeux pont de pierre, sur lequel le Roi tenait à passer en B, existait depuis quarante ans ; mais il était étroit, barré, et put défendu du côté de la ville par une bastille à peu près lenable. S'engager dessus était un acte de folie, et l'événe- |tle prouva. Plusieurs arches se rompirent, entraînant dans le )at tous ceux qu'elles portaient. L'armée dut alors traverser le ^ au Nord de la ville, sur un pont en bois ou sur des bateaux ; finvestissement fut bientôt complet. L'agglomération des ^es et du matériel, l'insuffisance des vivres, les assauts plujtl fois repoussés, les sorties des assiégés, l'infection des Ifres d'hommes et de chevaux qu'on n'avait pas enterrés, et Messus tout une chaleur torride, développèrent une épidémie (Itrière pour tous les belligérants (2). A l'intérieur, la ville jbaiten outre de la famine, et ses jours étaient comptés. Après limois d'héroïque résistance, il fallut se rendre; et le 12 septbre on ouvrit les portes. Quelques jours encore, et une inonn du Rhône et surtout de la Durance, qui, à cette époque, ait pas endiguée, et dont les eaux se rapprochaient d'Avignon pcoup plus qu'aujourd'hui, noyait toute la plaine et aurait ■le Roi à lever le siège. La petite République eût été sauvée. Kvainqueur fut impitoyable. On commença naturellement ksser au fil de l'épée bon nombre des défenseurs. Le Roi fit ntc abattre une partie des murailles; puis, en expiation des ÎRurs de la guerre, il suivît le Saint Sacrement dans les rues de |flle ensanglantée, revêtu d'un sac de bure, la torche au poing, |lte nue. Ce fut l'origine des Pénitents gris, dont la confrérie pte encore aujourd'hui.
.Biiis vm, pat Nicows e France, par GuuOT,
al.Cfa*BNosT«tADA»lL'S, Wiit, df Prmencr.
nuuUKE DE PuY LauRaN'S, Chronique, ch.
^.grn, lie Languedoc. Siège d'Avignon et M Uatuieu PaKIS, Sfdts Avenlanis.
agi SECONDE PARTIE. — CHAPITRE HUITIÈME.
Avignon, occupé militairement par les hommes du Nord, dut attendre la sentence ecclésiastique qui allait décider de sa destÎDiï. Après quatre mois d'angoisses cruelles, le 6 janvier 1227, celte sentence fut envoyée de Paris par le cardinal de Saint-Ange, sois la dénomination ironique d' u absolution ».
La ville fut durement rançonnée; et l'argent de l'amende (l) servit à construire de l'autre côté du Rhône, sur les tentî royaume, le fort Saint-André, qui devait la tenir en respect [2). Les murs d'enceinte durent être entièrement rasés, les fosab comblés au niveau du sol. Les trois cents maisons crénelé» , l'intérieur, qui servaient de bastilles aux principaux notables, furent abattues. Les démolisseurs achevèrent de détruire ce qfl avait échappé à la hache des Francks de Charles-Martel. Lesdet* niers débris des édifices romains furent dispersés; et la ville éï( trée, ouverte de tous côtés, désormais sans défense, ne cotisera plus que ses églises et les maisons strictement nécessaires abriterses habitants dans le deuil. L' « absolution n du légat l'a gnait à la fois dans sa richesse, dans son orgueil, dans ses t rances et dans sa liberté.
Vin
La République avignonnaise ne devait pas survivre longtemj» à ce désastre. Eile languit peu à peu et disparut sans gloire 1251. Avignon alors, comme une simple propriété, passa demi en main, par traité ou par héritage, en tout ou en partie. On i* donnait, on la reprenait. Le roi de France, Philippe le Haidli cédant la moitié du Comtat au Saint-Siège, gardait pour iitt' moitié de la ville. L'autre moitié appartenait au roi de Naplcs, était en même temps comte de Provence ; et de cession en cessioUi
[l) La rançon fut de 7,000 Tiiarcs d'argent ou 364,000 livres. Le maïc "'''' alors 52 livres.
(a) A. Sacniëk, Lt fort Saint-André. Bull. hUt. et archioL de Vud«ff^
AVIGNON. a93
a» deux moitiés finirent par se trouver dans la main de Jeanne de Naples, qui les vendit au Pape.
L'histoire de la célèbre reine des Deux-Sidles tient à la fois in drame et du roman ; et les circonstances dans lesquelles elle Aandonna au Saint-Siège sa « bonne ville d'A%-ignon ., - elle y tenait d'ailleurs assez peu, — sont un des épisodes les plus curieux de ce quatorzième siècle, si tourmenté et si coloré, où la violence de la foi religieuse, Ihéroîsme chevaleresque, toutes les délir:atesses et tons les raffinements du luxe, des arts et de la pr^ébie se mâent de la manière la plus étrange aux mœurs les plus corrornet aux excès les plus arbitraires. Belle, jeune, ardente, artikii; J^me un Florentin de la bdie époque, humaniste à vingt awe comme un vieux docteur de Soibonne, et par-dessus fjvX iuuoyieffrénée ou la mariait d'assez bonne heure à un priw/; du \ndré de Hongrie, personnage assez terne, dvLt eJ!*: $^. ' IBS à se dégoûter et se débairasser an bout de deux aiit, 'obtigr»"* coocoois de son favori et cousin I>ouife de 1 ar eut* , FaieKôtimerparun nouvcan mariage ses rektiont av«A k M,«;urtiier n'était pas sans piésenter d'assez sérieuses difficuj'^rt. J) fiJJiiit d'abord obïesir à la fois une rœoniiaissKnc* w>;i; !,»:,> ô»: v/ii mcoccsce. fraàqats ^penses «cciésasdouet ie oét.is*.'--!>.ei.«. d»- Lod5. rw «se Hongrie et ôe Poicçne î;ui -.«nA,,*. t ^.:uy^.^ v.
•î-»-^ vecait ôe s'eiswsrer et ryviiuiïje -i»: .N'fei».*:»
en jugrrrytit-
mm deçvcb Tïtrè* ôt çczraEie ans : niait élit i. v y/bbh^^i*. *:i;
^j^TJt "tilit '.'jupu'î a'^iOt 'jt vri::* ot 5>»;caic*ts *^ âoTît *:!tt *r-ar. ti vjiuntK jc ^h^w^yt : mit Ttrxabit i^r^t T'juit ié >v^uia'-jvî. bt vvr-i. auiriLain* tsciir.t -Liçrjh'jiiii*»: vu. r»n:<v::Ui:: ;< -ai»**:
de Rifot :r^
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•.elle
sous UD dais de drap d'or et l'escortèrent en grand apparat à vers les rues de la ville. Puis, devant le conclave assemblé, elle présenta elle-même sa défense en latin. Pendant quatre heures elle tint les cardinaux sous l'empire de sa beauté et le charme de sa parole. Le Sacré Collège fut aussi facilement vaincu que i'uéopage d'Athènes devant Phryné, et l'innocence de la jeune rone officiellement reconnue et proclamée.
La négociation avec le Pape présenta encore moins de difEcultètn Clément Vl tenait surtout à agrandir son domaine. Il demandi tout simplement à Jeanne de lui vendre la ville. Le marchifnt conclu pour la somme dérisoire de 80,000 florins d'or et une lutiou solennelle en bonne forme. Quant au roi de Hongrie, il dut se contenter de 300,000 ducats pour les frais de son expédition efl Italie, et rendre toutes ses conquêtes. C'est ainsi qu'en l'an IJ*! Avignon devint ville papale, et le Comtat tout entier ÉtalJt l'Église.
Mais la ville était ouverte de tous côtés depuis la destmctiu des remparts après le siège de Louis VIII. Elle n'ét^t prot^ ni contre le Rhônt, ni contre les assaillants du dehors. Le ^euvi l'envahissait au moindre gonflement de ses eaux. La partie vieille ■ de la cité établie sur les pentes du rocher, celle qui avait été dans ■ le principe occupée par les Romains, était seule insubmersible- Toute la partie basse était bâtie dans des terrains d'alluvionsplm ou moins marécageux, coupés d'tlots, de mares stagnantes,^ bas-fonds. Depuis que les papes avaient établi leur résidence» Avignon, la ville avait pris un accroissement énorme. Sa population atteignait près de 80,000 âmes, c'est-à-dire le double de ce qu'elle est aujourd'hui. Les faubourgs étaient une riche fourmilière de couvents, d'églises, de chapelles, de palais avecleu" dépendances. La petite cour italienne qui gravitait autour du* Souverain Pontife avait attiré avec elle un nombre considéra d'étrangers de tout rang et de toute condition, gens d'affaires 0". de plaisirs, en grande partie des artistes et des marchands. L** Juifs en particulier, qui étaient les intermédiaires de toutes le* relations commerciales, de toutes les affaires équivoques, et q"!^
iîquaicDt de tout, voire même des ornements, d'église et des objets de sainteté, y vivaient sous un régime de large tolérance, y jouissaient du droit commun et relevaient sans intermédiaire et directement du Pape (i). Persécutés partout ailleurs, en Espagne, en Allemagne, en France, ils pullulaient à Avignon, où ils formaient une communauté que l'empereur Frédéric, suzerain de la ville, avait placée, par un diplôme de 1178, sous la protection directe de l'évêque (2). Ils étaient traités comme de véritables citoyens, tanquam vert cives A^'inionenses, ainsi que le portait une curieuse bulle du pape Sixte IV (3), qui leur confirmait l'égalité civile, l'égalité judiciaire, le droit de cité et tous les privilèges déjà reconnus par ses prédécesseurs sur le siège d'Avignon. Le gouvernement pontifical montra même pour eux, dans crertaines circonstances, une telle bienveillance, qu'on ne craignit pas d'y voir l'indice de subventions pécuniaires non avouées (4) . Quoi qu'il en soit, ils usèrent très largement de cette protection, et avec leurs dispositions traditionnelles pour le négoce, leur pratique de l'usure et de tous les commerces clandestins, ils étaient ^^ «levenus les rois du courtage, aussi riches, plus puissants quelque- ^■Ams, plus dangereux toujours que les banquiers et les armateurs ^^horentins et lombards (5] .
^^E Le va-et-vient continu des princes de tout rang et de tout ^^Htays, des artistes italiens, des marchands de toute la région
^^^B (i) Les povres juifs étaient ars partout, excepté dessous les clés du çxçc. ^^r (FroksaBT, Ckronîgue.)
(2) Artk. dt Vaucluii, Carinlairr de VAnhivéchè.
FaktAHI Casthucc;, Islaria delta città d'AvigtioHt el det Contado l'rnesino. "Voietiiï, in-4*, t. I.
Callia ckristiana. Inslrum., I, 143. col. 1. PapEBROCK, Acia Sanctorum Aprilis, t. II. f3) Arek. musieif. dAvignan, botte 91, D. a, 898.
un ymdtos... irrvavil, non sine suspUiame pecuniarum. (joHANNls TfirrNEun •^^malti Hirsaagitnses, t. II, p. 307.) BAI.I.-ZB, Vitapap. Avrn.. I, 883.
4\rtk. municip. d' Avignon, boite 9I, D. 3,898. (^ R. PB Mmhjw, Lt» fuif* au m^en Agt. Buil. histoi. et archéol. de Vau-
gieux du monde entier fit d'Avignon, pendant le sépir rf popes, une ville incomparable. L'or de la chrétienté y affluait de tous côtés. Le luxe et la fortune des cardinaux étaient ceui de petits souverains. Tous ces dignitaires de l'Eglise avaient chacun leur palais, leur maison civile et ecclésiastique, leur garde, presqi» leur cour, désignés sous le nom de « livrées •, libratx, dont 11 nue propriété constituait un domaine inaliénable et dont les revenus annuels leur permettaient de mener un train princier. Ce^ livrées comprenaient non seulement de gros immeubles dau Avignon même, mais souvent de Tautrc côté du Rhône, à Villeneuve, de somptueuses demeures, dans lesquelles les pr^ vivaient, entourés de leurs familiers, dans une patricienne iado-, Icnce, s'affranchissant des sujétions de la cour pontificale.
Grâce à l'institution financière appelée la <■ daterie a etàuie série d'impôts et de droits ecclésiastiques connus sous les nonil d'« annates ■, de ■ réservations », de ■ provisions », d' « expecti-^ tives » , etc. , la fortune personnelle du Pape lui-même était devenu^ dès le pontificat de Benott XII, un riche trésor et avait atteint de> proportionsinconnues jusqu'à ce jour. Les contemporains nel'év** luaient pas à moins de 25 millions en vaisselle, ornements sacré, pierres précieuses, ce qui, au prix actuel de l'argent, équivaudrait à un milliard et demi de francs (1). D'après la fortunedn Pape, on peut juger de celle de son entourage, de ses foumisseorS et de tous les intermédiaires qui l'exploitaient (2); et il est certain que, pendant toute la durée du quatorzième siècle, Avignon, devenu le centre politique de l'Europe, possédait dans son àir teau, dans ses palais, dans ses couvents, dans les ateliersdeso orfèvres et de ses fabricants, dans les comptoirs de ses banqaien et de ses commerçants, des sommes incalculables en oretaijtn^ monnayé, en pierres fines et orfèvrerie, et une masse énoni» d'objets précieux et de marchandises de toute nature.
Il) Dicitur Joannes XXII reliquiut in araria tantam vim HMii q*"'^ Hulluianle tum pontifex. scilicei viginli quinqutmilliimumelampUas.hà^ duchap. 107. f. 43.
(I) G. Bavle, Habiludei sBmptuairrs des AvignannaU au moyai t/f-"'^ hUt. et accliéQl. de Vaucluse, 1833-1884.
On conçoit sans peine l'inquiétude dans laquelle devaient vivre adéteoteuTS de pareilles richesses, d'une capture très facile dans ville absolument ouverte; et cette inquiétude était d'autant usl^itime, que la vallée du Rhône ne présentait à cette époque e sécurité. Déjà, en 1356, le duc de Savoie parcourait et nçonnait la Provence, à la tête de 4,000 chevaux, menaçant ïignon et le Comtat. L'année suivante, on vit apparaître le t archîprêtre Arnauld de CervoUe, l'un de ces capitaines li se faisaient appeler « l'ami de Dieu et l'ennemi de tout le onde», et dont les lieutenants, seigneurs de Gascogne et parents léme du Pape, vinrent, escortés d'une armée de vagabonds et de Ëtontents, faire une visite intéressée à leur opulent cousin et li emportèrent, avec sa bénédiction, 40,000 écus d'or. 11 y avait surtout ce qu'on appelait les « Grandes Compares », bandes indisciplinées de soldats français, anglais et brens, grossies de tous les gens sans aveu et de toutes les femmes iies du pays, formant une troupe déguenillée de coupe-jarrets tde pillards, ravageant les villes et les provinces. C'étaient en e de terribles armées commandées par des chefs habiles, souent même par des descendants de la vieille chevalerie de Proencc que les entr'actes de la guerre de Cent ans laissaient is ouvrage. Elles portaient les noms et les sobriquets les plus 'ers, — Routiers, Compagnies, Tard-Venus, Retondeurs, icorcheurs, Malandrins, Tuchins, Feuillards, Linfards, etc.. — ivaient à discrétion sur le pays, le rançonnaient sans pîtié, et se lomettaient en général des merveilles du pillée d'Avignon et du sor pontifical. Il n'était pas facile de ' traire hors du royaume, imnie disait le vieux chroniqueur Froissart, toutes ces manières tgens d'armes qui le pilloient et le détruisoient sans miséri-