L. VcNET, L'Art el l'Archéolagie, op. cil., pass
LA R&GION D'ARLES
*Le3 Grecs étaient, en effet, aussi passionnés pour la couleur ]ue pour la ligne, ils peignaient leurs statues tout comme leurs nonuments. L'architecture polychrome est connue de tous; et 'on conçoit facilement l'effet prodigieux que devait produire la ouleur sur les frises et les colonnes cannelées des temples anti- |ues, baignés dans la lumière bleue du ciel de l'Attique.et éclairés ar ce soleil de la Grèce dont les rayons ont quelquefois tout 'éclat de celui de l'Orient, sans en avoir la crudité et l'ardeur. >n se fait moins bien à l'idée de la peinture des statues. On ignore l'ailleurs les procédés employés. On sait seulement que cette >einture était à la cire (i), mais il est bien difficile d'admettre que es Ions eussent la vigueur et la réalité de ceux de la peinture >rdlnaire.
Athénée parle des « blonds cheveux des statues (2) « ; et il est irobable que, si plusieurs couleurs étaient appliquées sur un seul orps, ces couleurs, très adoucies et finement nuancées, devaient ester dans une gamme pâle et un peu tendre. Le génie si sobre les Grecs se serait mal accommodé de tons vifs et éclatants qui uraient donné à la statuaire un caractère de réalisme trop matéiel et bien éloigné du beau idéal. La pratique de la polychromie ut donc, en général, tempérée par un goût très délicat.
Quelquefois cependant, les statues, formées par la juxtaposiion de marbres et de métaux de nature différente , présentaient ics couleurs vives et tranchées, ce qui leur donnait une origlnaité et un relief très prononcés. A vrai dire, ce procédé était noins employé pour les œuvres d'art proprement dites , exposées :n pleine lumière aux regards de tous, que pour quelques reprélenialions à effet de divinités enfermées dans un redoutable sanctuaire.
L'un des types les plus célèbres de ces statues décoratives était 'Apollon Didymien de Mîlet, œuvre due au sculpteur Kanakhos 'e Sicyone. Le corps était en bronze; les yeux creux étaient
f') AtBBW., Dtipnosupkisla, I. X[!l.
(3) Plutarque parle de ceux qui peignaient le9 statues ii l'encaustique, *" " ' uv îïKaytTîoi. {De gl. A Ihen. 6.)
remplis par des prunelles en pierres précieuses , en aident ou eo tout autre métal brillant ; les sourcils , les lèvres , les boutonsda seins étaient incrustés en cuivre rouge ; les ornements, les vêtements, la parure étaient des bijoux réels et de véritables [ûècâ d'orfèvrerie. Tous ces détails donnaient au dieu un aspect animé, quelquefois effrayant. On sait que la pythie seule avait acris auprès de lui. Les prêtres eux-mêmes se tenaient à distance; ili excitaient le délire sacré de la jeune femme et traduisaient à Ii foule terrifiée ses mouvements convulsifs , son langage confus rt désordonné. Ils tenaient d'une manière toute particulière à celte mise en scène et la mettaient à profit pour communiquer à leur idole, pompeusement parée, l'apparence de la vie; et c'est ainsi que, dans les mystères d'Eleusis, des vêtements splendides, lia trucs hardis et des trompe-I'œil ingénieux donnaient aux statua l'aspect et le mouvement de personnages réellement animés (i|. A vrai dire, .ce n'était pas de l'art ; mais cette exagération de la couleur montre toutefois combien était vif, chez les Grecs, le goût de la polychromie ; et , en fait , on le retrouve dans les plu belles œuvres de ! 'architecture et de la statuaire. Les frises du Parthénon tt celles de Phiyalie, h Pallas de \"elletri, la Xéna^it Médicis, la Minerve du Vatican et un nombre considérable d* statues allégoriques ont conservé , comme la Vénus d'Arles , des traces de leur coloration primitive (2) .
La Vénus n'est pas le seul trésor qu'on ait retiré des décombr^
(I^ O. RavET, Le Temple d'Apollon Didymien, Acad. des inacr. et belles-lcttr'^
39 décembre 1676,
{z'i Voir, au sujet des nombreuses polémiques auxquelles a donné lien Vénus d'Arles, les curieuses et nombreuses dissertations du siècle dernier.
Rebattu, La Diane tl le yupUer d'Arles se donnant à lonnaitre Ju etpr^ ■ curieux, etc. Arles, 1656,
TebBIS, £0 V^Hs el robflisqui d'Arles. Arits, 1670.
P. u'AuuiÈRES, Réflexions sur les stnlimenls de Callislhines lotstkant la Vh^ d'Arles. 1674. «le.
Cf. surtout les discussions du R. P. Jésuite d'Augières et de l'abbé ?\hch-^= l'Académie d'Arles et dans le Mercure de France, sur les qualités esthétique» ' la belle anadyoméne, le modelé de sa poitrine, la grâce de ses hanches, e*^ discussions fort originales et qui ne manquent pas sans doute d'intérêt, mais »j«»< peu compatibles avec le caractère des deux lettrés.
LA RfiGION D'ARLES.
du théâtre; et, parmi les nombreux fragments recueillis, quelquesns ont une valeur de premier ordre.
En 1823, un bas-relief en marbre, représentant le triomphe d'Apollon et ie supplice de Marsyas, a été exhumé des ruines du proscenium. Ce bas-relief devait occuper le devant de l'orchestre;
■ c'est là, en effet, qu'on plaçait ordinairement l'image ou les attributs d'Apollon, l'un des dieux les plus grecs que l'on connaisse
■ et ie protecteur spécial des arts et des lettres. Le marbre est assez mutilé, mais d'un beau style. Apollon est assis au milieu, appuyé sur sa lyre, ayant à sa droite le trépied de Delphes; à gauche, Marsyas, couvert d'une peau de panthère, est lié à un pin et attend l'heure de l'expiation; la flûte de Pan, marque de sa défaite, est attachée près de lui. Accroupi dans la pose du «rémouleur » classique, un Scythe, coiffé du bonnet phrygien, aiguise le couteau fatal. Les avant-corps sont décorés de lauriers et d'oiseaux . L'ensemble de la composition est calme; elle manque peut-être un peu de finesse, mais non de grandeur, et présente surtout un caractère archaïque très accentué.
A la même époque et presque au même endroit, on découvrait une tête de femme qui est restée l'un des types les plus nobles et 'es plus gracieux de la beauté grecque. Le nez a été brisé, et des /^raclures heureusement très légères aux oreilles indiquent qu'on a brutalement enlevé les pendants, mutilation qu'ont aussi subie les Vénus de Médicis et de Milo. Cette tête intelligente, calme et pure, est réellement divine, bien qu'on n'y remarque aucun attribut qui caractérise une divinité. Un trou au-dessus du front permet de supposer qu'on pouvait y fixer un symbole ou un ^^iTement; mais on ignore lequel. La tête est détachée très nette- "'erit à la naissance de la poitrine, et il est évident qu'elle devait "•"e fixée et rapportée sur un corps drapé, probablement formé de "'arbres et de métaux variés et de couleurs différentes. Le visage P^te des traces très faibles de coloration. La noblesse des ^^ts, la pureté des lignes, la souplesse et l'élégance de la coîf- """e, le modelé délicat du cou placent cette tête merveilleuse au P^'emier rang des premières œuvres de la statuaire greO(
Quatre statues de femmes connues sous le nom de a danseuses Bacq ont été aussi découvertes à diverses époques, sous les ruine^^s mêmes de la scène. Ce ne sont guère que des fragments; car 1^^^ tête et les bras ont été brisés. Ces danseuses sont presque pniii^ tcment drapées, et leurs pieds nus semblent à peine poser suri e sol. Les corps sont droits et se dessinent sans trop de relief soi^^bs les draperies flottantes. Rien de violent d'ailleurs ni de contournais. L'agitation de la danse , qui ne va pas jusqu'à l'excitation , i^bhc dérange l'harmonie d'aucune ligne; et il y a loin de ces jeunes fillt •■* presque aériennes et chastement vêtues aux ménades débrail!é^^=s de nos théâtres modernes, dont les corps usés et flétris se p]oiei^=it dans une sorte de délire bachique et semblent agités par l^^sts convulsions de l'orgie. L'une d'elles surtout est une merveille C-, -Ig grâce et de délicatesse; sa robe la recouvre presque en entie:^Hr,
et sa poitrine légèrement soulevée est voilée avec une discrétic Jn
et un art véritablement exquis.
A côté de ces chefs-d'œuvre et presque au même endroit, on a retrouvé successivement une tête colossale en marbre de l'ei^cnpereur Auguste, une statue drapée qui devait appartenir à i^^" groupe, deux silènes assez grossiers, un autel consacré à Véni — =3s et à Auguste et un nombre considérable de fragments de statu^^ss et de bas-reliefs méconnaissables, de débris de vases, de colonn^^s* et d'autels votifs. Le théâtre était en réalité une sorte de musé^^^^ ftavoûav, et comme un sanctuaire de l'art grec; et l'on ne peu-^"^ songer sans douleur que ces amas de fragments et de piÈ réduits en menus morceaux et toute cette poussière de marbc ont été peut-être des chefs-d'œuvre comparables à la Vénus cor servée.
L'hellénisme, d'ailleurs, depuis la conquête de la Grèce, avai envahi Rome et l'empire. Sculpteurs, peintres, architectes avaiew^* ^^" délaissé en masse la patrie conquise et dépouillée, étaient venu«^-»^ *" se réfugier en Italie et se mettre sous la tutelle de Rome riche ^^ ^ victorieuse. En cela, on doit le reconnaître, ils faisaient acte d'aK -^^'' tistes plus que de citoyens. Mais les artistes vivent moins qu'otr:^'"'
LA REGION D'ARLES
"eic croit d'ordinaire dans le monde de l'idéal. Le bien-être, le 'ujie, la tranquillité sont presque toujours nécessaires à la production régulière de leurs œuvres. Le caractère est rarement chez eux à la hauteur du talent; et un peuple d'artistes comme étaient 'es Grecs, était incapable de supporter avec dignité l'isolement et la misère. L'art est essentiellement cosmopolite. Le culte trop exclusif du beau et de l'idéal éteint peu à peu le sentiment de la nationalité. Les Grecs étaient avant tout des délicats, et, pour tout dire en un mot, ils avaient de trop charmantes qualités pour avoir de bien grandes vertus.
La Grèce conquise se consola donc sans trop de peine de sa liberté perdue, et, ne pouvant plus triompher par les armes, continua de régner par les arts et par le génie (i). Son rôle, du reste, fut encore sinon très noble, du moins très brillant et fort applaudi. Au lieu d'orner seulement un petit coin de l'Europe, elle inonda le monde entier de ses produits; et, de même que les artistes italiens en France à l'époque élégante de la Renaissance, les Grecs furent à la mode pendant quatre à cinq siècles non seulement à Rome, mais dans toutes les provinces que le luxe avait kvahies. Ce luxe devenait chaque jour plus exigeant; et les ecs ingénieux, raffinés, désireux en véritables artistes de plaire ' et de jouir, étaient seuls en état d'y satisfaire. Partout ils étaient accueillis avec faveur. On parlait leur langue; on copiait leurs mceurs et leurs costumes; on reproduisait leurs statues; on pastichait leurs monuments; et les moindres objets de la vie usuelle n'avaient de valeur que s'ils portaient ce cachet d'él^ance et ^"archaïsme dont ils avaient conservé le secret et qui, après près <ie vingt siècles, est resté une des formes les plus fines et les plus délicates de la beauté.
Tout était donc grec dans ce pays romain : le type, les mones, la langue, les monuments, les œuvres d'art; et l'on com- 'nd dès lors la parfaite justesse de cette qualification de Grèce.
Gracia capla féru
n TiicioTem cepil et arle
Intuiit nfresti la
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iHORAT,, 1. Il, ep. 1,
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GRETIA, donnée par la carte de Peutinger (i) à toute cette partie de la Provence qui s'étend de la mer à la Durance et dont Arles était le centre intellectuel, politique, artistique et commercial.
La prospérité de la ville d'Arles était intimement liée à sa double situation fluviale et maritime. La mer, le fleuve et les étangs étaient la condition même de sa vie. Dès le huitième siècle cependant, les étangs commençaient à perdre sensiblement de leur profondeur, et l'ancienne mer d'Arles se transformait peu à peu en marécage sans écoulement. Presque toutes les \ilies littorales, noyées dans l'intérieur d'une lagune, présentent les mêmes dispositions que la Rome des Gaules, ont passé par les mêmes phases et sont un jour destinées à périr de la même mort. La mer est en face. Tout autour, un cercle de marais indéfinis, Au milieu de ces étangs, un réseau de canaux navigables perntet à ia batellerie fluviale de se prolonger en quelque sorte et de se transformer en batellerie maritime.
L'ancienne Alexandrie, Amsterdam, Narbonne, Venise sont placées dans des conditions à peu près identiques ; et les grand** lagunes que le Nil, le Rhin, l'Aude, le P6, forment et modifie»^ sans cesse, sont la cause de leur éclosion, de leur fortune et ^ leur ruine.
L'homme essaye en vain de lutter contre l'invasion incessac^ des atterrissements. A force d'art, de travail et de génie, il pe"^^ pendant quelques siècles, ralentir la marche des phénomèr"^ naturels. Mais cette marche est fatale; et toutes ces villes fl^* tantes doivent un jour périr dans la lagune même qui leur a don— la vie et deviendra pour elles un linceul de boue.
Le double port d'Alexandrie n'existe plus. Le lac Maréot^^ autrefois navigable, a en partie disparu; les crues du Nil l'o^^
(1) Voir
e de Peutinger, pi. XV.
LA RfiGION D'ARLES.
f atterri, et la rade intérieure n'est plus qu'un étang sans profondeur. Narbonne, qui (ut, à l'origine de notre ère, l'un des plus grands ports de la Gaule, est embourbée depuis quelques siècles dans la vase de ses marais; et l'agriculture seule est pour elle un élément de régénération. Venise et Amsterdam auront aussi leur heure et n'échapperont pas à la loi commune de l'ensablement.
\rles, autrefois ville maritime, dépérit lentement dans le cloaque de ses étangs fiévreux; et il faudra peut-être bien des années avant que les irrigations , le colmatage et les travaux agricoles rendent à sa campagne tranformée son ancienne richesse et apportent une compensation à la perte de sa prospérité maritime. Mais elle ne retrouvera plus ni ses trois flottes ni ses deux ports. La mer qui lui donnait la vie s'est retirée à jamais d'elle. La lagune qui fut son berceau est devenue presque sa tombe.
La nature est la principale cause de ce dépérissement continu ; mais elle n'est pas seule coupable, et l'homme a une grande part de responsabilité dans cette triste décadence. L'absentéisme est, en effet, une des plaies qui désolent la campagne et la ville d' Arles. Depuis plusieurs siècles, les plus riches tenanciers du sol l'ont presque complètement abandonné. Les vieux hôtels, les grands domaines sont à peu près déserts. Les anciens maîtres du sol n'ont plus aujourd'hui le courage de l'habiter; ils ne l'aiment "i ne le respectent, et considèrent la terre féconde et nourricière comme une simple valeur commerciale dont ils cherchent k retirer seulement un profit matériel. Le calcul est maladroit; il est même "^upable; car la terre est un dépôt sacré qu'il faut savoir conser- ^'er, défendre et léguer à ses enfants, et qu'il est toujours regret- ^ble d'abandonner à des mains mercenaires.
Arles n'est plus aujourd'hui la résidence des propriétaires du *ol. Des mariniers, dont les principaux chefs sont à Marseille, des hommes d'affaires et des fermiers, dont les maîtres habitent les B*^dc8 villes, forment la masse et le bas-fond de sa population autrefois noble et raffinée. En désertant le pays qui leur appartient et qui leur donnait jadis une influence et une supré-
iB PAmne. — CHApme xxuvdùtK.
I. les baates classes ont en même temps perdu leor r et leur £gtiité. C'est là pour le psys une cause d'irréméfabfedfaadcncc. d'appauvrissement et de désordre soâal.
• l«<partîer aristncratiqae de l'aiiriennc ville roostAOtinicaDe 9k auïourd'hin hahitf par une pt^ralatk» socdide. Les râux u aeiifene ^^I^. entés 3«ir les sobstroctioos de l'Empire,
nt SOT pbire; et bt d^nc du Rhône, sous prétexte de les J
ï coatx« les Enondatioos, les a pour toujoars séparés du «^
Bettv« et leur a enlevé do totme coup l'air, la lamîére et la vie. \
« Palais eC raaisaas des maiinicfs descendaient aatrefois jus- -^
[{u'au mvcaa de Tean. Les péristyles et les terrasses s'alignaient :^^
le long du rrrage, et la voe pouvait s'étcodrc à la fois sur le port :^~
dont I* grande courbure embrassait l'Se de la Camargue et sur le ^^*
; populeux de TrinquetaJUe. Les tartanes génoises et ^^^^
venaient encore, îl y a à peine cio({uantc ans, comme ^^
k g>I^res rociiaînes aux premiers siècles, aborder au pied des ^^
ioos riveraines, ce qui a été rende désonnais impossible ^^
». que les ingénieurs modernes ont si bien défendu la mal-
e ville par une d^ne formidable, insubmersible à la vérité, ^
WÊÊS iaaccessîble anz navires et en toat semblable à une tminBk ^^ de forteresse ou au chemin de ronde d'une prison (i). >
L'activité maritime des anciens temps n'existe plus autour- ^~
d'hui. La batellerie du Rhône a été paralysée par les chemins de ^
icT. Les étangs atterris se sont transformés en ma raja croupissants ^
et en prairies verdoyantes et malsaines. La i^ysionomie de la -^
camp^ne d'Arles s'est complètement modifiée, et tout est devenu ^
vulgaire dans cette ville autrefois patricienne. Le costume natio- —
nal tend à disparaître. Le type fin et délicat de l'hétaïre grecque ^
s'efface chaque jour et ne se retrouve plus que de loin en loin ^
chei quelques sujets privilégiés et de plus en plus rares. La -^
splendeur de la ville imp>ériale ne se révèle plus à nous que par ~^*^
des ruines. Comme la plupart des villes anciennes du midi de la -^™
France, la Rome des Gaules n'est plus qu'un énorme bourg aux -^^
(O Cm. Lixtm£kic. L» r^MK ■fa i*i Sàimr. tp. tit., dt. m.
LA RÉGION D'ARLES. 431
^ures de plus en plus vulgaires et plébéiennes. Elle perd chaque
jour sa physionomie et son caractère. Son port est à peu près
désert, ses rues presque vides, sa campagne silencieuse et triste.
ta solitude et la fièvre Tenvironnent. Elle s'agite sans dignité,
Vieillit sans noblesse, s'éteint sans grandeur. Arles, avec sa
population remuante de vingt-cinq mille âmes, n^est certainement
pas une ville morte, mais c'est une reine déchue.