CHAPITRE SEPTIÈME
numents ont été détruits. On ne trouve rien ou presque rien sur le territoire de l’ancienne cité des Helviens (Vivarais), dont la petite ville d’Aps, ’Alba Helviorum , marque la place. Valence, Colonia Valentia , chef-lieu actuel du département de la Drôme, qui est mentionnée par Pline dans l’énumération des colonies qui rèçurent des citoyens romains soit civils, soit militaires, ne nous a laissé que deux inscriptions peu intéressantes : l’une mentionnant un ponli[ex perpelims , l’autre un collège de dendrophores ou charpentiers. Presque à côté, dans le pays des Tricastins, Saint-Pierre de Senos, bâti au pied de l’ancienne ville gauloise d’Aeria, mentionnée par Strabon, et dont l’emplacement exact a donné lieu à des discussions très vives entre les archéologues modernes, ne nous a laissé que des ruines informes et méconnaissables.
La capitale des Tricastins, Saint-Paul-ïrois-Châteaux, Neo magus et plus tard Augusia Tricaslinorum , bâtie dans la plaine fertile arrosée par les torrents de la Robine et des Echavarelles, nous a laissé un peu plus de souvenirs de son passé.
11 est hors de doute cependant que toutes ces* petites villes étaient construites sur les mômes types, d’après les mêmes modèles, avaient toutes leurs monuments pour ainsi dire réglementaires, leur forum, leurs temples, leurs remparts, leurs thermes, leur canalisation, et surtout leurs édifices destinés aux plaisirs publics, amphithéâtre, théâtre, hippodrome», qui étaient pour les colons et les légionnaires une sorte d’image et de réduction, en même temps qu’un souvenir de Rome. Tout ou presque tout a disparu; et deux villes seulement de cette partie de la vallée du Rhône méritent d’arrêter aujourd’hui l’attention des archéologues : Vaison chez les Voconces, Orange chez les Cavares.
A proprement parler, Vaison ne renferme aussi que des ruines éparses et bien émiettées; mais elles sont si nombreuses qu’elles
DE LYON A AVIGNON
permettent de reconstituer l’assiette de la ville antique et les emplacements relatifs des principaux édifices dans les différents quartiers. Vaison, Vasio, était d’ailleurs la ville la plus importante du Vocontium. Elle portait le môme nom grec Oùdtciov, Ouasion , que la petite rivière l’Ouvèze qui la traversait et qui se jette dans la Sorgues, près de Bédarrides.
On voit encore les restes d’un quai d’embarquement. Un pont d’une seule arche en plein cintre, de 9 mètres d’ouverture, était jeté sur l’Ouvèzc, et son gros œuvre a résisté aux siècles. A côté se trouvent deux arcades et quelques restes de gradins taillés dans le roc. C’était l’ancien théâtre, qui paraît avoir eu d’assez modestes proportions et ne contenait que deux mille personnes environ, comme le petit théâtre de Pompéi. Il n’est rien resté d’ailleurs de l’amphithéâtre, qui devait exister cependant à Vaison non loin du théâtre, comme dans toutes les villes romaines d’une certaine importance. On a pu retrouver aussi quelques vestiges des thermes, de différents aqueducs qui amenaient des eaux de source captées près de Malaucène, au pied du mont Ventoux, et du grand fossé d’écoulement de la ville, cloaca maxima , qui les rejetait ensuite dans l’Ouvèze. Des fouilles ont enfin mis au jour, à plusieurs reprises, surtout dans le quartier du théâtre, un nombre très respectable de fragments de statues et de bustes, de pierres gravées, des urnes sépulcrales en marbre, en plomb, en verre, quelques chapiteaux de colonnes d’une grosseur extraordinaire, plusieurs inscriptions, dont une rappelle un collège d’ouvriers employés à la confection des tentes et de l’ameublement militaires, centonarii , et une assez belle collection de lampes en terre cuite d’un assez joli travail; quelques-unes portent des sculptures obscènes, annonçant une civilisation très avancée et quelque peu corrompue par le voisinage des Grecs de Marseille.
C’est encore à Vaison, presque sur l’emplacement du théâtre romain, qu’a été trouvée, il y a près d’un quart de siècle, dans un excellent état de conservation, une magnifique statue en