‹ Du Saint-Gothard à la mer. Le Rhône, histoire d'un fleuve. Nouvelle éditionChapitre 134 sur 209 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

là ville était désormais protégée contre toutes les surprises du dehors; et elle l'est encore aujourd’hui contre les débordements’ du Rhône.

Le mur d'enceinte avait, de la base au parapet, une hauteur de 12 mètres. Son développement était de 4,880 mètres. Il était percé de sept portes flanquées chacune de tours et portant une cloche d'alarme :

La « porte de l’Oulle », dont le nom provençal oulles, poterie, marmite, brique, rappelle le marché des oulles et de tous les objets grossiers en terre cuite que l’on fabriquait à Villeneuve; elle s’appelait aussi quelquefois la « porte du Pertuis », à cause du passage de la Sorguette, qui la longe avant de se jeter dans le Rhône, et la « porte du Limas », à cause des limons que le fleuve y avait déposés tout autour;

La « porte Saint-Roch », qu’on appelait aussi la « porte du Miracle » ou « de Champfleury », et qui s’ouvrait sur la plaine arrosée par la Durance;

La « porte Saint-Michel », qui tirait son nom d’une petite chapelle consacrée à ce saint, et qu’on appelait àussi quelquefois «c porte des Princes »;

La « porte Humbert » ou « l'Imbert »;

La « porte Saint-Lazare »;

La « porte de la Ligne » ou « du Bois », où se trouvait le quai des charpentiers sur le Rhône;

La « porte du Rhône » enlin, la plus fréquentée, qui se trou vait à peu près sur l’emplacement de l’ancienne « porte Ferruce » de l'enceinte du moyen âge et de la porla Aquaria de l’enceinte romaine. C'était celle par laquelle on entrait lorsqu’on venait du « Royaume » dans le domaine du pape, en passant sur le pont Saint-Bénézet, la véritable porte d’honneur de la ville.

Deux nouvelles portes ont été ouvertes il y a près d’un siècle :

La « porte Saint-Dominique », qui traverse le vaste emplacement, désert aujourd’hui, où se trouvait le magnifique couvent des Dominicains, situé sur la Sorguette, et dont la grande tour

AVIGNON

de Saint-Jean fut un des premiers ouvrages construits par lé pape Innocent VI. Tour et couvent ont été rasés à la Révolution;

La « porte Pétrarque » enfin, qui est aujourd’hui la principale entrée d’Avignon, depuis que le chemin de fer a déplacé le mou* vement des marchandises et des voyageurs qui avait lieu autrefois sur les quais du Rhône, entre la porte de la Ligne et la porte de l’Oulle.

Avignon a donc eu cinq enceintes, ayant toutes pour noyau le massif du rocher, son oppidum primitif :

La première, aux temps préhistoriques, a été l’enceinte grossière, presque naturelle, composée de gros blocs informas qui entouraient la plate-forme supérieure du rocher des Doms;

La deuxième, à l’époque barbare, a réuni à cet oppidum les premières pentes du rocher et descendait jusqu’à la grève du Rhône. Ce fut l’enceinte du burg cavare, qui comprenait seulement le rocher comme citadelle et une grève sur les bords du fleuve;

La troisième a circonscrit toute la partie insubmersible qui s’étend autour du rocher et est à peu près définie par ce qu’on appelait autrefois « les sept paroisses ». C’est l’enceinte galloromaine qui a supporté les sièges de Clovis et de Charles- Martel;

La quatrième est parfaitement déterminée par le cours de la Sorguette, qui lui servait de fossé extérieur et longeait son mur d’escarpe. C'est l’enceinte du moyen âge, celle qui a supporté le siège de Louis VIII en 1226 et a été complètement rasée;

• La cinquième énfin, qui empiète sur le champ d’inondation du Rhône et défend contre ses débordements la plus grande partie de la ville et des faubourgs conquis sur le fleuve. C’est l’enceinte des papes, que l’on admire encore aujourd’hui. . i

Toutes ces enceintes ont le rocher des Doms pour point conir mun de contact ou plutôt de soudure. A peu près circulaires/ou mieux ayant la forme d’ellipses allongées, elles peuvent être représentées par une série d’anneaux.aplaiis de dimensions grandissantes que l’on tiendrait à la main. Les anneau^ figureraient

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