CHAPITRE XII
LE RHONE MODERNE
l’agriculture et les transports
Absence de navigation dans le Valais. — Navigation sur les lacs de Genève, du Bourget, d'Annecy. — Mauvaises conditions de navigabilité du fleuve. Vitesse du courant, instabilité du lit. — Absence de roulage de terre dans les temps anciens. — Matériel de navigation, tcapha, navis oneraria , utricvlaria navis.
Premiers grands projets d'amélioration du Rhéne. — Différents systèmes d'amélioration des fleuves : canalisation, régularisation, canal latéral. — Régularisation du Rhône.
Le Rhône, fleuve agricole. — Canaux dérivés de la Durance. — Projet de dérivation du Rhône de l'ingénieur Dumont. — Variantes Chambrelent et Léger. — Le Rhône dans l'avenir.
De nos jours, comme dans les temps anciens, l'extrémité du lac de Genève, à l'entrée du Valais, marque la limite naturelle qui sépare le Rhône en deux parties bien distinctes : en amont le Rhône alpestre, qui s’étend du Léman au glacier du Gothard, absolument inutilisable pour les transports et l'agriculture; en aval le lac et le fleuve qui lui fait suite, flottable très peu audessous du barrage de Genève, et dont les conditions de navigabilité s’améliorent à mesure qu’on approche de Lyon.
La grande nappe tranquille du Léman présente d'excellentes conditions môme pour les bateaux d'un très fort tonnage. Un peu au-dessous, presque à la limite des Alpes savoisiennes et dauphinoises, les lacs d’Annecy et du Bourget peuvent aussi être considérés comme des annexes du Rhône dans lequel ils écoulent le trop-plein de leurs eaux. Le premier ne communique avec
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lui que par une petite rivière très pittoresque, le Fier, dont les trois derniers kilomètres sont théoriquement considérés comme navigables, mais ne sont en fait l’objet d’aucune fréquentation. C’est une rivière de touriste et non une voie commerciale. Les gorges étroites du Fier ne permettent aucune relation, aucun échange entre le lac et le fleuve.
Le lac du Bourget, au contraire, est relié au Rhône par un petit canal de 4 kilomètres de longueur assez profond. Le canal de Savières ondule presque à fleur de terre à travers les grasses prairies d’alluvions qui se perdent peu à peu dans les anciens marécages de Chautagne, et débouche dans le grand fleuve aux abords de Culoz. Le Rhône est déjà navigable depuis près de 25 kilomètres, et un service régulier de bateaux à vapeur a pu être établi entre le lac et Lyon.
Les trois lacs de Genève, d’Annecy et du Bourget, calmes, profonds, sans courant sensible, sont, pendant l’été surtout, l’objet d’une navigation de plaisance très active. Une véritable flotte de bateaux à vapeur a Genève pour port d’attache, sillonne le petit et le grand lac dans tous les sens, et dessert plusieurs fois par jour plus de vingt ports ou escales échelonnés sur leurs rives, dont quelques-uns, comme Genève, Morges, Lausanne, Vevey, Tlionon, Evian, ont une réelle importance. Le « tour du lac » est d’ailleurs une excursion merveilleuse, classique, incessamment renouvelée par des milliers de voyageurs.
Le lac du Bourget n’en a que deux; mais l’une d’elles est le teaux à vapeur qui sont des centres de villégiature renommés.
Le lac du Bourget n’en a que deux; mais l’une d’elles est le petit port de Puer, faubourg de la station thermale d’Aix-les- Bains, qui devient une véritable ville cosmopolite pendant trois mois de l’année.
Les voyageurs de plaisance et les touristes constituent, à peu près, et pendant la belle saison seulement, le seul mouvement dans les deux petits lacs d’Annecy et du Bourget, et on ne peut compter que pour mémoire quelques transports de matériaux ou de bois qui se font de rive à rive au moyen de grandes barques