‹ Du Saint-Gothard à la mer. Le Rhône, histoire d'un fleuve. Nouvelle éditionChapitre 193 sur 209 · ET TERRENA PRISCA . MIC EX LEG XIUI . GEM · texte numérisé non relu

ET TERRENA PRISCA . MIC EX LEG XIUI . GEM

POENINO . V . S . L . M.

LES VOIES ANTIQUES

La montagne, qui avait pris d’abord le nom du génie gaulois Summus Penninus , prit plus tard celui du maître des dieux et s’appela « montagne de Jupiter, Mont-Joux », Mon* Jovis. Cette dernière désignation n'a pas d'ailleurs prévalu; mais on la retrouve cependant dans un certain nombre d'actes des neuvième, dixième et douzième siècles (1); et la petite plate-forme qui s’étend au devant de l’hospice jusqu’à la rive du lac s’appelle encore le « Plan de Joux ».

De l’autre côté du massif du Mont Blanc se trouve le sommet du petit Saint-Bernard, le Mont Graius (2), qui a donné son nom à la chaîne des Alpes Grées, Alpes Graiæ (3).

Ce sommet, comme celui du Penninus , était aussi consacré à Jupiter. L’hospice du petit Saint-Bernard s’est appelé, jusqu'en 1777, « la maison des pauvres du Mont-Jupiter, domus hospitalis Moniis Jovis (4) ». Sur la crête de la montagne se dressait une magnifique colonne de gneiss porphyrolde, qui s’appelait « columna Jovis , colonne de Joux ou de Jupiter », et qui avait été plantée, dans les premiers siècles de notre ère, en l’honneur du maître des dieux. Au douzième siècle, le plateau supérieur qui domine le col portait encore le nom de Mont- JouveL C’est d’ailleurs sans aucune raison sérieuse que Pline et Ammien Marcellin, s’appuyant sur la légende d’Hercule, ont donné à cette partie de la chaîne le nom d’«c Alpes Grecques », Alpes Graiæ ou même Græcæ (5); et il est beaucoup plus logique

dans laquelle on doit lire, au lieu de me, mhm (missus honesta missione) et qui doit se traduire :

Felieion ayant reçu congé comme ioldat de la légion XIV \ Gemina et Terentia Pritea ont acquitté leur vœu à Pœninus.

(1) Luitprand, Histor, 1, ix.

Carlo Promis, le Antichità di Aoeta, op. cit.

(2) Legionet... Pennints Cottianisque Alpibut, pan Monte Graio traducuntur. (Tacit., Hi$t. t IV, lxviii.)

(3) *Ev $è xaU ’AXiremv... (Ptol., III, I, 373.)

(4) Domut tancti Bemardi Montit Jovit, Hoepitale Moniis Jovis. Voir chartes de 1177 et 1193.

Carlo Promis, le Antichità di Aosta. Torino, 186t.

(5) . ejusdem exercitus (Herculis) et Graios fuisse Graiarum Alpium incolas .

(Pline, III.)

Amm. Marcbll., XV, x, 9.

Varro, Ap. Servium ad Virg. Æneid X, xui.

Petron., Sat. 122.

DE LA RÉGION DU RHONE

de penser que cette désignation latine de Graiæ (Alpes Grées) a été engendrée par le vocable crau ou craig , qui rappelle à la fois le celtique karn , kairn , pierre sacrée, et l’ionique xpavaoç, pierre, rocher, et a dû être le nom primitif de quelque divinité topique, analogue au dieu Penn du grand Saint-Bernard.

Comme dernière épreuve, enfin, de la fréquentation de ces deux passages aux époques les plus reculées de l’histoire de la Gaule, et du caractère religieux qu’on attribuait aux sommets escarpés qui les dominaient, il convient de mentionner le cromlech, si fièrement planté au-dessus de la route moderne, et qui se composait d’une cinquantaine de pierres brutes d’un demi-mètre cube environ, disposées circulairement à 3 mètres de distance les unes des autres et dessinant une circonférence de 70 mètres de rayon (1). Ce cromlech, le plus élevé peut-être qui existe au monde — son altitude est de 2,500 mètres — fut très certainement, à l’origine des temps, le temple primitif de la divinité protectrice du passage.

On le voit donc : dès les premiers temps historiques de la Gaule et de l’Italie, c'est-à-dire cinq ou six cents ans avant notre ère, des communications régulières existaient entre les deux versants de la chaîne des Alpes. On est même certain que le nombre des passages n’était pas limité aux trois cols du Mont Genèvre, du grand et du petit Saint-Bernard.

Polybe, en effet, cite quatre routes pour sortir de l’Italie et pénétrer en Gaule (2).

(1) Carlo Promis, le Antiehità di Aotta , op. eit.

Borrel, Étude eur let monuments de l'antiquité dans la Tarentaise, 1875.

(2) Ces quatre passages sont :

1* La route de la Corniche sur le rivage de la mer Tyrrhénienne ;

2° Celle du pays des Taurtni par le Mont Genèvre ;

3* Celle du pays des Salassi par le val d'Aoste (grand et peüt Saint-Bernard) ;

4° Celle de la Rhétie.

Voir Polybe, fragment cité par 8trabon, IV, iv, xn.

LES VOIES ANTIQUES

Un siècle après Polybe, Varron, contemporain de César, en comptait cinq (1). Les textes sont sans doute un peu confus et laissent prise à bien des interprétations et des commentaires; mais les itinéraires classiques permettent de les éclaircir et de les compléter; et, grâce à eux, il est aujourd’hui possible de dessiner le réseau des voies romaines à travers les Alpes avec une précision très satisfaisante.

La plus méridionale de ces voies était, nous l’avons déjà dit, la voie Aurélienne, qui longeait d’abord la « rivière de Gêne® », franchissait les Alpes à la Turbie, au-dessus de Monaco (2), et se terminait à Arles, où elle était prolongée, dans la direction des Pyrénées, par la voie Domitienne. C’était la route d’Espagne.

A Arles se détachait aussi la route du Rhône; nous venons d’en donner plus haut les différentes étapes jusqu’à Lyon.

Les autres routes d’Italie en Gaule partaient de Milan, Mediolanum.

La route du Nord traversait d’abord le Tessin, longeait ensuite la vallée de la Sésia, puis celle de la Doria Baltea, passait à Novare, Novaria , à Verceil, Vercella , à Ivrée, Eporedia , et aboutissait à Aoste, Augusta prætoria Salassorum , dans le pays des Salasses ou Salassiens. Aoste était la dernière étape de la plaine. Au devant se dressait le grand mur circulaire des Alpes : sur la droite, les Alpes Pennines; sur la gauche, les Alpes Grées; au milieu, le massif du Mont-Blanc (3).

Strabon décrit avec une très grande netteté les deux passages de la chaîne, l’un au-dessus, l’autre au-dessous du Mont-Blanc.

(1) Sane omnes nltitudtnes montium, lieet a Gallis Alpet vocentur, prope tamen montium Gallicorum sunt ; quas quinque vias Varro dicit transiri poste, una quœ est juxCa mare per Ligures ; altéra, qua Hannibal transiit ; tertia, qua Pompetus ad Hispaniense bellum profeetus est; quarta, qua Ilasdrubal de Gallia in Italiam venit; quint a, quœ quondam a Grœeis possessa est, quœ exinde Alpet Grœeœ appel - Inntur. (Varro, Ad Æneid X, xm.)

(2) In Alpe Maritima . Carte de Peutinger, segm. 2.

(3) D’après l'ancien historien Cœlius Antipater, cité par Tite-Live, il ne serait pas impossible que les anciens eussent aussi connu le passage par le col de la Seigne, situé au Sud du Mont Blanc et qui passe sur les croupes du Mont Cra* mont. Jugum Cremonis (Annibalem) Cœlium per Cremonis jugum dicere transisse. — Cf. Tite-Live, XXI, xxxvm. — Voir à ce sujet E. Desjardins, op. cit.

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« Ceux, dit-il, qui partent d'Italie et veulent franchir les Alpes (au Nord-Ouest) doivent prendre la route qui passe par la vallée des Salassi (c’est le val d’Aoste). Ce chemin bifurque : une des deux routes, âpre et inaccessible aux bêtes de somme, gravit le Penninus; l’autre, plus à l’Occident, gagne le pays des Cen- Irones (1) (Tarentaise, vallée de l’Isère). » Et il ajoute que, pour se rendre à Lyon, la route inférieure, celle du petit Saint- Bernard, Mons GraîuSy par la vallée de l’Isère, était « la plus longue, mais la meilleure et la seule carrossable (2) ».

La route supérieure, celle qui passait au col du grand Saint- Bernard, Summus Penninus , si nettement décrit par Strabon et par Pline l’Ancien (3), conduisait dans la vallée de la Dranse et de là au coude du Rhône, près de Martigny, Oclodurum.

Ce passage du grand Saint-Bernard, connu de toute antiquité par les Gaulois, qui le considéraient, ainsi que nous Savons dit plus haut, comme le sanctuaire redoutable du dieu Penn, fut aussi de très bonne heure fréquenté par les Romains, et est devenu depuis la conquête l’un des grands chemins des Alpes. César, dans ses nombreux va-et-vient d’Italie en Gaule (il a fait ainsi deux voyages au moins par an, de l’année 58 à l’année 51 avant Jésus-Christ (4), passait tour à tour par le grand, par le petit Saint-Bernard ou par le Mont Genèvre, qui lui étaient tous devenues très familiers. Cæcina franchit le grand Saint-Bernard l’an 69 après Jésus-Christ, avec ses légions et les troupes auxiliaires gauloises et germaines, lorsqu’il effectua, à travers les Alpes, sa marche contre Othon pour venir au secours des villes de la Gaule Cisalpine, Novare, Milan, etc., qui s’étaient déjà prononcées en faveur de Vilellius. Constantin fit améliorer le passage en l’année 340. Ce fut le chemin suivi par les Lombards en 547, par l’armée de Charlemagne en 773, par un corps de

(1) Strab., Gèogr IV, vi, vu.

(2) ‘H (asv à(xa$E’j£aÔai Swafiivr, otà p^xovç rcXeiovoç, Sià KevTf>&>vaiv.

(Stràb., Géogr., IV, vi, xi.

(3) Strab., Gèogr., IV, vi, vu et xi.

Foret Penninœ. (I*lin., III. xxi, i.)

(4) Voir M. E. Desjardms (op, cit.), qui regarde toutefois le Mont Genèvre comme le passage des Alpes adopté le plus souvent par César,

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troupes de Frédéric Barberousse en 1166, par Bonaparte en 1800, au début de la guerre d'Italie.

A partir de Martigny, la route suivait le Rhône, traversait la cluse de Saint-Maurice, Tarnalas , arrivait au lac de Genève, lacus Lemannus ou Lausonius , près de Villeneuve, Pennelocus , côtoyait la rive Nord du Léman jusqu’à Vevey, Vibisco; là, elle remontait vers la partie supérieure du canton de Vaud, se rapprochait des lacs de Neuchâtel, de Morat et de Bienne, traversait l’ancienne capitale de l’Helvétie à l’époque impériale, Avenches, Avenlicum , dont on admire encore les ruines nombreuses, l’amphithéâtre et le mur d’enceinte presque continu, se dirigeait sur Soleure, Solodunum , suivait la vallée de l’Aar et aboutissait à Augst, la plus importante ville des Rauraques, Augusla Rauracorum.

C’était, comme on le voit, la grande route de l’Italie vers la Germanie. Elle traversait à la fois les Alpes et le Rhône, et faisait communiquer la Gaule Cisalpine avec la vallée du Rhin. Elle portait officiellement le nom de « route de Milan à Mayence par les Alpes Pennines » et mesurait 419 milles, a Mediolano per Alpes Penninas Mogontiacum m. p. m. CCCCXVIIII.

On ne trouve plus sur les itinéraires classiques aucune mention de routes régulières dans la vallée supérieure du Rhône, au-dessus de Martigny. 11 est cependant probable que le Simplon était connu des anciens, et qu’il a dû être franchi plusieurs fois dans les premiers siècles de notre ère, sinon par des armées régulières, du moins par des groupes isolés d’émigrants ou d’envahisseurs.

A défaut de textes, des inscriptions et des vestiges de voies romaines ont été trouvés le long de la vallée supérieure du Rhône (1), jusqu’à la hauteur de Brieg (2) et dans la gorge de la

(1) Il MM PP . CCAA

EESS . GALLO . T VOLV8IANO P . P . AVGG AVEN LEVG

IoscripUon trouvée à Sion dans l’ancien ossuaire. A une sedunt in curia. (Mommsen, Inscript. Helvetic Zurich, 1854.)

(â) De Haller, Helvetien unt&r der • Romern, L IL carte.

E. Desjardins, t. 1, op. cil.

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Saltine, dont l’accès est assez facile, et qui s’engage sur les pentes boisées du Monte-Leone, le sommet le plus élevé du massif du Simplon; et on peut regarder comme certain que, près de deux mille ans avant que le premier consul Bonaparte ait ordonné la construction de la grande route militaire qui fait aujourd’hui l’admiration des touristes et demeurera l’honneur des ingénieurs français du commencement du siècle, le passage du Simplon a été fréquenté par les peuples montagnards étagés sur les deux versants de la chaîne italo-gallique. Alors comme aujourd’hui, c’était le chemin le plus direct pour passer de la haute vallée du Rhône dans celle du Tessin.

Nous avons décrit plus haut la route de Milan au Rhin par le grand Saint-Bernard, le Valais et la Suisse occidentale.

Une deuxième route partait aussi de Milan et se dirigeait vers le Rhône en passant par le petit Saint-Bernard et la Tarentaise.

Les deux routes avaient un tronc commun de Milan à Aoste.

A partir d’Aoste, la deuxième route contournait, au Sud-Ouest, le massif du Mont-Blanc, escaladait les Alpes Grées et franchissait le col du petit Saint-Bernard, Morts Graius.

On entrait ainsi en Gaule par la vallée de l’Isère, en passant à Saint-Maurice, Darantasia; on se rapprochait du lac d’Annecy, Cautas; on franchissait ensuite les deux faîtes séparatifs de l’Isère et du Fier, du Fier et de l’Arve, et on arrivait à Genève.

La route suivait alors la rive septentrionale du Léman, passait à la colonie équestre de Nyons, Equestribus , à Lausanne, Lausonum; puis remontait vers le Nord, traversait le canton de Vaud, rentrait en Gaule à Pontarlier, Ariorica , descendait dans la vallée du Doubs à Besançon, Vesontio , et finissait par gagner la vallée du Rhin.

L’Itinéraire d’Antonin porte sa longueur à 550 milles et la désigne sous le nom de « route de Milan à Strasbourg par les Alpes Grées », a Mediolano per Alpes Graias Argentorato m. p. m. DL.

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De celte roule du petit Saint-Bernard se détachait un embranchement très important qui se dirigeait vers l’Ouest. Il est désigné dans l’Itinéraire sous la rubrique : Item a Mediolano per Alpes Graias Viennam m. p . m. CCCVIII. 11 commençait à Moutiers, Daranlasia , suivait la vallée de l’Isère, passait à Conflans, ad Publicanos , à Chambéry, Lemincum , à Bourgoin, Bergusia , et venait aboutir dans la partie de la vallée du Rhône la plus vivante et la plus peuplée, à Vienne, l’ancienne capitale des Allobroges, qui était devenue, à l'époque impériale, l’une des principales et des plus florissantes colonies de la Gaule.

Mais la grande voie de communication entre la Gaule Cisalpine et la Gaule Transalpine était celle de la vallée de la Durance.

Milan était toujours le point de départ.

La roule gagnait d’abord en droite ligne Pavie, Ticeno , et la vallée du Pô, qu’elle ne quittait qu’à Turin, Taurino. Elle passait ensuite à Rivoli, ad Oclavum , à Suze, Segusione , à Oulx, ad Marlis; elle escaladait alors le Mont Genèvre, Mons Malrona t et descendait dans la vallée de la Durance par Briançon, Bergantio , Embrun, Eburoduno f et Gap, Vapincum.

Près de Chorges, elle projetait un premier embranchement vers le Nord-Ouest. Cet embranchement, qui n’est pas indiqué sur les itinéraires, mais dont on retrouve seulement le tracé ou plutôt le graphique sur la Table de Peutinger, suivait la vallée du Drac, traversait la Romanche et l’Isère, et passait à Grenoble, dont le nom primitif, Cularo , a une physionomie gauloise très prononcée (1). Ce bourg de Cularo, si heureusement situé au pied des Alpes Dauphinoises, au centre du Grésivaudan, l'une des plus riches et des plus gracieuses vallées de la France, no fut élevé que vers 380, soüs l’empereur Gratien, à la dignité de cité, civitas; il se débarrassa alors de son vieux nom celtique et prit, en l’honneur de son protecteur, celui de Gratia -

(1) Nous avoDs vu plus haut que cette route de Chorges à Grenoble, par la vallée du Drac et de la Romanche, était, à très peu près, celle qu’avait suivie Tannée d’Hannibal.

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nopolis ; jusque-là, il n avait été qu’un simple vicus , dépendant de la colonie de Vienne, à laquelle il avait tout intérêt à être relié.

La route continuait donc, à partir de Genoble, dans la direction de Vienne, suivait jusqu’à Moirans, Morginno , la vallée de l’Isère, et aboutissait enfin à la métropole des Allobroges, bâtie sur les collines boisées du Rhône, à son confluent avec la rivière de la Gère (1).

A Gap, la route se bifurquait encore en deux branches.

La première se dirigeait directement vers le Rhône en suivant la direction de l’Ouest.

Elle passait à Veynes, Davanio , franchissait le col de Cabre, Gaura Mons , qui sépare la vallée de la Durance de celle de la Drôme, traversait la petite ville de Die dans la Drôme, qui était autrefois la capitale des Voconces, Augusta Dea Vocontiorum , et aboutissait à Valence, Valentia , et à Vienne, Vienna. Elle est désignée dans l’Itinéraire d’Antonin sous la rubrique : A Medio lano per Alpes Coliias Viennam , m. p. m. CCCCVIIII.

La deuxième branche courait droit au Sud; elle suivait la vallée pittoresque de la Durance, passait pçr Sisteron, SegusU ronc, Apt, Apta Julia , et Cavaillon, Cabellio , contournait la chaîne des Alpines, traversait SaintrRemy, Glanum, et venait enfin à Arles se souder à la fois à la voie Aurélienne et à la voie Domitienne. C’était la route de Milan & Arles, a Mediolano Are laie per Alpes Cottias , m. p. m. CCCCIX.

Ainsi, sans tenir compte de la route littorale qui venait de Gênes, traversait les Alpes Maritimes en vue de la mer et suivait plus ou moins fidèlement le contour de la côte de Provence jusqu’à Marseille, on pouvait pénétrer en Gaule par quatre directions différentes qui passaient aux quatre cols du Simplon, du grand Saint-Bernard, du petit Saint-Bernard et du Mont Genèvre; et sur ces lignes principales s’embranchaient sept grands

(1) Voir A. Allmer, Inncriptions de Vienne en Dauphiné , t. I. — Cf. Carte de Peutinger, segm. 2.

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chemins qui permettaient tous d’arriver facilement dans la vallée du Rhône.

Le premier, par le Simplon, descendait à Brieg;

Le deuxième, par le grand Saint-Bernard, arrivait à Marti-

Le troisième, par le petit Saint-Bernard, conduisait à Genève;

Le quatrième, également par le petit Saint-Bernard, menait à Vienne;

Le cinquième, par le Mont Genèvre et les vallées du Drac et de l’Isère, conduisait aussi à Vienne;

Le sixième, par la vallée de la Drôme, aboutissait à Valence;

Le septième, enfin, descendait toute la vallée de la Durance, presque jusqu’au confluent avec le Rhône, et se terminait à Arles.

11 faut enfin ajouter la route de la Corniche, via Aurélia.

Cela faisait huit grandes routes partant de la vallée du Rhône pour se rendre en Italie.

Mais ce n’était pas tout. Il existait, sur la rive méridionale du Léman, tout comme sur la rive septentrionale, une route littorale dont on a pu relever les vestiges sur un très grand nombre de points, notamment à Hermance, à Meysseri, etc., où l'on a retrouvé des bornes milliaires, au nom de Constance-Chlore, de Septime Sévère, de Caracalla (1). On peut donc en conclure

<i) JMP . CAES . PLAVIO

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