CHAPITRE SIXIÈME
bonne fortune do conserver et do pouvoir restaurer avec un soin extrême un petit temple qui remonte à la belle époque de la ville, et qui, par l’harmonie de ses proportions, est égal et peutêtre supérieur à la plupart des monuments de cette nature que les Romains ont laissés en si grand nombre sur le sol de leur immense empire; on ne saurait même en excepter l’élégante Maison Carrée de Nîmes. On l’appelle aussi la « Maison Carrée ». Ce petite sacellum gréco-romain occupait l’extrémité orientale du forum viennois; et il est à peu près certain que le monument était un de ces nombreux temples élevés spontanément ou par ordre, dans la plupart des provinces, en l’honneur du Génie par excellence, du Lare suprême du monde romain, du seul dieu véritablement reconnu et invoqué, — l'empereur.
Le monument, dégagé et isolé de toutes parts, est un rectangle orienté régulièrement de l’Est à l’Ouest, de 27 mètres de long sur 15 mètres de large et 17 mètres de hauteur jusqu’au faîte, porté sur un stylobate de près de 3 mètres, précédé d’un perron. Six colonnes corinthiennes cannelées ornent la façade. l>e chaque côté, cinq colonnes de même ordre isolent la cella . Le fond se termine par un mur plein orné de pilastres de la largeur d’un entre-colonnement. Par derrière est un grand mur lisse qui n’a d’autre décoration que les lignes fortement accusées des assises.
Une inscription en grandes lettres de bronze doré, d’un pied de hauteur, existait sur la frise de la façade. Ces lettres ont disparu depuis longtemps; mais elles ont laissé quelques empreintes, et l’on voit encore des trous dans lesquels s’engageaient les tenons qui les fixaient à la pierre. Ces trous forment des groupes bizarres au premier aspect, mais dans lesquels on finit par distinguer assez nettement la forme de la lettre scellée; et la lecture do l’épigraphe a pu être faite avec une probabilité qui approche de la certitude.
L’inscription occupe deux lignes :