‹ Du salaire (volume 2)Chapitre 30 sur 132 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

liser, si les ouvriers, sentant toute l'importance de l'instruction, voulaient en faire la dépense, qui serait minime là où ils seraient nombreux, et à laquelle les maîtres ne refuseraient sans doute pas de contribuer, puisqu'il est de leur intérêt d'avoir des ouvriers instruits.

En Angleterre et aux États-Unis d'Amérique, où les salaires sont généralement élevés, les ouvriers d'une même ville et quelquefois d'une même profession, se cotisent pour former, à frais communs, une petite bibliothèque d'ouvrages usuels, qui sont mis à la disposition de tous les associés. Des fonds sont formés de la même manière, pour louer, chauffer et éclairer une salle dans laquelle un professeur donne, pendant les longues soirées de l'hiver, une ou plusieurs leçons sur un sujet qui intéresse les ouvriers; d'autres professeurs, dont plusieurs vont ainsi porter leur science de ville en ville, les mettent à la disposition du même auditoire, et comme celui-ci est fort nombreux, une très minime cotisation prélevée sur chacun de ses membres, suffit pour rétribuer le corps enseignant d'une manière assez lucrative pour que des hommes d'un talent distingué ne dédaignent pas cette utile profession. Quelques savants donnent aussi de ces leçons publiques à l'usage des ouvriers , gratuitement et par pure philanthropie. Cet enseignement, joint à d'excellents traités élémentaires sur diverses connaissances, publiés à très bas prix, mettent l'instruction à la portée du grand nombre, à l'avantage des ouvriers et des maîtres, et aussi des progrès de l'industrie. Il est vive-

ment à désirer que quelques tentatives de ce genre, faites dans notre pays, soient couronnées de succès, cela devient même indispensable, si nous voulons maintenir notre industrie sur un pied d'égalité avec celle des nations qui nous entourent. Déjà, l'on peut signaler, comme symptômes avant-coureurs de ce progrès, des conférences données par plusieurs orateurs à la classe ouvrière, et écoutées avec intérêt par celle-ci, et le goût de la lecture d'ouvrages instructifs, qui se répand parmi elle. *

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