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DU TRAVAIL DES FEMMES ET DE SA RÉMUNÉRATION

* En général la rémunération du travail des femmes, à mérite égal, est moins élevée que celle du travail des hommes, ce qui ne peut provenir que d'un excès de l'offre sur la demande qui se fait des divers genres de travaux pouvant être exécutés par des femmes.

Cette pénurie de la demande provient principalement de deux causes : la première, c'est que les hommes se sont attribué le monopole exclusif ou presque exclusif de certaines professions, dont les unes seraient plus convenablement exercées par des femmes, et dont les autres peuvent être du domaine des deux sexes. Ainsi, parmi les travaux manuels, il en est beaucoup qui exigent plus d'adresse, de délicatesse et de dextérité que de force et auxquels les femmes sont par conséquent, plus propres que les hommes; il en est de même des travaux de l'intelligence qui nécessitent de la finesse de tact et

une promptitude de jugement, en quelque sorte intuitive. Cependant, il s'en faut de beaucoup que dans la société actuelle, les travaux soient distribués entre les deux sexes selon cette règle.

Ainsi, par exemple, on voit à Paris et dans plusieurs autres grandes villes, les fonctions de commis, dans les magasins d'étoffes et de nouveautés, être remplies par des jeunes gens, à qui conviendraient certainement mieux des fonctions plus viriles, tandis que dans nos mines, nos campagnes et nos manufactures, nous voyons des femmes chargées d'un labeur si rude ou du transport de fardeaux si lourds, que peu d'hommes consentiraient à remplir la même tâche. Citons, par exemple, les botteresses du pays de Liège, les haleuses de bateaux du canal de Pommerœul à Antoing, etc.

La deuxième cause qui tend à limiter la demande du travail des femmes, c'est le peu d'instruction, et surtout d'instruction solide, qu'elles reçoivent généralement, et qui resserre, dans des limites fort étroites, le nombre des professions qui leur sont accessibles , tant parmi celles qui exigent des efforts purement intellectuels , que parmi celles qui demandent un faible travail matériel dirigé par une intelligence plus ou moins exercée. C'est ainsi que le vaste domaine des sciences, des lettres et des arts et de leurs nombreuses applications est à peu près inaccessible aux femmes, et que le petit nombre d'entre elles qui pourrait l'exploiter avec fruit, en est souvent retenu par la crainte de se singulariser, ou même de se ridiculiser.

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