‹ Du sang, de la volupté et de la mort (volume 2)Chapitre 28 sur 52 · IT.S >1I-.>.M · texte numérisé non relu

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lure el de nature, mis au point par tant (le siècles, constitue un divertissement artistique tel que, pour ma j)art, jamais je ne me lassai d'en sentir l'imprévu. Les jardins les mieux étudiés, le Boboli avec ses trouées sur la campagne de Florence ou ceux des lacs Majeur et de Côme, à l'instant où leurs collines d'azalées défleurissent sous les magnolias commençant, ne passent pas en beauté ces places où les femmes de Sienne, en tirant l'eau du puits sous des arbres centenaires, embrassent un horizon illustre.

Tel est le prestige de Sienne grave et voluptueuse dans ses aspects les plus modestes comme dans ces promenoirs illustres (jue lui sont sa cathédrale qui la domine, et sa place, (|ui lui l'ait un centi'e.

C'est le caractère de la Toscane entière. On ne saurait être jeune avec plus de gentillesse (|ue ces territoires florentins ; nulle part la jeunesse n'a été davantage une jolie chose à mettre ilans son lit, cl si vives que soient dans

cet air léger et brûlant les sonsaliuiis, jamais (îllos n'y sonl entachées de bassesse. Mais à Sienne plus qu'en aucun heu de Toscane, ces deux caractères, gravité et volupté, s'affirment avec intensité et par là contrastent fortement. Peu de nuances, des couleurs fortes et (juclque chose du sensualisme âpre dont l'Espagne est exaspérée.

Dans cette étroite -^nceinte, lanl de durs palais-forteresses, del Magnilico, Salimbeni, l'iccolomini, Tolomei, avec leurs tours et leurs créneaux, nous remémorent des légendes tragiques jus(pi'à la férocité, et puis, îi leurs [)ieds, voici la petite maison trempée de dévotion de sainte Catherine, un des reli(|uaires (|ui ont mis dans le monde chrétien le plus d'attendrissement — Et quand nous visitons le Musée, même antithèse entre l'énergie sévère des primitifs Siennois et la foi'ce passionnée du Sodoma assisté des Beccafumi, des Pacchia.

Le Sodoma! c'esl la V(ilii|)lt'' <hi \iiici; mais

iiiU SIENNE.

le (rouble qui nous inquiétait déjà dans le sourire lombard, ici a gagné tout le corps. Ah ! ce n'est point le mystère cérébral seul qui fait notre curiosité à l'oratoire de San Bernardino, à l'église de San Domenico, devant ces tableaux multipliés par le Sodoma avec une telle fécondité que l'esprit de Sienne en est tout modilié et (|ue d'bisloire et d'aspect si rudes elle nous emplit pourtant de mollesse.

A Florence, déjà, nous avions soupçonné son secret devant le Saint Sébastien desOftîces. Ce qui fait l'émoi de ce merveilleux jeune homme, ce n'est point la flèche qui traverse son cou, ni celle qui met sur sa cuisse deux minces iilets de sang. Nulle femme ne s'y trompera. Involontairement, elle s'avance pour recevoir ce lieau corps dans ses bras. Lui-même, avec cet air de vierge et sous cette impression pour lui inconnue, croit mourir, veut (les bras qui le serrent. I/extase, l'angoisse de ses yeux, de sa bouche entr'ouverte, avouent ce que nous dit d'autre [)art la sombre et

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