‹ Du sang, de la volupté et de la mort (volume 3)Chapitre 29 sur 59 · EXTRÊME D'EUROPE · texte numérisé non relu

EXTRÊME D'EUROPE

; à des soucis qui sont foii un, homme, d'État et d'un itllail manier des êtnts, les tir deB;abris, assurer leur lysticjue, cette exaltée, fit rganisation qu'on retrouve .traTailleurs, les Colbert, nmis de Napoléon.' Pour voyance et bon sens opi- Itations id'un .visionnaire.

loin.rEscuriat&eraeoeore eule sensation forte que &j.ui qiii dispose de .tout, >îit. Xelle fut la jouissance la dans cette , formidable il dansce désert,de pierre, ébranlement, nerveux que ■e un homme blasé 'Sur ices du triomphe. L'image r. le poète qui posséda juse l'antithèse, le corbillard iduisit au Panthéon sous peuple Victor Hugo, ne

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vaut pas ce que, d'instinct et sous l'impulsion de ses nerfs, réalisa Philippe II : le plus grand des rois murant sa vie dans un sépulcre.

Poursuivons notre voyage et nous verrons que du nord au midi, l'antithèse qui résume l'Espagne, c'est la lutte du Maure et du Castillan. Cet interminable et héroïque débat a façonné les arts, les mœurs et le caractère de la race. De province à province, en outre, vous trouvez les plus violentes oppositions, et dans chaque être même.

Je n'insiste pas sur les biographies particulières : Séville nous donnerait Don Juan, qui fit une volte saisissante, Cordoue nous rappellerait Sénèque, volupteux qui écrivit des petits traités ascétiques et se plut, au milieu des richesses, à les mépriser. Ces êtres doubles, pour nous énigmatiques, sont les produits naturels de ce sol. Mais le témoignage le plus significatif de l'Espagne, de ce pays où la terrible tubéreuse, l'empoisonneuse, s'appelle Vamiga de nochel nous le trouvons dans ses églises.

A LA POINTE EXTRÊME D'EUROPE

Le prêtre y prêche une éthique ascétiqu ne sais quelle perfection qui ravit le fidèl de cette terre, le dépose aux pieds de la Vit Cependant, voyez sur les murs ces imaginai horribles, ces tableaui sanglants, ces p dont nos regards terriûés ne peuvent ph détacher. L'Espagnol qui commanda ces to qui les rassembla dans cette église, se pri dait-il mettre en contradiction avec l'ensei ment de l'autel? Non pas. Pacheco écrit autorité : « L'art du peintre doit se cens:

au service de l'Église, et, bien souveni grand art a produit, pour la conversion âmes, des effets plus grands que les paroh prêtre. » Pour ce peuple, nulle contradi entre ce mysticisme exalté et cette férocité fidèles éprouvent l'un et l'autre senlin Après s'être livré à la réglementation prêtre, s'être haussé vers les modèles di l'homme soudain redevient homme; il a i de Toir du sang, de mordre, de déchirerl

C'est dans l'ombre des églises espagnoles j'ai 'distingué le véritable sens de la ph

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nomie humaine : peur et curiosité devant les mystères, mêlées au désir carnassier de détruire et de s'ébattre, et cela se vérifie dans les civilisations scientifiques comme dans les religieuses. Pour -qualifier la manière des écrivains d'Espagne, nous disons « ironie, caricature »; pour ses ascètes, « hypocrisie et contradiction »; pour sa maison ix)yale, c< lycahthropie ». Et nous ne nous apercevons pas que ce sont ' sitnplement de vigoureuses natures qui ont su pousser en intensité tous les points sensibles de leur être.

Comme acculées à la pointe de notre continent, dans la péninsule, grouillent, fermentent et se mélangent des sensation^ qui, peu a peu, ont été chassées des autres pays;

A Textrémité sud-ouest du royaume de Portugal, dans les déserts pierreux que termine le cap Saint-Vincent, sans qu'un sentier nous guidât; nous avions chevauché parmi les ronces, les arbousiers et les stevas. C'est la pointe exti'ême de l'Europe, en face du grand larg d'Amérique. Sur la terrasse du sémaphore d

RËMË D'EUROPE. 171 cap Sagrès, nous songions, ayant drainé à travers l'Europe toutes les façons de sentir, et les voyant avec les yeux de l'imagination qui. se jouaient autour de nous dans cette grandiose solitude.

Nul moyen d'augmenter ce troupeau, de le mener plus loin. Rien en face de nouS' qoe l'Océan illimité. Nous entendions des cris<au lai^e. C'était, dans le brouillard du sojr, le signal des bateaux qui doublent le cap et partent tà-bas. niais là-bas n'a plus de. terres incon' nues, rien que des répétitions-denotre Europe.

On a dit que celui-là seul connaîtrait la saveur vraie de la vie humaine qui auraitpassé quelques semaines dans .une. île déserte. Cela nous est interdit. 11 n'y a plus de solitude, de vie que nous puissions nous composer nousmêmes. Toutes les biographies sont prévues, classées, étiquetées. Pour donner quelque saveur à des sentiments trop banalisés, nous n'avons plus qu'un expédient, c'est de les

êler : comme l'Espagne, nous composer une le intense et contrastée.

A LA POINTE EXTRÊME

j'âpre plaisir de vivre un upté si profonde d'associé nme la sirène doit être b( I si douce [ Hais rien qui nent : c'est la pire débauc tirent leur âme en mou nts profonds.

jCS tentes posées par des ', dans un pays nouveau, ; des antiques maisons h die joie pour ces er;-ants es autochtones et de dire a matin, tandis que, pour I ire secrètement y mêle les Ile chez des étrangers!

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